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    Compressions

    Nouvelle rébellion, nouvelle sanction

    Une seconde commission scolaire fera l’objet d’une vérification pour avoir décidé de couper l’aide aux devoirs

    2 octobre 2014 |Lisa-Marie Gervais | Éducation

    Québec envoie un vérificateur à la commission scolaire des Patriotes (CSP), qui a pris la décision de couper dans l’aide aux devoirs. Il n’exclut pas non plus de le faire à English-Montréal qui, comme la CSDM, refuse d’effectuer la totalité des compressions qu’on lui impose.

     

    « Je vais lancer un mandat de vérification pour la commission scolaire [des Patriotes]. On va aller voir à l’intérieur qu’est-ce qu’ils peuvent faire [sic] et je peux vous dire que je suis certain qu’on va trouver des mesures autres que celles de l’aide aux devoirs », a dit le ministre de l’Éducation Yves Bolduc, sur les ondes de Radio-Canada mercredi soir. « Quand une commission scolaire gère plusieurs dizaines de millions de dollars, on ne me fera pas accroire qu’il n’y avait pas moyen de trouver un certain montant. »

     

    Il perçoit le geste de la CSP comme un « acte de rébellion ». « Je le dis et le redis : c’est une obligation de ne pas prendre des mesures qui feront que les élèves pourraient avoir des difficultés par la suite. » Le ministre met en garde les autres commissions scolaires qui seraient tentées de sabrer les services aux élèves ou de s’y soustraire, prétextant, dans un cas comme dans l’autre, qu’il n’y a plus de « gras » à couper ailleurs et que c’est là la seule voie possible.

     

    La CSP, qui administre une soixantaine d’écoles primaires et secondaires en Montérégie, affirme qu’elle a exploré toutes les avenues et que ses frais d’administration ont été réduits, passant de 6 % à moins de 4 %. « C’est absolument trompeur de laisser croire à la population qu’on peut encore réduire nos dépenses sans affecter nos élèves », avait déjà averti la présidente de la CSP, Hélène Roberge. La semaine dernière, les directions d’école de la CSP ont donc décidé à l’unisson de concentrer l’effort budgétaire demandé — qui correspond à un demi-million (490 000 $) pour les écoles primaires — dans un seul programme, soit celui de l’aide aux devoirs. Les parents prennent connaissance de la décision ces jours-ci.

     

    La décision a été prise par souci d’« équité ». « Les directions voulaient une orientation commune. C’est pour éviter les disparités entre les milieux », a expliqué Lyne Arcand, responsable des communications à la CSP. Elle souligne que d’autres coupes devront être effectuées pour renflouer le déficit de 6 millions qui s’est creusé. Sans ces compressions imposées par Québec, la CSP était en mesure d’atteindre l’équilibre budgétaire, a précisé Mme Arcand.

     

    CSEM se rebelle

     

    Tout comme la Commission scolaire de Montréal (CSDM) il y a deux semaines, la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) a décidé de tenir tête au gouvernement et ne fera qu’en partie les coupes budgétaires demandées. Au total, elle refuse près d’un million de compressions, sur les 2,3 millions qu’on lui a imposés. « On ne peut pas couper sans toucher les services aux élèves. On ne peut pas le faire maintenant, on n’est pas prêts. On demande plus de temps, a indiqué au Devoir Angela Mancini, la présidente de la CSEM. Si on le fait, ce sont nos élèves les plus vulnérables qui seront touchés. Tout comme la CSDM, on a beaucoup d’élèves en milieux défavorisés. C’est pour ça qu’on est les deux à réagir. »

     

    La commission scolaire s’apprêtait à déclarer un déficit de 1,4 million, mais des revenus provenant de l’éducation aux adultes et de la formation professionnelle lui avaient permis d’amasser exactement cette somme. Or, le ministère de l’Éducation lui a demandé de couper 3,8 millions de son budget, desquels 2,3 millions devaient être retranchés d’ici la fin de septembre. Le tout devant être inclus dans un plan de redressement pour approbation. « On n’a pas eu de retour de la part du ministère. Peut-être qu’il va vouloir attendre que les élections scolaires soient terminées », a noté Mme Mancini.

     

    Au cabinet du ministre Bolduc, on souligne que le déficit de la CSEM n’est pas aussi important que celui de la CSDM (24 millions pour l’année en cours). « On n’exclut pas d’envoyer un mandat de vérification à la CSEM », a déclaré au Devoir Yasmine Abdelfadel, attachée de presse du ministre. « Aucune commission scolaire ne peut se soustraire à l’effort budgétaire. »

     

    Couper ailleurs

     

    Elle soutient qu’une trentaine de commissions scolaires ont eu l’autorisation de boucler un budget déficitaire et la majorité ont soumis un plan de redressement acceptable. Aucune coupe dans les services directs aux élèves ne sera tolérée, insiste-t-elle. « C’est très sérieux le message qu’on envoie. »

     

    Il est parfaitement possible de réduire les dépenses dans d’autres secteurs, soutient Mme Abdelfadel, citant en exemple deux commissions scolaires de Québec, De la Capitale et Premières-Seigneuries. Celles-ci partagent le transport scolaire de leurs élèves et ont accepté d’arrimer leurs journées pédagogiques pour qu’il n’y ait aucune circulation d’autobus ces jours-là, ce qui permet des économies.

     

    Enfin, le ministère rappelle que des enveloppes ont été fusionnées pour faciliter l’exercice et donner une plus grande marge de manoeuvre aux commissions scolaires. Pour la CSP, les nouvelles règles budgétaires transmises cet été par le MELS disent clairement que la commission scolaire « peut effectuer des choix différents de ceux [qui ont été] identifiés aux paramètres de financement. » « On a fait ce qu’on nous a demandé, a soutenu Mme Arcand. Et ce n’est pas fini. »













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