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    Le d.g. de la CSDM poussé vers la sortie

    30 mai 2015 |Philippe Orfali | Éducation
    La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, n’avait pas voulu dire la semaine dernière si le DG détenait toujours sa confiance.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, n’avait pas voulu dire la semaine dernière si le DG détenait toujours sa confiance.

    Le directeur général de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) aura scellé son destin en recommandant aux élus d’approuver l’octroi d’un contrat majeur de près d’un million de dollars sans appel d’offres, a appris Le Devoir.

     

    Comme le révélait le quotidien vendredi sur ses plateformes Web et mobile, les jours de Gilles Petitclerc à la tête de la CSDM sont comptés. Le lien de confiance a été définitivement rompu au cours des derniers jours entre les commissaires scolaires de la CSDM et son principal administrateur, durement critiqué dans le rapport commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) sur la situation financière de l’organisme.

     

    La goutte qui aura fait déborder le vase : une recommandation de Gilles Peticlerc d’approuver la concession, sans aucun appel d’offres, d’un contrat de 825 000 $ minimum, auxquels auraient pu s’ajouter des honoraires supplémentaires. Ce contrat visait à doter la CSDM d’un « accompagnateur externe », comme recommandé dans le rapport de RCGT.

     

    Or, c’est à RCGT que l’administration de la CSDM envisageait d’offrir le contrat, a-t-on appris. Une proposition jugée « complètement inacceptable », voire « indécente » par certains membres du comité exécutif de la CSDM. Ceux-ci ont été « stupéfaits de voir cette proposition ».

     

    La résolution finalement adoptée à l’unanimité rejette sans équivoque l’avis de la direction générale, et lui demande de procéder à un appel d’offres ouvert à tous afin de « soutenir efficacement la CSDM dans sa transformation ».

     

    Cet incident n’est que le dernier d’une longue liste ayant poussé la présidente et les deux vice-présidents de la CSDM à signifier à Gilles Petitclerc, en privé, qu’il « n’a plus la confiance du comité exécutif ». Au cours de cette discussion houleuse, on a expliqué au directeur général qu’il lui fallait partir sous peu.

     

    Voilà plusieurs semaines déjà que la tête de M. Petitclerc était réclamée, non seulement par les élus, mais au sein même de l’administration scolaire. « Le caucus des commissaires a signifié qu’il fallait faire quelque chose de M. Petitclerc, a indiqué une personne ayant participé aux discussions. Il n’a plus notre confiance. Il n’a plus la confiance des directions d’écoles non plus. » Le ministre de l’Éducation François Blais en a remis, mardi, en évoquant des problèmes « de leadership et de gestion » au sein de la CSDM. « Ils ont des décisions importantes à prendre », a-t-il dit, brandissant à nouveau la menace d’une tutelle.

     

    Un autre « écart » aura été la décision d’interdire formellement l’envoi aux parents, par l’entremise du sac d’école des enfants, d’une lettre du collectif « Je protège mon école publique ». La lettre invitait les parents à se présenter à l’école à 7 h 30 le 1er juin afin d’encercler l’édifice, en guise de protestation face aux compressions. Évoquant une politique interne, il a refusé que les parents soient ainsi informés des moyens de pression, alors qu’il y a quelques mois à peine, la commission scolaire elle-même envoyait ce genre de communication.

     

    La présdiente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, s’est, à l’opposé, dite « d’accord pour que les parents puissent s’exprimer et se mobiliser pour protéger l’école publique », mercredi.

     

    L’évaluation de la firme Raymond Chabot Grant Thornton rendue en mars concluait à la nécessité, dans les 120 jours, de « revoir le profil et la composition de l’équipe de direction générale ». De toute évidence, les élus de la CSDM ont fini par acquiescer à cette recommandation.

     

    « En réflexion »

     

    Gilles Petitclerc aurait demandé qu’on lui laisse quelquesjours pour réfléchir à son avenir au sein de l’administration scolaire. Administrateur de carrière, Gilles Petitclerc oeuvre depuis de longues années à la CSDM. Il a gravi progressivement les échelons, avant d’accéder à la direction générale en 2008. Il n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue du Devoir.

     

    La présidente, Catherine Harel Bourdon, a refusé de nous accorder une entrevue à ce sujet. Au cours d’un entretien la semaine dernière, elle n’avait pas voulu dire si M. Petitclerc avait toujours sa confiance. « Je n’ai pas à dire si oui ou non ce n’est pas la bonne personne pour faire le travail », avait-elle fini par lâcher.

     

    « On a un énorme travail de transformation à faire, sur l’ensemble de nos façons de faire. […] Il reste beaucoup de travail à faire. C’est important d’arriver à un nouveau souffle », a-t-elle indiqué.

     

    La CSDM doit procéder à une transformation organisationnelle « en profondeur », sur cinq ans, « pour optimiser son fonctionnement et assurer sa stabilité financière », concluait le rapport commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton.

     

    Dans une note de service envoyée à tous les employés en fin d’après-midi, la CSDM n’a pas démenti les informations du Devoir. «La Direction générale est en poste», se contente-t-on de dire.













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