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    Une campagne publicitaire pour mettre fin au débat sur les cégeps

    4 octobre 2014 | Marie Lambert-Chan - Collaboratrice | Éducation
    Selon le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, on oublie trop souvent que les cégeps jouent un rôle primordial dans toutes les régions du Québec.
    Photo: Cégep Beauce-Appalaches Selon le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, on oublie trop souvent que les cégeps jouent un rôle primordial dans toutes les régions du Québec.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Le débat est pratiquement aussi vieux que l’institution elle-même : encore aujourd’hui, la pertinence des cégeps est remise en question. Cet été, c’étaient les jeunes libéraux qui en réclamaient l’abolition. Au début de l’année 2013, c’était Pierre Moreau qui rouvrait le débat pendant la course à la chefferie du Parti libéral. En 2004, c’étaient les commissions scolaires qui proposaient de faire rayer le réseau collégial de la carte.

     

    La Fédération des cégeps et les directions de ses 48 collèges veulent mettre un point final à cette contestation perpétuelle. « On est rendu là. Le cégep a fait ses preuves », estime le président-directeur général de la Fédération, Jean Beauchesne. Pour illustrer ses arguments, le regroupement a lancé à la mi-septembre une grande campagne publicitaire qui s’étirera sur trois ans, pour culminer avec le 50e anniversaire des cégeps en 2017. Sous la signature toute simple de « CÉGEP » — un peu à l’image des publicités « Le lait » des Producteurs de lait du Québec — la Fédération rappelle l’importance de son modèle d’enseignement supérieur, qui regroupe programmes préuniversitaires et techniques. « On me demande souvent pourquoi on ne fait pas comme le reste du Canada. Je réponds : pourquoi abolir une institution qui réussit ? », souligne celui qui a annoncé récemment qu’il quittera ses fonctions en mars 2015.

     

    Le p.-d.g. s’appuie sur une série de chiffres. Près de 50 % des 18-24 ans ont un diplôme postsecondaire au Québec, ce qui place la province au premier rang au Canada, loin devant l’Ontario (29,9 %) et la Colombie-Britannique (25,5 %). Ce taux augmente sans cesse, de même que le taux de rétention des étudiants, qui est passé de 52 % à 64 % au cours des 15 dernières années. « Notre clientèle évolue. Les étudiants changent de programme plus fréquemment, ils travaillent pendant leurs études, ils veulent s’acheter des biens… Mais, au moins, ils ne décrochent pas ! », observe Jean Beauchesne. Il se crée par ailleurs une certaine émulation entre les étudiants inscrits au parcours préuniversitaire et ceux qui évoluent dans les domaines techniques : environ 30 % des étudiants qui ont un DEC technique en poche poursuivent leurs études à l’université.

     

    Selon Jean Beauchesne, on oublie trop souvent que les cégeps jouent un rôle primordial dans toutes les régions du Québec. « Contrairement aux universités, nous sommes réellement partout, affirme-t-il. Nous sommes un employeur de choix et nous contribuons à la vitalité sociale, économique et culturelle des régions. Notre proximité est à elle seule un avantage incomparable pour les étudiants, car elle favorise leur persévérance, leur réussite et leur maintien dans la collectivité. »

     

    Le modèle a prouvé sa valeur, certes, mais il doit demeurer en phase avec son époque. La formation générale est la même depuis 1993 : quatre cours de français, trois cours de philosophie, trois cours d’éducation physique, deux cours d’anglais et deux cours complémentaires. « Des directeurs d’études me demandent, par exemple, si c’est encore le rôle des cégeps de faire de l’éducation physique. Nos étudiants sont des adultes majeurs. S’ils n’ont pas encore pris en charge leur santé physique, est-ce à nous de le faire ? On doit y réfléchir », reconnaît Jean Beauchesne.

     

    Le p.-d.g. est bien conscient du mécontentement que cela soulève chez les syndicats. Cependant, les astres s’alignent pour que la révision se fasse. Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, y est favorable. La seconde partie du rapport Demers sur l’offre de formation collégiale — une initiative née du Sommet sur l’enseignement supérieur de 2013 — devrait bientôt être connue. La révision du règlement sur le régime d’études collégiales est également sur la table.

     

    Autre défi qui attend le réseau des cégeps : celui du déclin démographique. Les collèges publics devraient faire face à une pénurie de 20 000 étudiants d’ici 2020, quoique les derniers chiffres de la Fédération fassent mentir un peu cette projection. « Depuis deux ans, nous remarquons une légère hausse des inscriptions, un phénomène entre autres attribuable à une augmentation de la diplomation au secondaire, indique Jean Beauchesne. Impossible pour le moment de savoir quelle sera l’ampleur de la pénurie, mais une chose est sûre : il y en aura une. »

     

    C’est pourquoi la Fédération des cégeps élabore déjà une stratégie pour éviter le pire. Elle souhaite d’abord faire doubler le nombre d’étudiants étrangers — environ 3000 présentement — d’ici quatre ans. « Nous voulons les amener à s’inscrire dans les régions où la baisse démographique sera importante, je pense notamment à la Gaspésie et au Saguenay–Lac-Saint-Jean », explique M. Beauchesne.

     

    En collaboration avec ses services d’admission, la Fédération tentera aussi de rediriger vers les cégeps des régions les jeunes qui, faute de résultats scolaires suffisamment élevés, n’auront pu s’inscrire dans un programme contingenté à Montréal ou à Québec. Un site Web qui énumérera les places disponibles dans les divers programmes collégiaux à l’échelle de la province devrait être lancé au cours des prochains mois.













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