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    Institut d’études internationales de Montréal

    Faire du Québec un pôle international

    21 mars 2015 | Claude Lafleur - Collaborateur | Éducation
    Organigramme des différents centres de recherche rattachés à l’IEIM
    Photo: Courtoisie IEIM Organigramme des différents centres de recherche rattachés à l’IEIM
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    « Au Québec, nous sommes trop petits pour être sur le mode compétition, déclare Claude-Yves Charron, directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM). Par conséquent, on ne peut pas envisager l’international sans penser à des partenariats. » Voilà pourquoi, il y a 11 ans, l’UQAM a créé un institut visant à regrouper des dizaines d’unités et de chaires de recherche reliées aux études internationales.

     

    M. Charron a entre autres été premier secrétaire du Canada en Chine et à Genève, ainsi que délégué général du Québec à Tokyo. « J’ai compris, dit-il, que, pour réussir sur la scène internationale, le Québec doit se présenter en tant que société innovante. »

     

    Le nouveau directeur et son équipe veulent par conséquent faire de l’IEIM le « point d’ancrage des études internationales à Montréal », comme le relate Thimothée Labelle, responsable des communications pour l’Institut. C’est-à-dire un institut international, mais implanté à Montréal et qui cherche à créer le plus de partenariats possible.

     

    « Pour nous, être situé à Montréal fait que nous sommes perçus comme un trait d’union entre l’Amérique et l’Europe, indique Pierrick Pugeau, directeur adjoint de l’IEIM. Cette dualité d’approche entre la vision européenne et la vision nord-américaine nous confère une complémentarité de perspectives dont nos collègues ont besoin. »

     

    Un tout plus fort que ses parties

     

    Pierrick Pugeau raconte qu’à l’origine l’IEIM a été créé afin de réunir les unités et chaires de recherche de l’Université de Montréal, de l’Université McGill et de l’UQAM. Malheureusement, dit-il, McGill a laissé tomber le projet et l’UdeM a créé son Centre d’études et de recherches internationales (Cérium). C’est ainsi que l’UQAM a seule fondé l’IEIM, qui est l’une des trois composantes de sa Faculté de science politique et de droit.

     

    « Notre mission, poursuit M. Pugeau, c’est de faire en sorte que, réunies, nos unités de recherche soient beaucoup plus fortes, puisque l’IEIM permet de créer de plus vastes réseaux. En créant un institut, nous visions à éviter la fragmentation de la recherche, poursuit-il, plutôt pour accroître la diffusion des travaux et pour avoir des réseaux de recherche plus performants et plus vastes. »

     

    L’un des fondements de l’Institut est sa pluridisciplinarité, enchaîne M. Labelle. « Nous faisons partie de la Faculté de science politique et de droit — donc, deux disciplines — et nous englobons volontiers les sciences humaines, les sciences de la gestion, etc. On aborde donc l’international de différentes façons. »

     

    « La force de l’Institut, c’est vraiment sa pluridisciplinarité, insiste M. Pugeau, et ce, dans toutes nos activités. »

     

    Diplomatie et communication

     

    Thimothée Labelle souligne que la première directrice de l’IEIM, Anne Leahy, était une diplomate accomplie. Économiste de formation, elle a été ambassadrice du Canada en Pologne, en Russie, en Arménie, en Ouzbékistan et au Bélarus. « Au point de départ, Mme Leahy a été choisie pour diriger l’Institut parce qu’on voulait lui donner une vocation internationale et proche des affaires étrangères », précise Pierrick Pugeau.

     

    Le second directeur, Peter Leuprecht, avait été précédemment doyen de la Faculté de droit de l’Université McGill et représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour les droits de l’homme au Cambodge. « Anne et Peter ont eu comme mandat de regrouper le plus possible les unités de recherche, indique M. Pugeau. C’était vraiment leur mission première : favoriser la recherche. »

     

    Quant au troisième directeur, Dorval Brunelle, il est professeur au Département de sociologie de l’UQAM, cofondateur et directeur du Groupe de recherche sur l’intégration continentale (GRIC) et directeur de l’Observatoire des Amériques. « M. Brunelle a apporté davantage un éclairage théorique sur l’international », relate M. Labelle. Quant à M. Charron — le quatrième directeur, entré en fonction le 17 février dernier — « il allie à la fois la pratique et la théorie », résume M. Labelle.

     

    Ce que confirme d’ailleurs celui-ci : « J’ai présenté ma candidature à la direction de l’IEIM pour une raison : la communication comme force lorsqu’on travaille en équipe », déclare M. Charron.

     

    Innover à la québécoise

     

    La carrière de Claude-Yves Charron comporte deux volets principaux : l’enseignement et la diplomatie. « Il est maintenant intéressant pour moi d’essayer de faire la passerelle entre les deux », dit-il.

     

    Il propose par conséquent une approche pour le moins originale. « Lorsque j’étais basé dans d’autres villes, dit-il, j’ai vu l’importance des think tanks [groupes de réflexion] par rapport au théâtre et aux chicanes entre diplomates ! », dit-il en souriant.

     

    « Les think tanks, ce sont des brainstorming entre experts », explique-t-il. De la sorte, on confronte diverses perspectives dans le but de faire émerger différents points de vue. On en vient ainsi à établir des bases de référence et d’ouverture sur les enjeux de l’heure. « Je trouve qu’il y a là, pour les générations qui nous suivent, de belles occasions de développer des habiletés qui leur serviront au cours de leur carrière. On leur enseignera donc une expérience différente. »

     

    Par ailleurs, comme délégué général du Québec à Tokyo, M. Charron a compris « qu’il ne faut pas arriver dans cette ville de 35 millions d’habitants en tant que simple individu, avec son petit je-me-moi ! », dit-il. Astucieux, il présentait d’abord le Québec comme une société innovante.

     

    « Je commençais toujours en parlant du Cirque du Soleil, que 10 millions de Japonais ont vu, raconte-t-il, sourire aux lèvres. C’était la meilleure façon de montrer qu’au Québec on sait innover et c’est là notre carte de visite pour nous positionner en tant que Québécois et Québécoise sur la scène internationale… Et c’est la couleur que je désire donner à l’Institut ! »













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