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    Nouveau régime minceur en éducation

    Les associations étudiantes appellent à la mobilisation, tandis que les enseignants dénoncent une opération de « démolition »

    27 mars 2015 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Éducation
    Des étudiants se sont rassemblés jeudi à Québec pour manifester devant le parlement.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des étudiants se sont rassemblés jeudi à Québec pour manifester devant le parlement.

    Le quasi-gel du budget en éducation en 2015-2016 (0,2 %) a l’effet d’un coup de massue. Les fédérations étudiantes appellent leurs membres à la mobilisation, ne digérant pas les coupes budgétaires de près de 125 millions de dollars dans les cégeps et les universités en 2015-2016.

     

    Le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Jonathan Bouchard, a dénoncé jeudi des compressions budgétaires « ridicules » de 103 millions exigées à des universités « déjà à genoux ». Il craint de voir des cours ou des programmes, au premier chef en sciences sociales, contingentés ou abolis. « C’est très inquiétant parce qu’on va faire de la sélection selon la rentabilité des programmes », a-t-il déploré.

     

    M. Bouchard s’est dit « étonné » de voir le gouvernement libéral plafonner la croissance des dépenses en éducation à 0,2 % en 2015-2016 comparativement à 1,6 % en 2014-2015. « Il n’a pas pris au sérieux la mobilisation grandissante contre les coupes en éducation », a-t-il regretté. Selon lui, « c’est le temps pour l’ensemble de la communauté universitaire de se mobiliser ». M. Bouchard s’est toutefois gardé d’appeler les membres de la FEUQ à entamer une grève générale. « Ça va être aux étudiants de décider. »

     

    Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Alexis Tremblay, est d’avis que les compressions de quelque 21 millions — ou 40 millions selon la Fédération des cégeps — demandées cette année aux cégeps constituent « un argument supplémentaire pour augmenter les moyens de pression » à l’égard du gouvernement libéral. « On est rendus à un point de rupture. Est-ce que des cégeps en région vont devoir couper leur chauffage ? », a-t-il lancé. L’équipe économique libérale « brime les perspectives d’avenir de la jeunesse », a déploré M. Tremblay, s’abstenant lui aussi de lancer un appel au débrayage.

     

    « Jeu de démolition »

     

    Les enseignants au primaire et au secondaire ont quant à eux dénoncé jeudi des coupes d’environ 350 millions en 2015-2016. Le premier ministre Philippe Couillard « se prête à un jeu de démolition », a soutenu le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette. « Il déconstruit. » Le gouvernement libéral parviendra à atteindre l’équilibre budgétaire « sur le dos » des élèves des écoles québécoises, tout particulièrement ceux qui éprouvent des difficultés d’apprentissage, a fait valoir l’enseignant en histoire.

     

    Selon M. Mallette, la « colère » gronde dans les établissements d’enseignement. Par ailleurs, il s’expliquait mal jeudi pourquoi les écoles privées écopent de compressions de « seulement 2 millions ».

     

    L’« effort » demandé au réseau de l’éducation est « proportionnellement moins important » que celui exigé au secteur de la santé, a précisé le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. Il a aussi invité à prendre en compte les quelques dizaines de millions de dollars non inscrits au budget de l’éducation mais qui vont « terminer en éducation » — dont 75,8 millions apparaissant pour le moment au budget du ministère de l’Immigration.

     

    Néanmoins, le secteur de l’éducation devra « mieux livrer les services, à meilleurs coûts », a-t-il souligné, persuadé que le gouvernement arrivera à freiner la croissance des dépenses. « On n’est pas un gouvernement sur le pilote automatique. »

     

    Pendant une allocution, M. Coiteux a dit vouloir s’adresser à la « jeunesse québécoise ».« L’effort de retour à l’équilibre budgétaire vous place au coeur des priorités de l’État. Les gestes que pose le gouvernement sont tout particulièrement destinés à votre génération », a-t-il insisté, promettant du bout des lèvres une hausse des investissements en éducation au cours des prochaines années. « Dès l’année prochaine, dès le moment où on est capables de reconstituer nos marges de manoeuvre, on a l’intention d’en faire davantage en éducation. »













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