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    Lettre

    UQAM 2.0

    8 avril 2015 | François Bergeron, professeur-chercheur de mathématiques et ancien vice-doyen à la recherche de la Faculté des sciences de l’UQAM Montréal, le 4 avril 2015 | Éducation

    Depuis sa fondation, il y a plus de 40 ans, l’UQAM s’est fait remarquer pour sa démocratie participative, son sens de l’innovation, le développement d’une grande expertise de recherche en sciences humaines et d’une grande expertise, moins bien reconnue au Québec qu’à l’international, de recherche en sciences et en mathématiques. En ce court laps de temps, elle est devenue une université publique de premier plan, ouverte sur la société et préoccupée de mettre son expertise au service de celle-ci. Il y a vraiment de quoi se péter les célèbres bretelles québécoises.

     

    Or, ces derniers temps, l’UQAM se fait plutôt remarquer pour son empressement à être la première université à mettre en oeuvre la douteuse recommandation ministérielle prônant l’expulsion quotidienne d’un « quota » d’étudiants récalcitrants, et ce, avant même l’annonce officielle de cette recommandation par le ministre. Il en a été amplement question dans les journaux ces derniers temps. Moins bien couvert par les médias est le fait que l’administration de cette UQAM 2.0 entend adopter une attitude tout aussi autoritaire (mais d’un autre ordre) envers ses professeurs. En effet, dans les négociations en cours pour le renouvellement de la convention collective de ceux-ci, l’administration souhaite fermement limiter cette démocratie participative qui a longtemps été sa marque de commerce et diminuer grandement la capacité d’initiative des professeurs.

     

    Plutôt que de considérer les professeurs comme les principaux responsables de la mise en oeuvre de la mission de transmission et de développement des connaissances, elle s’acharne à vouloir n’en faire que de simples employés à qui l’on dicte la façon de faire leur travail. Pour certains, cela peut sembler aller de soi de la part d’une administration, mais dans le contexte universitaire, cela a pour effet de remplacer l’incroyable dynamisme et la diversité de l’imagination de 1200 chercheurs, créateurs, professeurs, par celle forcément plus étriquée d’une poignée de « grands » gestionnaires. Bref, l’UQAM 2.0 qu’on semble vouloir mettre en place, c’est plutôt l’université de l’austérité intellectuelle. Un humoriste mal intentionné pourrait presque y voir une certaine influence des propos récents du fameux maire saguenéen : Jean Tremblay.













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