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    Des coupes de 41 millions sur deux ans à la CSDM

    27 mai 2015 |Philippe Orfali | Éducation
    La séance extraordinaire de la CSDM a été interrompue par des dizaines d’enseignants en colère.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La séance extraordinaire de la CSDM a été interrompue par des dizaines d’enseignants en colère.

    Au bord du précipice, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pose un premier geste pour apaiser la colère de Québec. Les élus ont adopté mardi soir un plan de retour à l’équilibre budgétaire prévoyant des compressions de 41 millions de dollars sur deux ans. Le transport par autobus et le soutien aux élèves figureront parmi les services qui écopent, a confirmé la présidente Catherine Harel Bourdon, résignée.

     

    La réunion extraordinaire du conseil des commissaires, qui s’annonçait déjà mouvementée, a été perturbée pendant près d’une heure par des dizaines d’enseignants qui ont fait irruption dans la salle du conseil pour tenter de bloquer par tous les moyens l’adoption du plan de redressement. Brandissant crécelles et sifflets, ils ont scandé sans relâche.

     

    Leurs efforts auront été vains : les commissaires ont adopté ce plan, qui, selon Mme Harel Bourdon, est fortement inspiré des recommandations effectuées par la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), dans son rapport dévastateur portant sur la CSDM, paru le mois dernier.

     

    « On comprend qu’il y a de l’optimisation, des travaux à faire […] et on suit plusieurs des recommandations de RCGT. On suit plusieurs pistes et pages du rapport de RCGT et on fait ce qu’on avait dit qu’on ferait. Ça ne se fait pas en quelques semaines, on s’engage à le faire sur deux ans », a insisté la présidente.

     

    En 2015-2016, les compressions s’élèveront à 23,1 millions, et se poursuivront avec une seconde réduction de 18 millions, l’année suivante. L’équilibre budgétaire devrait en principe être atteint cette année-là, a confirmé Mme Harel Bourdon.

     

    La CSDM « optimisera » l’organisation des écoles, notamment en augmentant le ratio élèves-enseignant et en abolissant 17 postes de directions adjointes d’établissement, des mesures totalisant 4,2 millions. Les budgets de fonctionnement des écoles seront eux aussi revus afin d’aller y piger près de 3 millions d’ici 2017, tandis que 2,2 millions seront retranchés des coûts liés à la suppléance.

     

    « On a essayé de réduire [l’impact] le plus possible pour que [les compressions] se fassent le moins possible dans l’organisation scolaire », a martelé Mme Harel Bourdon, parlant d’un « exercice périlleux ».

     

    Transport scolaire compromis

     

    Près de 700 élèves perdent du même coup le droit de monter à bord des autobus jaunes de la CSDM. Ceux qui souhaitent prendre part aux programmes de formation offerts dans les écoles à vocation particulières — dites de libre-choix, soit l’école d’art FACE, l’école primaire alternative Atelier et l’école Fernand-Seguin, destinée aux enfants doués et à ceux intéressés par les sciences — devront se déplacer autrement. Il en va de même pour les élèves de l’école privée Vanguard, située sur le chemin de la Côte-de-Liesse, dans l’ancien orphelinat des Soeurs grises, qui accueille des enfants aux prises avec des problèmes d’apprentissage graves, et qui jouissaient gratuitement d’un transport assuré par la CSDM.

     

    La tutelle toujours envisagée

     

    Le conseil des commissaires a adopté cette mesure alors que le ministre de l’Éducation, François Blais, a réitéré mardi que la mise sous tutelle de la CSDM demeure une possibilité bien réelle. M. Blais a laissé entendre qu’il était loin d’être rassuré par les actions entreprises par la commission scolaire depuis le dépôt du rapport d’examen de RCGT.

     

    La CSDM se trouve toujours affligée par d’importants problèmes de direction, selon lui. « Il y a un enjeu de leadership. Il y a un enjeu de gestion. Ils ont des décisions importantes à prendre. » En réponse à cette déclaration, Mme Harel Bourdon a rappelé la nomination récente d’une nouvelle directrice générale adjointe. Elle a ajouté « ne pas savoir pourquoi [M. Blais] se montre insatisfait » par rapport aux efforts menés.

     

    Le ministre Blais a refusé de commenter la situation suivant l’adoption du plan par la CSDM.

     

    Le rapport de RCGT s’était montré très critique à l’égard de la haute gestion de l’organisation et à ses méthodes de travail. Il démontre que la CSDM doit procéder à une transformation « en profondeur », sur cinq ans, « pour optimiser son fonctionnement et assurer sa stabilité financière ». Le rapport relevait maints problèmes de gouvernance, tels qu’une implication « contraire aux bonnes pratiques » des commissaires dans la gestion des affaires courantes de l’organisme. Le document proposait des changements pour la haute gestion dans un délai de 120 jours.













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