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Lettres: L'absurdité de l'abolition des cégeps

Vincent Bouret - Étudiant à l'École Polytechnique de Montréal, Montréal, le 28 novembre 2003  3 décembre 2003  Éducation
Alors que la FCSQ demande au gouvernement Charest d'abolir les cégeps, je crois qu'il est important de réitérer l'importance de ces institutions dans le cheminement scolaire d'un étudiant. On parle dans le rapport de «coûts de production» et de «résultats de formation» pour expliquer l'inutilité des cégeps. J'ai été surpris d'apprendre qu'on compare désormais l'éducation à la production de bovins de boucherie. L'éducation et la transmission de connaissances dépassent de manière si prononcée toute considération économique qu'il est absurde d'évaluer que le Québec a dépensé «1,3 milliard de trop en éducation».

Les cégeps permettent en fait une transition en douceur entre le secondaire et l'université, en créant un milieu où, contrairement au secondaire, l'excellence et la culture intellectuelle sont valorisées. Alors qu'au secondaire, on a l'air anormal quand on réussit, au cégep on a l'air anormal quand on échoue. Le cégep c'est aussi avoir une chance d'avoir des professeurs ayant de fortes connaissances dans leur domaine et ayant la capacité de vulgariser des concepts essentiels nécessaires pour les études futures, avant de plonger dans le monde universitaire où on laisse tomber la pédagogie au profit de la connaissance pure, ce qui n'est pas un mal lorsqu'on y est préparé adéquatement.

J'imagine mal comment j'aurais pu passer du secondaire à l'université directement. J'imagine mal aussi toutes les connaissances générales que j'aurais de moins (la littérature, la philosophie, le chinois, etc.) qui font la force d'une personne. Il existe toute une série d'arguments qui permettent de justifier les bienfaits de l'éducation collégiale dans un contexte où on pense trop «réingénierie» (sic) et où on oublie des concepts essentiels comme «culture», «éducation» et «société».
 
 
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