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    Explosion du nombre d’élèves à la CSDM

    Il manque 88 classes pour accueillir les nouveaux élèves l’automne prochain

    La rentrée de septembre donne des maux de tête à la Commission scolaire de Montréal, qui fait face à une explosion de son nombre d’élèves. Sur fond d’une pénurie de locaux, d’écoles qui ferment en raison de moisissures et d’un manque d’argent pour rénover ou agrandir, il y aura jusqu’à 1500 nouveaux élèves à la prochaine rentrée, soit presque le double de l’an dernier.

     

    Au total, ce sont plus de 88 classes qu’il faudra ajouter dans les 127 écoles primaires existantes, d’après les plus récentes prévisions. Et ça pourrait être plus, souligne le porte-parole de la CSDM, Alain Perron. « Il peut y avoir des déménagements cet été, et les immigrants continuent d’affluer. »

     

    « C’est sûr que c’est un casse-tête supplémentaire, mais on travaille parallèlement à agrandir nos écoles », a indiqué pour sa part la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon. Elle assure qu’il y aura « de la place pour tout le monde » mais concède qu’il pourrait y avoir, comme à chaque année, des déplacements d’élèves. « Il va aussi falloir limiter les libres-choix », note la présidente, faisant référence à ces élèves qui font le choix de s’inscrire dans une école à l’extérieur de leur zone de résidence. « Notre défi, c’est qu’on a besoin d’une certaine souplesse qu’on n’a pas nécessairement au niveau de notre organisation ».

     

    Boom d’élèves dans Rosemont

     

    L’augmentation de la clientèle primaire est partout. Seules 4 circonscriptions scolaires, sur 21, demeurent stables (notamment le Sud-de-l’Île, comme le Centre-Sud et Ville-Émard). Sous la pression constante du syndicat des enseignants, qui accepte année après des dépassements du ratio prof/élèves moyennant une prime, la CSDM ne peut pas que bourrer les groupes-classes déjà existants avec les nouveaux élèves. De toute façon, beaucoup d’entre eux sont déjà à pleine capacité.

     

    « Chaque fois qu’on pose la question individuellement à un enseignant, il préfère toujours avoir le nombre d’élèves qui respecte le ratio, par exemple 24, plutôt que de dépasser et d’avoir une compensation financière », assure Yves Parenteau, responsable des communications à l’Alliance de Montréal, le syndicat des enseignants.

     

    L’école Le Plateau, qui a un important projet éducatif de musique, a déjà fait les frais de cette surpopulation et de ce manque d’espace. L’école, dont la vocation est d’accueillir des élèves doués en musique provenant des milieux défavorisés, acceptait normalement toujours des élèves d’autres milieux, en libre-choix. Or, cela sera de plus en plus difficile, reconnaît la CSDM.

     

    Après l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, où il n’est plus un secret que les écoles débordent, au tour de Rosemont d’affronter ce problème, où 326 nouveaux élèves se répartiront dans les quelque 15 écoles. Des exemples ? L’école Saint-François-Solano déborde et deux classes d’accueil déménageront à l’école Jean-de-Brébeuf, à quelques rues de là, au grand dam du personnel enseignant. « On doit agrandir par en dedans », explique Alain Perron. En clair, cela veut dire que les locaux réservés aux spécialités — arts plastiques, musique, etc. — serviront plutôt à accueillir des groupes-classes.

     

    Toujours dans Rosemont, l’école Saint-Albert-le-Grand est en attente de financement pour être agrandie. En attendant, les élèves seront logés dans des unités préfabriquées construites cet été. « C’est notre 4e lot de demandes d’agrandissement qu’on fait au ministère », note M. Perron.

     

    Bonne nouvelle, la CSDM a pu mettre la main sur l’école St. Brendan, également dans le même secteur, qui appartenait à son homologue English-Montréal. Des travaux de mise aux normes — le bâtiment a aussi souffert d’infiltration d’eau — ont déjà commencé. Dès septembre, l’école accueillera trois classes de 3e cycle et deux classes d’accueil de niveau préscolaire.

     

    Quant à l’école Sainte-Bibiane, aussi dans Rosemont, elle recevra une classe de maternelle supplémentaire en plus de subir d’importants travaux de plomberie et des analyses de sa maçonnerie, avec le spectre des moisissures qui plane.

     

    Pour désengorger le secteur, Catherine Harel-Bourdon mise sur l’école alternative Le Vitrail, qui partira d’Hochelaga-Maisonneuve pour installer ses pénates rue Boyer, dans Rosemont–La Petite-Patrie. Cette école secondaire, qui va accueillir aussi des élèves du primaire, nécessite toutefois d’importants travaux de mise aux normes, que Québec devra payer, insiste-t-elle. « Si on n’a pas l’aide de Québec pour financer ces rénovations-là, on va devoir le prendre à même notre enveloppe et ça pourrait reporter des travaux importants dans d’autres écoles », avertit Mme Harel-Bourdon.

    ***

    La surpopulation force la cohabitation

    L’école Lambert-Closse, dans le Mile-End, compte plusieurs locaux vacants
    Aussi répandu soit le problème de surpopulation à la CSDM, il ne vise pas tous les établissements. L’école Lambert-Closse, dans le Mile-End à Montréal, a encore plusieurs locaux vacants, mais se montre toutefois réticente à l’idée d’accueillir L’École des possibles, une nouvelle école alternative dans le secteur. 

    Déjà, l’établissement primaire a rejeté la proposition de fusionner le projet éducatif de l’une et de l’autre, comme le proposait la CSDM. Voilà qu’elle ne désire pas non plus la cohabitation. « L’École des possibles veut neuf classes d’ici trois ans. Mais on va les mettre où ? Et leur projet éducatif n’est pas très clair », s’est désolée Prisca Debouard, un parent de l’école Lambert-Closse. « On sent que la CSDM a forcé la chose. » 
    La présidente de la CSDM assure que tous les parents de l’école seront consultés d’ici la fin de l’année scolaire. « On n’impose rien, dit Catherine Harel-Bourdon. Pour septembre, c’est encore le statu quo ».













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