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    Quartier de l’innovation

    McGill et l’ETS seront des acteurs majeurs du développement de Griffintown

    La recherche et la culture ont déjà trouvé place dans ce secteur en cours de revitalisation

    19 avril 2014 | Etienne Plamondon Emond - Collaborateur | Éducation
    C’est entre autres sur le territoire de Griffintown que le Quartier de l’innovation est en train d’être développé.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir C’est entre autres sur le territoire de Griffintown que le Quartier de l’innovation est en train d’être développé.

    Dans les rues de Griffintown et de la Petite Bourgogne, des bannières se hissent ici et là pour rappeler que nous traversons le Quartier de l’innovation. Le concept est loin d’être nouveau : Barcelone et Boston, entre autres, ont déjà le leur. En revanche, rares sont les endroits où les universités prennent le rôle de locomotive dans une telle revitalisation urbaine. Qu’est-ce qui motive les institutions d’enseignement supérieur montréalaises à jouer ce rôle ? Et les chercheurs ? Qu’espèrent-ils en tirer ? Que souhaitent-ils apporter à cette ancienne friche industrielle ?


    Lancé officiellement en mai 2013, le Quartier de l’innovation en est encore à ses balbutiements. L’École de technologie supérieure (ETS), préoccupée par la revitalisation urbaine au sud du boulevard René-Lévesque et à l’ouest de l’autoroute Bonaventure, a approché l’Université McGill pour élaborer ce projet de développement.

     

    Yves Beauchamp, ancien directeur de l’ETS, souhaitait ainsi importer l’idée du quartier 22@Barcelona. Reste qu’à travers le monde, ce sont souvent les acteurs économiques ou municipaux qui pilotent ce genre de démarche à échelle urbaine. Si les universités s’avèrent parfois consultées et impliquées, elles sont rarement les maîtres d’oeuvre, comme le sont actuellement McGill et l’ETS dans un quadrilatère s’étalant sur Griffintown, la Petite Bourgogne, Saint-Henri et Pointe-Saint-Charles. Un organisme sans but lucratif, pour l’instant sans directeur général, aura pour mandat de convaincre d’autres établissements d’enseignement supérieur à monter des projets dans le secteur. Mais quelques chercheurs ont déjà fait le saut.

     

    BioFuelNet Canada s’installe

     

    Si l’ETS était déjà bien implantée dans le milieu, un chercheur de McGill voit désormais les avantages d’y mettre le pied. Donald Smith, professeur à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement à l’Université McGill, a un bureau au campus Macdonald, situé à Sainte-Anne-de-Bellevue. Mais pour le réseau BioFuelNet Canada, dont il est à la tête, il a implanté son siège dans le Carrefour d’innovation INGO, situé sur le site de l’ancienne brasserie Dow.

     

    Pour Donald Smith, il s’agissait d’une place de choix. BioFuelNet réunit 25 établissements d’enseignement supérieur et 74 chercheurs, dont les travaux visent à mettre au point des biocarburants de deuxième ou de troisième génération, soit à base de produits non alimentaires, tels que des algues, des déchets agricoles ou des résidus forestiers. Or, plusieurs groupes pertinents aux yeux du réseau sont installés autour du Quartier de l’innovation. « Nos bureaux sont à environ cinq minutes de marche des bureaux de sociétés en capital de risque directement impliquées dans le financement des énergies renouvelables. Il y a aussi [la grappe des technologies propres] Écotech Québec, qui n’est pas très loin », remarque Donald Smith.

     

    Lorsqu’on lui demande le rôle qu’il croit pouvoir jouer pour le quartier, il admet ne pas avoir réfléchi auparavant à la question. Mais comme les projets de BioFuelNet Canada se font surtout avec des partenaires industriels, il soutient qu’il reçoit la visite de certains présidents-directeurs généraux enthousiastes et qu’il ne serait pas surpris d’en voir certains parmi eux s’installer bientôt dans les alentours.

     

    McGill, l’ETS et la PME

     

    L’une des questions abordées dans les plans à long terme de McGill dans le Quartier de l’innovation consiste à trouver « comment faire plus de collaboration en recherche, de contrats de recherche ou de transferts de technologie entre les universités et les entreprises, mais surtout avec les petites et moyennes entreprises [PME] », explique Isabelle Péan, directrice de projets de l’Université McGill pour le Quartier de l’innovation.

     

    Les PME semblent aussi une préoccupation pour les chercheurs de l’ETS dans leur implication au sein du Quartier de l’innovation. Hany Moustapha, professeur et directeur du programme aérospatial de l’ETS (AEROETS), pilote le Réseau de laboratoires en aérospatiale, fruit d’une collaboration dans le domaine entre l’ETS et McGill. Il a lui aussi les PME dans sa mire.

     

    « Dans les bâtiments INGO, il y aura des PME qui vont s’installer. Il y en a qu’on essaie d’attirer, dont certaines dans le domaine aérospatial,remarque-t-il. Ces PME vont avoir une valeur pour nous. Puisque nous sommes des institutions académiques, elles vont probablement collaborer avec nous et embaucher des étudiants. Elles vont utiliser nos installations s’ils travaillent dans le domaine expérimental et les essais avioniques. »

     

    Impliqué dans les relations avec les industries, M. Moustapha désire convaincre des PME du Québec, mais aussi de l’étranger, de prendre pignon sur rue près d’eux. Or, il croit que la proximité du centre-ville constitue à cet effet un argument de poids pour attirer les PME d’autres pays.

     

    Collaboration avec les habitants

     

    « Évidemment, il y a tout le volet lié au développement économique et au rayonnement de Montréal, mais le Quartier de l’innovation, c’est aussi d’offrir une espèce de laboratoire vivant à nos étudiants et à nos professeurs pour pouvoir résoudre des problèmes dans le quartier », précise Isabelle Péan.

     

    L’innovation sociale y sera entre autres explorée. Un portrait socioéconomique du Sud-Ouest est en chantier pour éventuellement déterminer des projets de recherche- action qui répondraient aux besoins de la collectivité. L’économie sociale devrait d’ailleurs occuper une place importante dans les démarches mises de l’avant.

     

    Un laboratoire pour la culture

     

    McGill cherche aussi à stimuler le potentiel culturel de Griffintown, dont la scène artistique en ébullition demeure pourtant peu visible pour l’instant.

     

    Will Straw, professeur au Département d’histoire de l’art et des communications de l’Université McGill, y a démarré le laboratoire de culture urbaine. « Mon intérêt, c’était que si McGill voulait faire quelque chose là-bas, il fallait à mon avis qu’elle tienne compte de tout ce qui se passe du côté des arts visuels et de la culture underground », raconte M. Straw.

     

    Avec des étudiants, il a réalisé une étude afin de cibler ce qui aiderait Griffintown à devenir un pôle artistique notable. « Ce qui ressortait, c’était d’avoir un genre de YMCA de la culture », indique Isabelle Péan.

     

    En partenariat avec la firme de gestion immobilière QuoVadis, le laboratoire de culture urbaine a d’ailleurs trouvé sa vitrine : l’ancienne église Saint-Joseph, rebaptisée Salon 1861, sise sur la rue Richmond. La Faculté d’urbanisme est aussi mise à contribution dans la reconversion de ce lieu de culte en un carrefour culturel.

     

    À l’intérieur, on planifie d’accueillir des ateliers d’artistes et des organismes communautaires, ainsi que d’organiser des expositions et des événements liés à une programmation artistique. « On aimerait travailler avec les gens du quartier, mais on ne veut pas les traiter comme des rats de laboratoire, insiste Will Straw. Je pense que le laboratoire de culture urbaine sera un lieu de rencontre avec les chercheurs de McGill, les étudiants de McGill et les gens du quartier. »

     













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