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    Un voyage à l’étranger au coin de la rue

    Fabrice, 11 ans, s’initie à la Chine dans un camp d’été à Québec

    2 septembre 2014 | Isabelle Porter à Québec | Éducation
    Le camp Kuihua accueille des enfants originaires de la Chine, bien sûr, mais de petits Québécois « pure laine » le fréquentent aussi.
    Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le camp Kuihua accueille des enfants originaires de la Chine, bien sûr, mais de petits Québécois « pure laine » le fréquentent aussi.

    Sabrina, 15 ans, et son frère Fabrice, 11 ans, retournent à l’école cet automne avec un bagage bien particulier : la découverte de la Chine et du mandarin. Non, ils ne sont pas partis en voyage, mais leurs parents les ont envoyés au camp d’été Kuihua de Québec.

     

    « Depuis qu’ils sont jeunes, je les envoie dans les camps l’été pour leur faire découvrir de nouvelles choses, pour qu’ils puissent développer de nouvelles passions, explique leur mère, Sylvie Couture. Que ce soit du sport ou de l’art, je trouve que l’été, c’est la bonne période pour essayer des choses. »

     

    Avant de retourner sur les bancs d’école, une quinzaine d’enfants ont participé à ce camp mêlant calligraphie, conversation, broderie et ateliers de cuisine chinoise. Le petit camp d’été chinois Kuihua de Québec attire des enfants adoptés en Chine, mais aussi des petits Québécois dont les parents veulent stimuler la curiosité.

     

    Pour Mario Beaulieu et sa famille, l’endroit est devenu une ressource précieuse. Ses trois filles sont des habituées du camp Kuihua. « Ça doit faire à peu près 15 ans que j’y envoie mes enfants », dit-il. Les trois filles sont âgées de 11, 13 et 16 ans.

     

    « C’est important de montrer aux enfants d’où ils viennent », important qu’ils sachent que la Chine, ce n’est pas seulement un grand pays avec des épisodes de smog qu’on nous montre aux nouvelles, ajoute-t-il. Les bricolages traditionnels les « fascinent » et elles sont particulièrement férues des ateliers de cuisine. « Le camp d’été, ça leur permet de développer de la fierté. »

     

    Le centre Kuihua est situé sur le boulevard Hochelaga, dans l’ancienne ville de Sainte-Foy. Le reste de l’année, on offre des cours de langue pour petits et grands dans ce centre dirigé par Li Ying Zhang, venue s’installer au Québec avec son mari, enseignant en histoire de la Chine à l’Université Laval.

     

    Bien que les Chinois soient l’un des plus grands groupes d’immigration au Québec, une minorité d’entre eux viennent vivre dans la capitale. Au début, Li Ying donnait des ateliers de langue aux Québécois qui adoptaient des enfants en Chine. Puis, peu à peu, l’école a grandi et dispose maintenant de ses propres locaux.

     

    Se préparer pour l’avenir

     

    D’autres parents inscrivent leurs enfants au camp même si ceux-ci sont nés ici et qu’ils n’ont pas de lien particulier avec le pays. Pour Sylvie Couture, c’est une façon de les préparer à l’avenir. Le mandarin, dit-elle, prend « de plus en plus d’espace » et quand ses enfants seront grands, ce sera « vraiment la langue des affaires ».

     

    « Les sites Internet des institutions financières commencent à être traduits en chinois, ajoute-t-elle. C’est comme l’anglais pour nous quand on était jeunes. Dans 30 ans, c’est le chinois qui va les aider dans la vie. »

     

    Au-delà de ces considérations plus rationnelles, ses enfants ont adoré le camp. « Ils sont revenus chaque soir enchantés. Ils comptaient en chinois, ils ont essayé de nous apprendre des mots. »

     

    À tel point que Mme Couture veut que ça se poursuive pendant l’année scolaire. Elle a même l’intention de proposer aux écoles de Fabrice et de Sabrina d’offrir des ateliers du genre pendant l’heure du dîner.

     

    Juan Gomez aussi a envoyé sa fille au camp Kuihua, bien qu’elle soit née au Québec. « Pour nous, c’était par curiosité ; on voulait lui offrir quelque chose de stimulant. Par contre, ma fille a une cousine qui a été adoptée en Chine et elle a toujours été un peu attirée par cette culture. »

     

    La femme de Juan est née ici, alors qu’il a grandi au Mexique avant d’immigrer au Québec il y a quinze ans. Pourquoi ne pas envoyer sa fille dans un camp l’initiant à sa propre culture d’origine ? « Un camp latino ? Parce que ça n’existe pas ! répond-il du tac au tac. Probablement que, si ça existait, on le ferait. »

     

    Il note d’ailleurs que, parmi tous les camps offerts (tennis, ballet, soccer, etc.), peu sont de nature « socioculturelle ». Sur le site de l’Association des camps du Québec, on trouve un seul camp donnant des cours de mandarin à Montréal, le camp Horizon Day. L’espagnol et l’anglais y sont d’ailleurs aussi enseignés. Sinon, la plupart des camps dits culturels sont consacrés spécifiquement à la musique ou à la danse.

     

    Au-delà des apprentissages, le camp permet surtout d’ouvrir les esprits, croit M. Gomez. « Pour moi, c’est une question de valeurs. C’est une façon de montrer à nos enfants que, dans nos sociétés, on n’est pas tous pareils et qu’il faut apprendre à découvrir la diversité, à être curieux. »

    Le camp Kuihua accueille des enfants originaires de la Chine, bien sûr, mais de petits Québécois « pure laine » le fréquentent aussi. Le projet estival de certains enfants à Québec : apprendre à compter et à écrire en mandarin.












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