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    Université de Montréal

    Valoriser davantage son caractère francophone

    14 mars 2015 | Émilie Corriveau - Collaboratrice | Éducation
    Guy Lefebvre, vice-recteur aux relations internationales et à la francophonie de l’Université de Montréal
    Photo: Université de Montréal Guy Lefebvre, vice-recteur aux relations internationales et à la francophonie de l’Université de Montréal
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Depuis quelques années, un peu partout à travers la planète, l’internationalisation des savoirs s’est immiscée au rang des principales préoccupations des établissements d’enseignement supérieur francophones. Alors que nombre d’entre eux s’affairent aujourd’hui à développer des formations en anglais pour élargir leur clientèle, l’Université de Montréal (UdeM) se positionne à contre-courant et fait le pari d’attirer de nouveaux étudiants internationaux grâce à la langue française.

     

    D’après les plus récentes données disponibles, un peu plus de 5000 étudiants étrangers fréquentent actuellement l’UdeM. Si environ 62 % d’entre eux sont originaires de l’Europe, plus particulièrement de la France, plusieurs viennent également de la Chine, du Brésil, du Mexique et de l’Afrique. La plupart sont francophones ou francophiles, et seuls quelques inscrits ne disposent pas d’une connaissance suffisante de la langue française pour pouvoir suivre normalement leur cursus.

     

    « En ce moment, la très grande majorité de nos étudiants internationaux parlent le français, même s’ils viennent de pays qui ne sont pas francophones », signale M. Guy Lefebvre, vice-recteur aux relations internationales et à la francophonie de l’Université de Montréal.

     

    « Notre université ne compte que très peu d’étudiants allophones qui ne parlent pas le français, poursuit-il. Ils sont moins de 1 % à le faire. On les retrouve essentiellement aux cycles supérieurs, parce que la politique linguistique de l’Université de Montréal permet des enseignements en anglais pour des clientèles particulières. Certains sont en médecine, d’autres en droit. Il y en a un certain nombre qui poursuivent des études de doctorat dans le cadre desquelles ils peuvent rédiger leur thèse en français ou en anglais, mais il n’y en a pas tellement, car, dans la majorité des programmes doctoraux, il y a des éléments de scolarité qui se déroulent uniquement en français ! »

     

    Attirer plus d’étudiants internationaux

     

    Actuellement, ces étudiants francophones et allophones qui ne sont pas d’origine canadienne constituent environ 20 % de la population estudiantine de l’UdeM. Or, parce qu’elle tient à se positionner parmi les meilleurs établissements d’enseignement supérieur à l’échelle mondiale, l’université aimerait bien voir augmenter ce pourcentage au cours des prochaines années.

     

    « Mais on tient à ce que ça se fasse en français, confie M. Lefebvre. On est bien conscient que la langue de recherche universelle, c’est l’anglais. Mais, une fois qu’on a dit ça, je pense que, comme établissement de haut savoir, on a le devoir de contribuer à la promotion et à la diffusion de la pensée francophone. »

     

    « Notre objectif, c’est de faire valoir le fait français, la diversité culturelle et une meilleure compréhension des cultures, ajoute-t-il. D’ici 2060, d’après l’Organisation internationale de la Francophonie, il devrait y avoir près de 800 millions de francophones et francophiles sur la Terre. À l’UdeM, on souhaite jouer un rôle dans la croissance de cette population-là. »

     

    Pour parvenir à ses fins, l’UdeM a notamment prévu la création de deux nouveaux programmes s’adressant spécifiquement à une clientèle dont le français n’est pas la langue maternelle.

     

    Dans le premier cas, l’établissement offrira des sessions intensives d’intégration à ses futurs étudiants. Celles-ci comprendront des cours de langues, mais également des cours d’histoire et des cours d’intégration socioculturelle à la société québécoise.

     

    « L’idée, c’est que les étudiants seront admis à l’avance à l’université en sachant dans quels programmes ils iront par la suite. Pour qu’ils puissent entamer leurs études dans le programme régulier dans lequel ils se sont inscrits, ils devront avoir réussi leur cours d’intégration », précise M. Lefebvre.

     

    La première cohorte d’étudiants participant à ce programme sera accueillie à l’automne 2016. Pour commencer, ils ne seront que peu nombreux. Cela permettra à l’université de procéder aux ajustements nécessaires pour pouvoir en former davantage les années suivantes.

     

    « On va commencer lentement, avec des étudiants qui ont peut-être déjà une certaine connaissance de base du français, pour qu’ils puissent s’intégrer rapidement à leur programme d’études, spécifie M. Lefebvre. À terme, toutefois, l’objectif, c’est vraiment d’attirer des gens qui ne parlent pas du tout le français et qui seront prêts, après un an passé ici, à poursuivre leurs études chez nous. »

     

    Le second programme, lui, s’adressera surtout aux étudiants qui ont déjà une certaine connaissance du français et qui sont originaires d’autres provinces canadiennes ou des États-Unis. Ceux-ci pourront s’inscrire à l’Université de Montréal même s’ils ne remplissent pas les exigences nécessaires pour entamer leurs études dans le programme régulier qu’ils convoitent. Ils disposeront d’une année pour se mettre à niveau.

     

    « Ce sera un véritable programme d’intégration, note le vice-recteur. Il faut savoir que, ailleurs sur la planète, les parcours scolaires ne sont souvent pas les mêmes qu’au Québec, ce qui fait que les étudiants étrangers ne parviennent pas toujours à se qualifier pour faire un bac régulier chez nous. Ce programme-là va leur permettre de parfaire leurs connaissances du français et, en même temps, de suivre les cours nécessaires qui leur permettront de s’intégrer à un programme régulier après une année de transition. C’est un peu l’équivalent d’un bac de quatre ans, finalement. »

     

    Dans le même esprit, d’ici les cinq prochaines années, l’UdeM entend multiplier ses partenariats avec des universités francophones et francophiles. En mai prochain, par exemple, elle signera une entente avec le gouvernement de la Tunisie afin de faciliter l’accueil d’étudiants qui en sont originaires et qui évoluent dans le domaine de la santé.

     

    « On souhaite réellement s’imposer comme chef de file à l’échelle internationale, réitère M. Lefebvre. On veut que, partout dans le monde, l’Université de Montréal soit considérée comme un exemple à suivre en matière d’enseignement supérieur francophone et on travaille très fort pour y parvenir. »













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