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    La tutelle menace la CSDM

    La situation financière de la commission scolaire sera analysée par Québec

    19 septembre 2014 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    En point de presse, le ministre Yves Bolduc a déploré le manque de volonté <em>«évident»</em> de la CSDM et son entêtement à ne pas vouloir faire un budget qui respecte les balises.
    Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir En point de presse, le ministre Yves Bolduc a déploré le manque de volonté «évident» de la CSDM et son entêtement à ne pas vouloir faire un budget qui respecte les balises.

    Québec enverra un vérificateur à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) afin d’avoir la « juste mesure de [sa] situation financière » et n’exclut pas la mise sous tutelle. La CSDM a dit accepter d’ouvrir ses livres, mais se dit toujours incomprise, sous-financée et continue d’exiger un traitement à part en raison de sa situation particulière.

     

    « Je n’ai pas l’impression qu’on nous comprend bien à Québec », a dit la présidente, Catherine Harel-Bourdon, réagissant en point de presse jeudi aux déclarations du ministre de l’Éducation, Yves Bolduc. « Le ministre ne semble pas voir la réalité de notre situation actuelle, qui fait en sorte qu’en coupant 9 millions en 2014-2015 avec les compressions déjà faites, on se retrouve avec d’importantes coupes de programmes et de services aux élèves. »

     

    La CSDM, qui est la plus grosse commission scolaire du Québec avec un budget de près de 1 milliard, a fait valoir sa situation particulière : la moitié des élèves n’ont pas le français comme langue maternelle, 40 % vivent sous le seuil de la pauvreté, le programme pour lutter contre les moisissures dans les écoles, qui ne reçoit aucun financement de Québec, coûte 3 millions et les écoles à mandat régional accueillant les handicapés engendrent des coûts excédentaires de 10 millions. « On a un sous-financement et des besoins accrus », a répété de toutes les manières Mme Harel-Bourdon.

     

    Jusqu’ici, la CSDM est la seule commission scolaire à tenir tête au gouvernement et à refuser d’effectuer la totalité (9 millions) des compressions qui lui sont imposées. Elle a toutefois consenti à faire des économies de 5,4 millions, dont 4 millions par la vente d’immeubles excédentaires, dans une résolution adoptée à la quasi-unanimité lors de la dernière séance du conseil des commissaires mercredi.

     

    Selon le ministre Bolduc, « tout organisme public, à plus forte raison les plus grandes commissions scolaires du Québec, doit participer au redressement des finances publiques », a-t-il soutenu. « Jusqu’à maintenant, c’est la seule commission scolaire qui n’a pas accepté de faire un plan de redressement. On avait accepté un certain niveau de déficit, mais ce qu’on a compris à la suite de la réunion de [mercredi], c’est qu’elle ne soumettait pas de plan de redressement budgétaire. Il y a une obligation de faire plus. »

     

    Mme Harel-Bourdon a répliqué au ministre que sa commission scolaire en est à la troisième année d’un plan de redressement de cinq ans, qui mènera à l’équilibre budgétaire en 2016-2017. Elle a également réitéré son intention de collaborer avec le vérificateur. « On va examiner ce qu’on peut faire. Ce n’est pas certain qu’on va arriver à trouver 9 millions, a-t-elle dit. La pression est très forte sur la CSDM. On est capable d’y faire face, mais là, c’est plus difficile. S’il y a de bonnes idées à Québec, on est vraiment ouverts. »

     

    Un sous-financement réel

     

    Le syndicat des enseignants de la CSDM est d’accord sur le constat : le sous-financement est une réalité. « Rien que pour répondre aux besoins des élèves à risque, il manque 200 postes d’enseignants et de professionnels. Comment peut-on nous demander de couper plus ? » a déclaré Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeurs, qui croit que c’est plutôt d’un « réinvestissement » dont le milieu a besoin. Sur le ton de l’ironie, elle dit avoir bien « hâte » de voir où le ministère de l’Éducation va couper, sans toucher aux services aux élèves.

     

    « On ne peut assurément pas continuer à faire les choses de la même façon », a affirmé pour sa part Hélène Bourdages, la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire. « C’est intéressant qu’il y ait un oeil qui se penche là-dessus et on a offert toute notre collaboration. » Elle souligne toutefois que les compressions, qui ont beaucoup compliqué la tâche des commissions scolaires, doivent cesser.

     

    Lors de sa sortie publique jeudi matin, le ministre de l’Éducation a déploré le manque de volonté « évident » de la CSDM et son entêtement à ne pas vouloir faire un budget qui respecte les balises, et ce, « malgré la main que nous lui avons tendue à maintes reprises », a dit M. Bolduc.

     

    Selon lui, bien que ce ne soit pas l’objectif pour le moment, une mise sous tutelle est possible. « Advenant le cas qu’on n’avait pas satisfaction ou qu’on voyait des éléments qui seraient questionnables [sic], à ce moment-là, il pourrait être envisagé, selon certains éléments trouvés, d’avoir une tutelle », a-t-il déclaré.

     

    Dans le rouge depuis 2008-2009, la CSDM calcule que son déficit pour l’année en cours sera finalement de 24 millions (après les économies auxquelles elle vient de consentir) au lieu de 29. Son déficit accumulé est de plus de 60 millions.

     

     













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