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    CSDM

    Le temps de bouger

    De toute évidence, la Commission scolaire de Montréal est prise entre, d’une part, les attentes budgétaires du ministre de l’Éducation et, de l’autre côté, celles, bien différentes, des enseignants et des parents. Mais on mesure moins qu’elle est aussi prise entre tradition et avenir.​
     

    En éducation, il est clair que l’obsession de l’équilibre budgétaire du gouvernement Couillard a des effets pernicieux que celui-ci refuse de voir. Dans tout le Québec, des commissions scolaires devront augmenter la taille des classes, ou en fermer, ou bien couper des orthopédagogues, dans les services de garde, dans l’aide aux devoirs… Le ministre de l’Éducation, François Blais, se dit en désaccord avec certains de ces gestes, mais comment faire autrement ?

     

    Et dans tout ce remue-ménage, il y a l’énorme, la revendicatrice, la hors-norme Commission scolaire de Montréal (CSDM). Énorme parce que, au nombre des 10 plus grands employeurs de Montréal, elle est deux fois plus grosse que la deuxième commission scolaire du Québec ! Revendicatrice parce qu’elle a une longue histoire de professeurs, d’employés et de commissaires qui voient dans l’éducation un projet de société plutôt qu’un cahier de charges à suivre sans discuter. Hors-norme parce qu’on y trouve une proportion importante, et croissante, de jeunes venus d’ailleurs, ou vivant dans des conditions socio-économiques difficiles, ou handicapés…

     

    Bref, la CSDM est une espèce de monstre où les décisions ont un si fort impact qu’elle est constamment sous surveillance. Que sa présidente, Catherine Harel Bourdon, résiste, comme elle l’a fait depuis l’été dernier, aux commandes financières du ministre de l’Éducation, elle aura droit au courroux de Québec. Qu’elle s’incline en faisant des choix qu’elle croit les moins dommageables, elle a droit à une bruyante manifestation d’enseignants, choqués qu’elle ne résiste pas davantage au vent d’austérité, comme on l’a vu lors de la séance extraordinaire des commissaires de la CSDM mardi soir.

     

    À quoi le ministre Blais en rajoute en soulignant que selon un rapport de la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), commandé par son ministère, la CSDM est mal administrée. Sur la place publique, cela alimente une vive critique de la direction et du personnel qu’on pourrait résumer par : « sont nuls ! »

     

    Or, ce n’est pas exactement ce que dit le rapport de RCGT. En fait, l’intérêt de ses constats c’est qu’ils tiendraient même si la commission scolaire ne faisait pas de déficit, même si elle n’avait pas le ministre sur le dos. La CSDM n’est pas sous la coupe d’incompétents, son problème c’est qu’elle est gérée à l’ancienne et qu’elle a du mal à se détacher de son passé.

     

    Historiquement, elle « s’est développée école par école, territoire par territoire, secteur par secteur et direction par direction », note le rapport. Résultat : cela donne « plusieurs organisations dans l’organisation ». On fonctionne en silo, les transformations (car il y en a) se font en catimini, et les rôles de chacun sont mal répartis. Ça se corrige, mais il faut s’appuyer sur des outils de gestion modernes et une véritable communication qui entraînerait, ajoute-t-on, « une adhésion de l’ensemble des acteurs ».

     

    Bon, ne rêvons pas : trop d’enjeux sont présentement sur la table pour croire aux consensus, mais clairement l’administration actuelle pourrait mieux faire. La présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement, Hélène Bourdages, ne disait pas autrement quand elle a déclaré mardi que « la direction de la CSDM ne travaille pas avec nous ». Une remarque qui dépasse le gras à trouver, à couper, mais qui rejoint la nécessité de changer les mentalités. Un virage qui permettrait justement de mieux faire face aux diktats des ministres…













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