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    L’UQAM examinera un incident qui pourrait avoir violé l’injonction

    3 avril 2015 13h20 |Étienne Fortin-Gauthier - La Presse canadienne | Éducation
    Mercredi, le juge Robert Mongeon a accordé à l’UQAM une injonction provisoire de dix jours.
    Photo: Wikipédia Commons Mercredi, le juge Robert Mongeon a accordé à l’UQAM une injonction provisoire de dix jours.
    Si la tenue d’un cours a bel et bien été perturbée par des individus masqués et menaçants jeudi soir à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’injonction obtenue par l’institution mercredi a été violée et des mesures pourraient être prises.

    C’est ce qu’a soutenu à La Presse canadienne la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers, soutenant qu’elle n’avait toujours pas obtenu les détails de l’incident, l’université étant fermée pour le long congé pascal.

    Elle affirme que la direction de l’UQAM devrait examiner dès le début de la semaine prochaine les suites à donner à cet incident, s’il a eu lieu, et les mesures à prendre.

    Selon le chargé de cours et avocat Daniel St-Pierre, un groupe d’individus masqués a fait irruption dans la salle au moment où il donnait un cours du département de Droit, et ils ont « intimidé » des étudiants.

     

    M. St-Pierre soutient qu’à titre de chargé de cours, il pouvait enseigner jeudi soir, malgré la grève menée par des professeurs de l’UQAM, jeudi, à l’occasion d’une grande manifestation contre l’austérité à Montréal.

     

    Après une heure de cours, il affirme que sept personnes ont pénétré dans la classe et exigé des étudiants présents qu’ils sortent de la classe.

     

    M. St-Pierre rapporte que les individus au visage caché ont fermé les lumières et fermé son ordinateur.

     

    Le groupe aurait fui la classe après l’arrivée d’agents de sécurité.

     

    « Ces gens-là rentrent pendant le cours. Ils nous ont intimé de fermer nos ordinateurs et de sortir. C’était très intimidant, nous avons eu peur », a-t-il soutenu en entrevue téléphonique.

     

    Véronique Leroux, étudiante du programme de baccalauréat en Droit, était présente lors du cours de jeudi soir. Il s’agissait pour elle d’un retour en classe, dit-elle, car elle n’allait plus à ses cours depuis un vote de grève de son association étudiante.

     

    « La grève a été votée jusqu’au 8 avril. Mais avec l’injonction de mercredi, nous sommes dans nos droits d’aller à nos cours et d’en recevoir », affirme la finissante.

     

    En fin de soirée, elle se disait toujours sous le choc des événement survenus plus tôt. « Les élèves ont le droit de boycotter leurs cours, mais ils n’ont pas le droit d’empêcher les autres étudiants d’aller à leurs cours. C’était une expérience traumatisante, une étudiante pleurait et nous avions peur », dit-elle.

     

    Dans ce contexte, le professeur a pris la décision de mettre un terme à la séance de cours.

     

    « Une étudiante était particulièrement sous le choc. Comme si elle venait d’assister à un hold-up. C’est traumatisant », a affirmé M. St-Pierre.

     

    Jenny Desrochers, porte-parole de l’Université du Québec à Montréal, disait ne pas être en mesure de confirmer l’événement de jeudi soir, ni d’indiquer si la présence d’étudiants masqués et menaçants dans une salle de classe contrevient à l’injonction obtenue mercredi.

     

    Injonction obtenue par l’UQAM

     

    Mercredi, le juge Robert Mongeon a accordé à l’UQAM une injonction provisoire de dix jours dans le contexte où l’université « doit composer avec une prise de contrôle hostile de ses locaux et de son personnel en plus de se voir contrainte de ne pas prodiguer l’enseignement qu’elle s’est engagée de par son existence à fournir ».

     

    La demande d’injonction concernait cinq associations étudiantes et 34 de leurs membres. L’objectif de l’UQAM était de mettre un terme au blocage de certains cours, notamment par des individus masqués.

     

    Les associations étudiantes concernées par l’injonction sont celles qui représentent les étudiants en arts, en lettres et en communications, en science politique et en droit, en éducation et en sciences humaines.

     

    Selon Daniel St-Pierre, l’événement de jeudi soir est en contravention avec l’injonction obtenue par l’UQAM. Il espère que l’institution fera appliquer le document juridique.

     

    « Je ne me sens pas en sécurité. Personne ne devrait pouvoir circuler en étant cagoulé. Ça prend davantage de gardiens qui vont permettre d’assurer la tenue des cours », croit le chargé de cours et avocat.

     

    Véronique Leroux dit avoir remis plusieurs preuves au service de sécurité de l’UQAM pour permettre à l’injonction d’être appliquée.













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