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    Débat sur la laïcité: Dalila Awada poursuit Louise Mailloux

    Maux de tête, insomnie, harcèlement, sentiment de dé- prime et d’être constamment sur veillée, la jeune militante Dalila Awada dit avoir subi tout cela et plus encore.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Maux de tête, insomnie, harcèlement, sentiment de dé- prime et d’être constamment sur veillée, la jeune militante Dalila Awada dit avoir subi tout cela et plus encore.

    La militante féministe anti-charte Dalila Awada poursuit pour diffamation deux fervents défenseurs de la laïcité, dont l’ex-candidate du Parti québécois Louise Mailloux, et le site Internet vigile.net. La jeune étudiante en sociologie à l’UQAM, qui a confié son dossier au cabinet Goldwater Dubé, réclame 120 000 $ au total en dommages moraux et punitifs.

     

    D’un côté : Dalila Awada, Québécoise d’origine libanaise, qui prétend avoir fait l’objet de propos haineux, notamment à la suite des émissions Tout le monde en parle et Denis Lévesque auxquelles elle avait participé. Dans des vidéos circulant sur Internet et dans les réseaux sociaux, elle aurait été qualifiée de « midinette du foulard islamique », « émissaire du régime khomeiniste », « visage à double face », « militante embrigadée par nos khomeinistes locaux », liée au grand ayatollah Sistani d’Irak et à l’imam Ali Sbeiti et associée à des personnes qualifiées d’intégristes, selon sa requête.

     

    De l’autre : des personnes qu’elle accuse d’avoir véhiculé, diffusé et relayé ces propos, soit Philippe Magnan, qui signe des billets sur le blogue postedeveille.ca, l’enseignante de philosophie Louise Mailloux, qui s’exprime dans les réseaux sociaux, et la Société des amis de vigile.net, une personne morale qui gère le site du même nom.

     

    « Ces personnes ont tout fait pour remettre en doute mon intégrité. Parce que je suis musulmane, je suis rendue coupable jusqu’à preuve du contraire », a déploré Dalila Awada. « C’est légitime qu’on me contredise et qu’on ne soit pas d’accord, c’est ça un débat démocratique, mais c’est allé trop loin. » Elle dit mener ce combat personnel de façon plus large « pour toutes ces femmes musulmanes qui ont pris la parole » pour exprimer leurs opinions anti-charte.

     

    Maux de tête, insomnie, harcèlement, sentiment de déprime et d’être constamment surveillée, la jeune militante dit avoir subi tout cela et plus encore. Elle dénonce qu’on se soit acharnée sur elle avec de tels propos qu’elle estime « erronés » et « diffamatoires », d’autant qu’elle dit avoir toujours été respectueuse dans le débat sur la charte de la laïcité auquel elle a pris part. « Je mets m’importe qui au défi de trouver n’importe quoi de diffamatoire que j’aurais dit à l’encontre de quelqu’un. Je suis restée dans un débat de haut niveau », croit-elle.

     

    « Djihad juridique »

     

    Louise Mailloux ne mâche pas ses mots pour discréditer cette poursuite. « Les accusations de racisme et de xénophobie [à mon égard] ne suffisent plus, et Dalila Awada a décidé de faire appel aux tribunaux. C’est une façon de m’intimider et de vouloir me réduire au silence », a-t-elle déclaré au Devoir. Au-delà des accusations qui la visent directement, Mme Mailloux, auteure de La laïcité, ça s’impose ! et de Une charte pour la nation, croit que cette poursuite vise plus largement à « remettre en cause le droit à la liberté d’expression, un des fondements de la démocratie ». « Ça remet en cause notre droit de participer à des débats publics et de faire des interventions dans des médias et des réseaux sociaux », a-t-elle souligné.

     

    Elle en veut pour preuve plusieurs poursuites visant ceux qui expriment des idées laïques. « Je pense qu’on peut parler de djihad juridique ». Elle rappelle qu’en décembre 2012, un couple musulman de Québec a poursuivi pour 150 000 $ le journal Les immigrants de la Capitale qui a publié un texte et une photo de la femme portant un niqab et de son époux. Il y a un an, en mai 2013, l’auteure Djemila Benhabib a été poursuivie pour diffamation par une école musulmane de Montréal, qui lui reproche d’avoir tenu des propos offensants à son égard dans le cadre d’une émission de radio. « Il y a la bataille juridique, mais c’est aussi quelque chose d’éminemment politique », croit Mme Mailloux.

     

    Mme Awada soutient que ses démarches ne visent pas à intimider. « Je ne fais pas ça pour intimider ou limiter [la liberté d’]expression des autres. Je fais ça pour protéger ma réputation et par amour de cette liberté d’expression, car je considère que la mienne a été piétinée », a-t-elle dit.













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