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L'abolition des cégeps - Le temps ou jamais d'un vrai débat

Marie-Andrée Chouinard   28 novembre 2003  Éducation
En lançant le débat sur la pertinence du réseau collégial au Québec, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) espère que le gouvernement Charest saisira l'occasion au vol pour analyser politiquement «le problème de l'existence des cégeps», négligé par les administrations précédentes.

«C'est difficile de comprendre pourquoi ça n'a pas été abordé», explique André Bédard, l'auteur de Propositions de réorganisation pour améliorer la performance du système d'éducation au Québec, qui suggère un nouveau système d'éducation exempt de cégeps. «Cette problématique est connue depuis 20 ans, elle a été contournée il y a dix ans; c'est comme si on avait eu une certaine réticence à aborder la question de l'organisation des cégeps, pour ne pas dire de l'existence des cégeps. Depuis 20 ans qu'on essaie de régler les problèmes, on tourne autour et on n'y réussit pas.»

Le moment est idéal pour oser le faire, croit André Caron, président de la FCSQ. Le gouvernement actuel cause «réingénierie», les signaux qui indiquent des temps budgétaires difficiles se multiplient du côté du ministère de l'Éducation, plus de la moitié des enseignants des cégeps quitteront leurs fonctions pour la retraite d'ici à 2010, la formation professionnelle et technique traîne la patte...

«Le gouvernement propose de faire de la réingénierie?», lance M. Caron, qui a obtenu l'appui de son conseil général pour aller présenter l'idée au ministre de l'Éducation. «Quand on fait une réingénierie, on ne fait pas juste changer la couleur des murs, on change les pans de mur de place. Dans cette optique, ça nous est apparu le moment opportun pour faire une proposition au gouvernement et alimenter la discussion.»

Interrogée hier sur la viabilité politique d'un tel projet, soigneusement évité lors des états généraux sur l'éducation de 1995, l'équipe de direction de la FCSQ rappelle les propos très récents du premier ministre Jean Charest, qui discutait «changements» avec les militants de la Commission jeunesse de son parti cette fin de semaine, à Val-Morin.

«Le Parti québécois n'a jamais eu le courage de faire les changements dont le Québec avait besoin et le gouvernement libéral, lui, a non seulement le courage, mais il a le mandat de faire les changements», lançait alors le premier ministre, qui a reconnu que son gouvernement était «en train de tout remettre en question».

La FCSQ a surtout retenu des propos de M. Charest ses allusions très claires au forum sur le collégial, que son gouvernement a promis pour le printemps prochain. Il a alors fait allusion aux dépenses en éducation au Québec par rapport au PIB, ce sur quoi l'étude de Denis Bédard s'appuie principalement.

«Au Québec, on est un des endroits où l'on dépense le plus, per capita, dans les dépenses du gouvernement du Québec, sur l'enseignement postsecondaire, affirmait M. Charest. Il faut effectivement se poser la question sur le financement, pour s'assurer qu'on aura les ressources financières pour faire le travail.»

Son acolyte de l'Éducation, Pierre Reid, a aussi parlé de changements aux gestionnaires du réseau collégial à la mi-novembre, un discours qui encourage la FCSQ à penser que le gouvernement actuel n'est pas fermé à écouter ses idées.

Le ministre Reid y évoquait l'intention de son gouvernement de renforcer le rôle des cégeps, en particulier dans les régions, mentionnant au passage le Plan de développement du réseau collégial public présenté par la Fédération des cégeps au début de l'année.

Au sujet du forum sur les cégeps, le ministre croit que «les planètes sont bien alignées». «Dans le contexte de modernisation de l'État québécois, il m'a ainsi semblé opportun de vous convier à un débat de fond sur les cégeps.»

Ce forum demandera à tous des efforts particuliers, prévenait le ministre devant les directeurs généraux des cégeps, «car il y a fort à parier que de solides remises en question seront lancées sur la place publique». [...] «Vous devrez montrer de la détermination, car on ne veut pas changer pour changer, mais aussi montrer beaucoup d'ouverture, car on ne veut pas se priver de changements s'ils permettent aux collèges de jouer pleinement leur rôle moteur dans les prochaines décennies.»

Le président de la FCSQ, André Caron, a évoqué récemment le contenu du document avec le ministre Pierre Reid, qui ne l'avait toutefois pas encore lu. «J'ai reçu je pense un accueil très positif. Il nous a même dit que nous étions audacieux et courageux.»






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  • Denis Robitaille
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2003 09h15
    Modernisation ou retour au Moyen-Âge?
    « "Au sujet du forum sur les cégeps, le ministre croit que «les planètes sont bien alignées». «Dans le contexte de modernisation de l'État québécois, il m'a ainsi semblé opportun de vous convier à un débat de fond sur les cégeps.»"

    Désolé M. le ministre, mais votre choix de mots ne me semble pas faire preuve d'un grande clarté de pensée. Utiliser une métaphore tirée de l'astrologie pour parler de modernisation, ça fait un peu pitié! »

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