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    Une première manche de gagnée

    Le nombre de postes où il y aura scrutin est passé de 32 % en 2007 à 57 % cette année

    8 octobre 2014 | Jean-Pierre Proulx - Journaliste et professeur retraité | Éducation
    L’ultime test sera le taux de participation dans les 404 circonscriptions où il y aura scrutin.
    Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir L’ultime test sera le taux de participation dans les 404 circonscriptions où il y aura scrutin.

    Les commissions scolaires et la Fédération des commissions scolaires (FCSQ) qui les regroupe ont gagné une première manche : le nombre de circonscriptions où il y aura scrutin le 2 novembre a grimpé de façon significative par rapport à 2007. On en compte cette année 57 %, contre 32 % il y a sept ans. Au surplus, dans 55 % des 69 commissions scolaires, il y aura élection à la présidence. Les présidents seront pour la première fois élus au suffrage universel.

     

    Fait remarquable, le nombre d’élections dans les commissions scolaires dépasse même cette année celui des maires et des conseillers des municipalités en 2013 : il y a eu un scrutin dans 53 % pour les premiers et 44 % chez les seconds.

     

    Le boom observé cette année peut s’expliquer d’abord par les changements apportés à la Loi sur les élections scolaires. Ainsi, elle a diminué de façon importante le nombre de postes de commissaires. On en comptait 1305 en 2007 contre 712 cette année. L’effort des communautés pour faire émerger des candidatures a été forcément moins grand.

     

    Ensuite, l’élection des présidentes et présidents au suffrage universel a manifestement aidé au recrutement des candidats commissaires. En effet, il y aura 69 % de scrutins aux postes de commissaires dans les commissions scolaires où plus d’un candidat brigue la présidence. On peut penser qu’un futur président a cherché à s’entourer de candidats susceptibles de l’appuyer une fois élu, et donc à les recruter.

     

    Enfin, le nombre de commissions scolaires où se sont formées des équipes est passé par rapport à 2007, de 11 à 17, soit à près de 25 %. Or le nombre de circonscriptions avec scrutin dans ces 17 commissions scolaires atteint cette année presque 87 %. Manifestement, la constitution d’équipes a un effet d’entraînement important. Toutefois, cela ne fait pas encore partie de la culture politique dominante des commissions scolaires.

     

    Travail de longue haleine

     

    La conjoncture politique explique sans doute aussi les phénomènes positifs observés cette année. En effet, l’existence même des commissions scolaires est liée aux résultats des prochaines élections. La semaine dernière, le ministre de l’Éducation en a fait très explicitement un enjeu. Or les commissions scolaires, bien qu’elles cherchent à minimiser cet aspect, ne sont pas moins réalistes. Elles n’ont pas attendu la déclaration de M. Bolduc avant de se mettre à l’ouvrage. La CAQ a attaché bien avant le grelot à ce propos. Aussi, depuis au moins un an, la FCSQ a mis en oeuvre un vaste plan de sensibilisation à la démocratie scolaire. Elle a certainement contribué par là aux résultats observés aujourd’hui.

     

    La partie n’est pas pour autant gagnée. La deuxième et dernière manche se jouera le 2 novembre. L’ultime test sera le taux de participation dans les 404 circonscriptions où il y aura scrutin. À cet égard, l’élection du président au suffrage universel et la diminution du nombre de circonscriptions pourraient constituer paradoxalement un obstacle à la participation. En effet, les présidents devront faire campagne dans plusieurs cas dans d’immenses territoires avec beaucoup moins de moyens qu’aux élections fédérales et provinciales. Il en sera de même pour les candidats aux postes de commissaires. En diminuant le nombre de districts électoraux, on a augmenté leur superficie et donc le nombre d’électeurs dans chacun. Or des recherches montrent que plus grand est ce nombre, moins élevé est le taux de participation.

     

    Heureusement, la Loi électorale prévoit que les candidats peuvent faire transiter leur CV et leur programme par le président d’élection avec la « carte de rappel », à la condition de lui acheminer ces informations en posant leur candidature. Reste à voir si on s’est prévalu de cette disposition. En 2007, ce fut un échec total.

     

    À suivre donc…













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