Amenez-en, des vérificateurs, disent les commissions scolaires

Des commissions scolaires mettent au défi le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, de leur envoyer un vérificateur. Nombre d’entre elles ont indiqué avoir fait des coupes, non de gaieté de coeur, dans les services aux élèves, y compris dans des mesures d’aide à la réussite, comme l’aide aux devoirs.

« Si le ministre décidait d’envoyer des vérificateurs dans toutes les commissions scolaires qui font des coupes [dans les services aux élèves], on n’aurait pas de complexe à les accueillir. Ils vont arriver au même constat que nous : il n’y a vraiment pas de gras à couper », a déclaré au Devoir le président de l’Association des directions générales des commissions scolaires (ADIGECS), Raynald Thibeault.

Après avoir mandaté un vérificateur à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui refusait d’effectuer la totalité des compressions qu’on lui a imposées, le ministre a annoncé mercredi qu’il allait soumettre la Commission scolaire des Patriotes, en Montérégie, à la même médecine, parce qu’elle a décidé d’absorber sa part des coupes en abolissant le programme d’aide aux devoirs. La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) pourrait aussi connaître le même sort. La tutelle n’est pas exclue dans ces cas et toutes les autres commissions scolaires devront faire des coupes sans toucher aux services aux élèves. « Tous les scénarios sont sur la table pour les mettre au pas », a répété Yasmine Abdelfadel, l’attachée de presse de M. Bolduc.

Or un coup de sonde fait par Le Devoir auprès de certaines commissions scolaires permet de conclure qu’elles ont toutes fait des coupes dans les services, la plupart dans le programme d’aide aux devoirs. « Oui, on a fait des coupes, et oui, ç’a eu un impact sur les services aux élèves, dont l’aide aux devoirs », a confirmé Pierre Ménard, directeur des communications à la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais.

À Québec, la Commission scolaire des Navigateurs indique aussi avoir fait des coupes dans l’aide aux devoirs. « Malheureusement, il y a eu des compressions dans l’enveloppe [de l’aide aux devoirs] », a dit Huguette Vachon, responsable des communications.

La Commission scolaire des Affluents dit aussi avoir fait des coupes dans les mesures d’aide à la réussite. « L’aide aux devoirs, c’est la grosse part de ce qu’on a coupé. On avait un budget de 640 000 $, qu’on a réduit de moitié », a dit Éric Ladouceur, coordonnateur aux communications. Les budgets pour lutter contre l’intimidation ont aussi été amputés.

La Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV), en Outaouais, a été la première à tenir tête au ministre, avant la CSDM et la CSEM, et à adopter une résolution lui signifiant qu’elle n’allait pas pouvoir faire toutes les compressions demandées. « Ça fait plus d’un an qu’on passe dans le tordeur. Il fallait qu’on se tienne debout », a dit Sylvain Léger, président de la CSCV. Il dit avoir demandé un délai qu’il a confiance de se voir accorder.

« Où on va couper ? »

Même si le gouvernement libéral prétend le contraire sur toutes les tribunes, les commissions scolaires ne peuvent « remplir la commande [politique] » sans toucher aux services aux élèves, a insisté la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.

« L’autre jour, [le gouvernement] a dit que c’est inacceptable de ne pas acheter de livres. Après ça, c’est inacceptable de couper dans l’aide aux devoirs », a-t-elle lancé lors d’un impromptu de presse jeudi à Québec. « [Mais] où on va couper ? » Mme Bouchard aura l’occasion de s’entretenir avec le ministre Bolduc puisqu’elle sera à ses côtés vendredi matin pour une conférence de presse portant sur les élections scolaires du 2 novembre.

5 commentaires
  • Jacques Patenaude - Abonné 3 octobre 2014 09 h 26

    Nouvelle catégorie de bureaucrates?

    Les vérificateurs, ce nouvel étage de bureaucrates, vont coûter combien? Travaillent-ils bénévolement?
    Peut-être que c'est pas grave car ce sont probablement des ti'amis des libéraux.

  • André Le Belge - Inscrit 3 octobre 2014 11 h 13

    Plus de gras?

    Plus de gras dans la haute bureaucratie des commissions scolaires? J'en doute...

  • christian goulet - Inscrit 3 octobre 2014 12 h 11

    Vérificateurs, enquêteurs, etc

    Voilà des emplois d'avenir. Avec le monde corrompu que nous avons, la demande pour ces emplois va devenir exponentielle.
    Nos politiciens n'inspirent plus la confiance et on doit engager des vérificateurs pour vérifier ce qu'ils font. On en est rendu là.
    Quand on voit des abus comme la directrice de la commission scolaire de montréal, qui à dilapidé l'argent des gens avec ses dépenses excessives, sans aucune compassion pour ceux qui se lèvent pour aller travailler à tous les matins. Ben oui, engageons des vérificateurs et enquêteurs... et fermons les C.S.

  • Roger Gobeil - Inscrit 3 octobre 2014 15 h 34

    Autre vérification à faire

    Moi, j'aimerais bien qu'on vérifie aussi tous les revenus de Bolduc. Y'a sûrement là un p'tit 215,000$ qu'on pourrait récupérer.

  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 3 octobre 2014 18 h 10

    Oui, <<il y a du matériel tout neuf, encore dans les boîtes>>:

    les tableaux blancs intelligents, commandés par M. Jean Charest.