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    Interventions musclées du SPVM à l'UQAM: 22 personnes arrêtées

    8 avril 2015 20h06 |Le Devoir | Éducation
    Au sous-sol du pavillon J.-A.-DeSève (DS), mercredi après-midi
    Photo: Philippe Orfali Au sous-sol du pavillon J.-A.-DeSève (DS), mercredi après-midi

    Après avoir affirmé la veille qu’elle ne ferait appel aux policiers qu’en cas de force majeure, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est revenue sur sa parole et a demandé au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d’intervenir mercredi au cours d’une journée très mouvementée.

    En après-midi, le SPVM a publié sur Twitter qu'il avait « reçu une demande d'assistance de la part de l'UQAM pour gérer une situation de confrontation qui a lieu à l'intérieur ». Un porte-parole du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a précisé que 11 femmes et 10 hommes, âgés de 18 à 36 ans, ont été arrêtés. Quatre seront accusés d’attroupement illégal et de méfaits, alors que les 17 autres seront accusés de méfaits. Une autre personne a été accusée de vol de cellulaire.


    Le transport des personnes interceptées a été compliqué lorsque des étudiants et des professeurs de facultés en grève ont barré le chemin aux policiers qui se trouvaient au sous-sol durant un certain temps.
     

    Une centaine d'étudiants ont entouré une vingtaine de policiers au sous-sol du pavillon J.-A.-DeSève (DS), vers 15 h. « À nous l'UQAM! Décâlice! », criaient les étudiants. Un peu plus tard, les agents du SPVM ont abaissé leurs visières. « On n’a rien volé, nous! », ont alors scandé les manifestants. Vers 15h30, des professeurs se sont installés entre la police et les étudiants.

    À 15h50, les policiers ont quitté l'UQAM, laissant les agents de sécurité faire face aux manifestants, toujours avec les professeurs devant.

    Une heure après le début de l'intervention du SPVM, une foule d'environ 150 personnes était toujours présente au pavillon DS. 

    Les professeurs souhaitaient discuter avec le vice-recteur à la vie universitaire, Marc Turgeon. Vers 16 h, on a demandé à ceux qui étaient présents de lever la main.

    De même, les exécutants des associations étudiantes sur place ont été conviés à l'avant du rassemblement.

    Globalement, les professeurs ont suggéré vers 16h de faire venir M. Turgeon pour discuter du retrait des forces de l'ordre: « Nous aussi, les profs on est fâchés. Mais faut trouver une solution. La police n'a pas à se trouver dans une université. » 

    La présidente du syndicat des professeurs de l'UQAM, Michèle Nevert, a tenté ensuite de jouer la médiatrice entre étudiants et la direction. « On a pris un engagement. Restez cool s.v.p. », a-t-elle dit vers 16h15. Peu après, elle a insisté: « Nous on part voir les [22] étudiants arrêtés pour voir ce qu'on peut faire. Restez ici, restez cool. »

    Pour la professeure au Département de danse vice-présidente du syndicat des professeurs de l'UQAM, Marie Beaulieu, « on s'est passé le mot pour former mur humain entre les policiers et les étudiants, pour pas que le SPVM aille les tapocher. »

    Vers 16 h 30, un groupe de professeurs et d'étudiants allaient demander la libération des 22 étudiants arrêtés vers 15 h.

    À ce moment, les gardiens de sécurité avaient aussi quitté le sous-sol du pavillon DS. 

    Environ une centaine d'étudiants ont cependant décidé d'occuper le pavillon J.-A.-DeSève. Ils tenaient une réunion afin de décider de la suite des choses. Plusieurs personnes proposaient de lever les cours de 18h, malgré l'injonction.

    Par ailleurs, une manifestation pour protester contre les arrestations a été appelée à 21 h à la place Émilie-Gamelin.


    Couillard d'accord avec les expulsions

    Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a vivement dénoncé le comportement des personnes arrêtées à l'UQAM. « Ce sont des comportements totalement inacceptables. Je ne connais pas de société de droit qui tolère ce genre de comportement », a-t-il dit en marge d'une conférence de presse sur le Plan Nord, mercredi.

    « Si quelqu'un rentrait chez nous, cagoulé, pour faire du grabuge, j'appellerais la police. Et je m'attends à ce que les dirigeants d'établissements aient la même attitude » a ajouté le premier ministre. « Quand on pose des gestes déplorables, on doit en assumer les conséquences. »

    Le recteur de l'UQAM, Robert Proulx, en entrevue à l'émission 15-18 à la radio de Radio-Canada, a tenté de tempérer la situation: « C'est vraiment pas dans la culture de l'université d'appeler les policiers à l'aide, mais quand on se retrouve dans une situation comme ce matin où les gardiens de sécurité n'étaient pas en mesure d'assurer la sécurité des personnes, moi j'ai une responsabilité d'assurer la circulation des personnes dans l'université. »

    M. Proulx soutient que « ce matin, il y a eu des voies de fait, il y a eu des coups de poing » de la part des individus cagoulés. 

    Quand l'animateur a laissé sous-entendre que le recteur était pris entre agir ou non, le recteur s'est rebiffé: « On gère tout à fait la situation [...]. C'est pas un endroit qui est sous le coup de commandos là! [...] On n’est pas assiégés! »

    Piqué par le fait que le premier ministre l'avait interpellé, M. Proulx a rétorqué qu'il avait « déjà des obligations devant mes employés, j'ai pas besoin de personne pour me dire quoi faire ».


    Matinée mouvementée

     

    Ce matin, des protestataires masqués — ils étaient une trentaine — ont une fois de plus tenté d’empêcher la tenue de cours. Un troisième coup d’éclat depuis que l’UQAM a obtenu une injonction provisoire de dix jours afin de mettre un terme au blocage de certains cours, dans le contexte où l’université « doit composer avec une prise de contrôle hostile de ses locaux et de son personnel en plus de se voir contrainte de ne pas prodiguer l’enseignement qu’elle s’est engagée de par son existence à fournir ».

     

    Munis de masques ou de foulard, pour dissimuler leur identité, et de parapluie et de peinture en aérosol pour garder au loin les journalistes et le personnel de sécurité, les manifestants ont tenté de stopper la tenue de certains cours dans les pavillons Judith-Jasmin, Hubert-Aquin, J.-A.-De-Sève et celui de l’École des sciences de la gestion. Quelques bousculades s’en sont suivies, vers 10 h 30, et c’est à ce moment que les gardiens de sécurité de l’établissement ont appelé les policiers. Ceux-ci n’ont finalement pas eu à intervenir, l’altercation entre les agents et les manifestants masqués ayant déjà pris fin à leur arrivée, selon le porte-parole du SPVM, Jean-Bruno Delorme.

     

    « On est à évaluer quelles seront les prochaines étapes ou interventions nécessaires à la suite des informations obtenues de la direction de l’UQAM », a-t-il déclaré, sans offrir davantage de détails.

     

    L’UQAM avait pourtant pris la décision mardi d’éviter de faire appel aux policiers, afin d’éviter une hausse de la tension avec les manifestants.

     

    Mardi, six cours (sur une centaine) avaient été touchés par des interventions de personnes au visage masqué. L’injonction provisoire obtenue à l’encontre de cinq associations étudiantes et de plusieurs étudiants leur ordonne de cesser et de s’abstenir d’empêcher l’accès, la sortie et la libre circulation par quelque moyen aux pavillons et immeubles de l’UQAM jusqu’au 13 avril à 17 h.

    Avec Philippe Orfali, Alexandre Shields et La Presse canadienne

    D'autres détails suivront.


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    Au sous-sol du pavillon J.-A.-DeSève (DS), mercredi après-midi Au sous-sol du pavillon J.-A.-DeSève (DS), mercredi après-midi La professeure au Département de danse vice-présidente du syndicat des professeurs de l'UQAM, Marie Beaulieu, s'adresse aux étudiants. Sympathisants des personnes arrêtées devant le poste de quartier 21 du SPVM mercredi après-midi. Vers 15h35, des professeurs se sont installés entre la police et les étudiants au sous-sol du pavillon J.-A.-DeSève (DS). Les agents du SPVM ont abaissé leurs visières.












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