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    Reconnaissance des acquis

    Un coup de pouce pour finir ses études

    14 mars 2015 | Réginald Harvey - Collaborateur | Éducation
    En quoi consiste la reconnaissance des acquis ? <em>« C’est un processus d’évaluation des compétences, c’est-à-dire que le candidat qui prétend posséder un bagage de connaissances doit être en mesure de faire la démonstration que tel est le cas, qu’il est compétent dans ce qu’il avance. »</em> — Jean-Pierre Lefebvre
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir En quoi consiste la reconnaissance des acquis ? « C’est un processus d’évaluation des compétences, c’est-à-dire que le candidat qui prétend posséder un bagage de connaissances doit être en mesure de faire la démonstration que tel est le cas, qu’il est compétent dans ce qu’il avance. » — Jean-Pierre Lefebvre
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    En septembre 2013, la Faculté de l’éducation permanente (FEP) de l’Université de Montréal a adopté une politique de reconnaissance des acquis. Le nouveau Service de reconnaissance des acquis expérientiels de la FEP a été implanté en janvier 2014 : il apporte un soutien aux personnes qui désirent poursuivre leurs études jusqu’à la diplomation tout en améliorant leur sort sur le marché du travail.

     

    Après une période d’un an de rodage, ce service exige depuis 2014 un tarif, qui s’accompagne de mesures administratives plus serrées. Jean-Pierre Lefebvre en dirige les activités et indique à quoi il est destiné : « Il fournit l’occasion aux gens de poursuivre leur formation universitaire et de la terminer ; c’est un incitatif qui touche une clientèle particulière d’étudiants adultes qui travaillent et qui possèdent un certain bagage d’expérience. »

     

    Il fournit une description des personnes desservies par la faculté : « Les gens qu’on rencontre le plus fréquemment ont arrêté leur cégep pour gagner le marché du travail ; ou encore, d’autres ont commencé un baccalauréat qu’ils ont quitté pour toutes sortes de raisons et ils reviennent aux études. » Dans tous ces cas, la moyenne d’âge se situe autour de 35 ans. Un autre groupe s’inscrit dans le portrait : « Il y a aussi une clientèle immigrante qui ressemble à la première mais qui ne poursuit pas les mêmes objectifs ; ces gens-là sont arrivés au pays il y a cinq ou dix ans, ils ont travaillé dans différents postes et se sont tapé plusieurs refus sur le marché de l’emploi pour de multiples raisons. Au bout du compte, ils décident de mettre à jour une certaine partie de leurs acquis scolaires et universitaires, à la lumière des expériences vécues dans leur pays. »

     

    Une démarche plutôt complexe

     

    En quoi consiste la reconnaissance des acquis ? « C’est un processus d’évaluation des compétences, c’est-à-dire que le candidat qui prétend posséder un bagage de connaissances doit être en mesure de faire la démonstration que tel est le cas, qu’il est compétent dans ce qu’il avance », répond dans un premier temps le directeur. Il apporte ces explications : « Notre logique d’évaluation du candidat est basée sur les cours ; selon le type de ceux qu’il choisit, il doit faire par écrit une démonstration de ce qu’il sait faire en y apportant des preuves matérielles. » Une telle façon de faire ou un tel processus est universel en Occident : « Les États-Unis, le Canada anglais et l’Europe fonctionnent de la même manière. »

     

    Il revient, par contre, à chaque établissement d’utiliser les méthodes jugées les plus appropriées dans son évaluation, de faire un choix entre l’entrevue, la rédaction ou la performance à réaliser par le candidat. Pour sa part, le service qu’il dirige recourt à la démonstration écrite sous l’appellation d’un porte-folio : « La personne doit fournir la preuve, dans un document écrit, qu’elle possède les compétences nécessaires pour suivre tels ou tels cours qui la conduiront à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales (DEC) ou d’un baccalauréat. » Par exemple, un journaliste sera appelé à produire la liste des articles qu’il a rédigés, à partir du site d’un média, durant une certaine période de temps : « On veut s’assurer que cette personne possède vraiment ce qu’il faut comme expérience pertinente. »

     

    Une fois franchie cette étape, le défi consiste à accompagner l’étudiant dans la phase de l’analyse réflexive, assure M. Lefebvre : « Je me dois de conserver sa motivation de se lancer dans une telle démarche, car on doit comprendre qu’il agit en solitaire, puisque le sujet même de la recherche, c’est lui-même. On lui fournit évidemment des outils et du soutien, et même de la formation, mais il reste que la partie de la rédaction revient à l’individu lui-même, qui connaît son expérience de travail. »

     

    Un bilan révélateur

     

    Jean-Pierre Lefebvre s’est livré à un inventaire des activités du service de reconnaissance de la Faculté de l’éducation permanente au cours de la dernière année ; il en ressort des caractéristiques sociodémographiques révélatrices : « Les étudiants proviennent tous de la région de Montréal et 15 % d’entre eux sont des immigrants. La clientèle est formée de femmes dans une proportion de 90 % et sa moyenne d’âge tourne autour de 35 ans. Ces gens-là travaillent à temps plein et poursuivent des études à temps partiel sur la base d’un ou deux cours par session. »

     

    Il fournit plus de détails : « Ces personnes veulent obtenir au plus vite leur formation, dans le but premier d’obtenir un meilleur emploi ou un rehaussement de leurs conditions de travail ; elles sont aussi motivées par le fait d’identifier leurs propres compétences, ce qui démontre un côté plus personnel dans leur démarche, qui fait appel à l’estime de soi et à la valorisation de leurs connaissances en milieu de travail. Approximativement 20 % d’entre elles en sont rendues en fin de bac sur le plan universitaire, mais leur objectif en tant que tel est d’obtenir le certificat décerné par la faculté selon les exigences du parcours professionnel de chacun. »

     

    Et combien de temps faut-il consacrer aux études pour l’obtenir ? « C’est très variable, mais, si vous avez des enfants et si vous travaillez à plein temps, il faut compter au moins trois ans pour achever un parcours de certificat. Pour des gens très disciplinés, une période de deux ans peut être suffisante, mais on doit en moyenne compter trois ans. » Il ajoute encore : « Si vous additionnez trois certificats qui conduisent à l’obtention d’un bac par cumul, on parle de neuf années d’études à temps partiel. »

     

    Malgré un cheminement tout de même exigeant mais gratifiant en bout de ligne, il y a de plus en plus de travailleurs qui se tournent vers la reconnaissance des acquis, selon le directeur : « Celle-ci gagne en popularité, mais elle n’est pas assez connue. Les gens se rendent compte qu’ils pourraient obtenir beaucoup d’économies de temps et d’énergie grâce à cette démarche. On observe aussi qu’on a une clientèle immigrante de plus en plus nombreuse qui est désireuse de s’insérer dans notre société ; pour elle, ça répond à un besoin. »













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