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    Le ministre Blais dit non à l'encadrement du droit de grève

    9 avril 2015 20h57 | Le Devoir - Avec Philippe Orfali, Marie-Andrée Chouinard et La Presse canadienne | Éducation
    Le collectif demande aussi à l’UQAM de ne pas demander le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le collectif demande aussi à l’UQAM de ne pas demander le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours.
    Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, François Blais, n'entend pas encadrer le droit de grève des étudiants en dépit de la crise qui secoue l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Le ministre a accordé, jeudi, au recteur Robert Proulx son appui indéfectible dans ses efforts pour faire respecter l'injonction assurant la tenue des cours.

    «Monsieur le recteur, nous vous appuyons et nous sommes persuadés que votre université se relèvera de l'affront», a-t-il dit en conférence de presse à Québec. La direction a pris les gestes qui s'imposaient, a ajouté le ministre. Nous désapprouvons le recours au saccage.»​

    Mais à la suggestion du recteur d'encadrer le droit de grève étudiant pour éviter pareils débordements à l'avenir, le ministre répond par la négative et il assure que cet enjeu n'a même pas été abordé lors d'un entretien avec le haut dirigeant de l'UQAM en matinée. « L'enjeu, ce n'est même pas le droit de grève, c'est la question de personnes qui entrent cagoulées et qui terrorisent une institution, qui terrorisent les personnes qui sont dans cette institution », a-t-il dit.

    « Éventuellement il faudrait qu'il y ait une discussion là-dessus [le droit de grève] », s'est-il ensuite aventuré à dire, pour ensuite faire rapidement marche arrière et se borner à répéter que le gouvernement ne reconnaissait pas le droit de certaines personnes d'en empêcher d'autres d'étudier.

    « Je ne nie pas qu'il y ait un débat là-dessus, mais en ce moment, je ne veux vraiment pas ouvrir ce débat-là, a-t-il répété. Ce n'est absolument pas le moment de tenir ce débat. [...] On n'est pas du tout dans l'enjeu du droit de grève ou non. »

    Pressé de questions à savoir si son gouvernement pourrait légiférer, il a répété qu'il n'allait pas répondre et que cela n'allait rien solutionner d'avancer sur ce terrain. « Le droit à l'éducation, c'est un don que la population fait aux étudiants, en finançant l'éducation. Que certaines personnes refusent ce don, je n'ai aucune difficulté avec ça, mais que ces personnes veulent en empêcher d'autres de recevoir ce don, vous comprenez qu'il y un problème fondamental et nous n'irons pas sur cette loi-là », a-t-il dit.

    Du reste, le ministre estime que les individus cagoulés qui ont créé le chaos à l'UQAM ont commis un « affront à la démocratie et à l'État de droit » et « ne méritent pas » d'être considérés comme des étudiants.

    De son côté, l’opposition péquiste a dénoncé les gestes de violence. « La violence est toujours inacceptable. Les gestes répréhensibles des commandos de manifestants masqués et cagoulés, dirigés contre des personnes et des biens, doivent être dénoncés, car ils discréditent les mouvements de mobilisation citoyenne. Pour nous, c’est tolérance zéro », a affirmé le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard.

    « Le droit de manifester est important en démocratie, tout comme le droit d’exprimer librement ses opinions. Les étudiants peuvent légitimement s’opposer à l’austérité libérale. Or, cela doit se faire dans le respect des lois et sans violence », a ajouté M. Bédard.

    Le chef péquiste croit que le droit de grève des étudiants peut être reconnu, mais que, pour ce faire, il doit être encadré.

    Au nom de Québec solidaire, la députée Manon Massé a prôné la création d’un comité formé de professeurs, d’étudiants et de la direction de l’UQAM pour sortir de la crise actuelle.

    Demande de démission


    Un collectif de professeurs et d’étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) réclame la démission du recteur Robert Proulx, furieux de la «dérive sécuritaire» prise par l’établissement depuis 24 heures.

    En conférence de presse jeudi matin, des représentants des professeurs, des chargés de cours, d’étudiants membres de l’ASSÉ et du groupe Printemps 2015 ont réclamé en choeur le départ du recteur, en réaction aux événements de la soirée et de la nuit dernières, où des manifestations au pavillon J.-A. DeSève ont tourné en affrontements avec les forces policières. 

    Ils demandent aussi à l’UQAM de ne pas demander le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours. Cette injonction n’a pas permis de rétablir le calme. 

    La communauté universitaire dénonce le recours à la police et soutient que c’est la décision de la direction de faire appel au SPVM au sein des édifices de l’UQAM qui a mis le feu aux poudres.

    La «montée insoutenable de la violence envers les étudiants et étudiantes» est dénoncée par le collectif, qui demande la fin des interventions policières à l’UQAM. Ils dénoncent aussi qu’en période de compression budgétaire, la direction de l’établissement aurait consacré un budget supplémentaire de 500 000$ pour embaucher des agents d’une firme de sécurité privée.

    Le recteur Robert Proulx, qui a expliqué au Devoir mercredi soir ne plus pouvoir tolérer les événements de violence au sein de son campus, a pour sa part demandé le soutien du gouvernement pour encadrer le droit de grève des étudiants. Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, François Blais, doit d’ailleurs prendre la parole à 14h, à Québec, afin de réitérer son appui au recteur Proulx. Il s'est par ailleurs entretenu avec lui jeudi matin.

    «Nous ne reconnaissons pas notre institution, sa tolérance et sa vie académique», a dit Marie-Pierre Boucher, du Syndicat des chargés de cours de l’UQAM. «Je m’inquiète de l’attitude de pompier-pyromane de notre recteur», a-t-elle ajouté, disant s’interroger sur la commande politique potentiellement reçue par le recteur.

    Alors même que se déroulait la conférence de presse, une marche silencieuse avait lieu dans les murs de l’UQAM, aux pavillon Judith-Jasmin, Hubert-Aquin et celui des sciences de la gestion. Le but des manifestants: «reprendre» l'université après les incidents d'hier.

    Une contre-manifestation, «en appui à la direction de l’UQAM, aux policiers et aux agents de sécurité», apparemment organisée par des étudiants en gestion, doit avoir lieu en début de soirée. Les participants sont invités à porter du blanc et à arriver munis d’une bougie. 

    Pavillon fermé jeudi

    En matinée, les manifestants se sont aussi rendus devant le pavillon J.-A. DeSève, mais n’ont pu y entrer puisque celui-ci est fermé pour la journée afin de faire l’évaluation des dommages causés dans la nuit de mercredi à jeudi par certains des manifestants qui s’y trouvaient. La fermeture d’un jour doit permettre de faire l’évaluation des dégâts et de réparer les dommages causés. 

    Cela pourrait toutefois prendre plusieurs jours vu l’étendue de la casse : des dizaines de caméras de sécurité ont été arrachées, les fils électriques pendant toujours du plafond lors du passage du Devoir. Les graffitis se comptent par dizaine sur les murs. Et de nombreuses portes et fenêtres ont été brisées ou endommagées par des manifestants masqués. 

    Les cours qui devaient être dispensés ce jeudi au pavillon J.-A.-DeSève sont annulés. Les services habituellement offerts à ce pavillon, tels ceux du bureaux de l’aide financière, seront également fermés.   

    Le collectif demande aussi à l’UQAM de ne pas demander le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours. Alors même que se déroulait la conférence de presse, une marche silencieuse avait lieu dans les murs de l’UQAM. La «montée insoutenable de la violence envers les étudiants et étudiantes» est dénoncée par le collectif, qui demande la fin des interventions policières à l’UQAM. Des manifestants ont marché dans le tunnel entre l'école de gestion et le pavillon DeSève, fermé pour la journée. Le pavillon J.-A. DeSève a été le théâtre d’une occupation pendant plusieurs heures, mercredi soir et tôt jeudi matin. L’UQAM explique que cette fermeture du pavillon permettra au personnel de remettre les lieux en état.<br />
Divers saccages ont eu lieu au pavillon dans la nuit de mercredi à jeudi. Les dommages s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers de dollars.












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