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    Universités: nous ne pouvons rester silencieux

    20 octobre 2014 | Doyens et doyennes de l’UQAM* - *Monique Brodeur, Jean-Pierre Beaud, Luc-Alain Giraldeau, Josée S. Lafond, Pierre Mongeau, Stéphane Pallage, Louise Poissant. | Éducation
    Les universités québécoises sont dans un état précaire.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les universités québécoises sont dans un état précaire.

    Monsieur le Premier Ministre, votre gouvernement a choisi d’exiger des compressions budgétaires de tous, fonction publique, commissions scolaires, service de santé, médecins et système universitaire. Nous, les doyens et les doyennes de l’Université du Québec à Montréal, sommes très fortement préoccupés des conséquences immédiates et à long terme de ces nouvelles séries de compressions qui s’annoncent, notamment pour le système universitaire québécois.

     

    Les universités québécoises sont dans un état précaire à la suite de nombreuses compressions qui leur ont été imposées depuis plusieurs années. Sous le gouvernement Charest, il a été clairement démontré que les universités québécoises étaient sous-financées. Ce constat ralliait d’ailleurs l’opposition. Or le gouvernement Marois, après lui, a exigé des universités des compressions immédiates de 123 millions de dollars, promettant un éventuel réinvestissement ciblé qui n’est jamais venu. Or votre gouvernement renchérit maintenant avec des compressions supplémentaires de 172 millions de dollars, sans compter des coupes plus importantes annoncées pour l’an prochain.

     

    Comment sommes-nous passés d’une situation consensuelle d’un besoin de réinvestissement à une série de compressions répétées si importantes que les plus récentes à elles seules représentent l’équivalent de la fermeture complète d’une université québécoise de taille moyenne ? Pouvons-nous réellement croire que ces nouvelles compressions, après celles qui nous ont été imposées précédemment, n’altéreront pas le coeur même de la mission universitaire ? Le Québec peut-il vraiment se permettre de réduire ainsi la qualité de ses universités ?

     

    Contributions cruciales

     

    Une université n’est pas un hôpital. Aussi, son effet et sa contribution à la société sont-ils plus diffus, plus difficiles à illustrer que les temps d’attente pour une chirurgie. Mais ce sont les universités qui fournissent à notre société le personnel hautement qualifié qui oeuvre entre autres dans les hôpitaux, les écoles, les cours de justice et les firmes d’ingénierie. Elles forment nos artistes et nos scientifiques, fournissent les experts qui commentent et expliquent le monde dans les médias. Ces diplômés et diplômées assurent le fonctionnement de la Caisse de dépôt et s’occupent de programmes pour les sans-abri. Ils font des découvertes qui ont de bons effets sur la santé, le mieux-être, le climat, et le monde qui nous entoure.

     

    La liste des contributions pourrait s’étirer ainsi longuement. Or, la qualité d’une université, la richesse et la pertinence des savoirs qu’elle développe et qu’elle enseigne, ses infrastructures de recherche, tout cela met des décennies à se construire. Alors qu’on peut très rapidement les miner. Les compressions exigées des universités affaibliront des institutions dont le sous-financement chronique a déjà été démontré et s’ajoutent à un effort déjà consenti depuis des années.

     

    À titre de doyennes et de doyens de l’UQAM, nous ne pouvons demeurer silencieux devant les conséquences inévitables de ces compressions additionnelles et historiques. Nous nous devons de dire haut et fort que le système universitaire québécois sera sérieusement accablé par ces compressions qui altéreront immédiatement la qualité de l’enseignement supérieur et appauvriront inéluctablement, et ce, à long terme, le Québec, son éducation, sa santé, son économie, sa créativité et sa compétitivité. C’est pourquoi nous vous demandons de prendre conscience des répercussions sociales et économiques que représentent pour le Québec à moyen et long termes ces compressions, lesquelles auraient pour effet d’affaiblir davantage un réseau universitaire qui a pourtant déjà contribué à l’effort collectif de redressement des finances publiques.













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