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    Université Bishop’s

    Le climat aussi a un passé!

    Les données géologiques et les preuves biologiques sont des indicateurs naturels

    19 avril 2014 | Jacinthe Leblanc - Collaboratrice | Éducation
    Une des façons d’en apprendre sur le passé d’un écosystème est la technique des anneaux de croissance des arbres, qui permet de mesurer la taille des anneaux et de les comparer à des données climatiques, explique le chercheur Matthew Peros.
    Photo: Renaud Philippe - Le Devoir Une des façons d’en apprendre sur le passé d’un écosystème est la technique des anneaux de croissance des arbres, qui permet de mesurer la taille des anneaux et de les comparer à des données climatiques, explique le chercheur Matthew Peros.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Étudier les changements climatiques et environnementaux en observant le passé à des centaines, voire des milliers d’années d’aujourd’hui, afin de mieux comprendre les impacts actuels de l’être humain sur les changements climatiques. Voilà ce que la Chaire de recherche du Canada sur les changements climatiques et environnementaux de l’Université Bishop’s tente d’accomplir.


    En comprenant comment différentes espèces ont réagi et se sont adaptées aux modifications de leur environnement, l’équipe de Matthew Peros vise à améliorer nos connaissances dans ce domaine, à « trouver des tendances et à examiner des relations existantes ». Avec un tout nouveau laboratoire, trois projets principaux sont en cours au sein de la Chaire de recherche du Canada sur les changements climatiques et environnementaux.

     

    Un climat changeant

     

    Professeur agrégé au Département d’études environnementales et de géographie à l’Université Bishop’s, Matthew Peros est le titulaire de cette chaire qui existe depuis 2011. L’idée générale, explique-t-il, est de se pencher sur « comment le climat et l’environnement se modifient avec le temps, soit par la quantité de changement et par la rapidité de ces changements ».

     

    Mais pour arriver à réellement comprendre l’évolution et les changements des systèmes naturels, « nous avons besoin de documents remontant à des centaines, voire des milliers d’années dans le passé. Alors, ce que je fais, c’est que j’utilise principalement des indicateurs naturels [comme] des données géologiques et des preuves biologiques. » En sachant comment certaines espèces ou certains systèmes s’adaptent avec les modifications du climat et de l’environnement, il est possible de tirer les grandes lignes sur ce qui nous attend pour l’avenir.

     

    Il ne s’agit toutefois pas de prédictions, précise le professeur, mais plutôt de trouver des tendances lourdes. Il donne un exemple : « Nous pourrions regarder comment la végétation a répondu à des conditions climatiques plus chaudes par le passé. Cela peut nous aider à comprendre comment les écosystèmes actuels peuvent répondre au réchauffement de la planète. » Le passé, rempli de leçons, peut ainsi servir de guide en matière d’adaptation et de réactions quant aux modifications du climat et de l’environnement.

     

    Grâce à un nouveau laboratoire à la fine pointe de la technologie, l’équipe de Matthew Peros utilise deux techniques qui lui permettent de regarder comment les écosystèmes étaient dans le passé et comment ils ont réagi relativement à différents changements de température. D’abord, la technique des anneaux de croissance des arbres permet, à partir d’un échantillon d’un arbre d’aujourd’hui, de « mesurer la taille des anneaux et de les comparer à des données climatiques, mentionne M. Peros. Cela nous permet de comprendre comment les arbres répondent aux différentes conditions climatiques. »

     

    Ensuite, avec les années, les lacs accumulent des sédiments, et c’est la deuxième stratégie utilisée par le professeur Peros. « Ces sédiments reflètent ce que les conditions environnementales étaient dans la région du lac à un certain temps dans le passé », explique-t-il. Par l’observation des microfossiles sur les sédiments recueillis en forant dans un lac, la végétation et autres organismes en disent long sur l’environnement dans lequel ils ont évolué.

     

    Trois projets en cours

     

    Les projets de la Chaire de recherche du Canada sur les changements climatiques et environnementaux se concentrent principalement en territoire québécois, particulièrement dans les Cantons de l’Est, mais aussi dans les provinces maritimes. Trois principaux projets menés par l’équipe du professeur ont cours.

     

    Sur le site du mont Mégantic, un premier projet consiste à observer « comment l’érable à sucre répond aux changements climatiques et à d’autres facteurs » par la technique des anneaux de croissance des arbres. Le travail est effectué par un étudiant à la maîtrise, supervisé conjointement par M. Peros et un professeur de l’Université Sherbrooke.

     

    Le second projet porte sur la restauration d’une tourbière non loin de l’Université Bishop. « Au cours des 50 dernières années, il y a eu beaucoup d’impacts par les humains,explique Matthew Peros. [La partie est de la tourbière de Johnville] a été drainée et fortement modifiée. » Des travaux sont en cours pour la restaurer. L’équipe du professeur, en récoltant des sédiments de la tourbière, tente de découvrir à quoi elle ressemblait il y a très longtemps. « On espère que nos résultats serviront de base pour les efforts de restauration », souligne-t-il.

     

    Finalement, le dernier projet majeur est quelque peu différent. Celui-ci a lieu à l’extérieur du territoire estrien, soit à l’Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse. Par l’analyse de sédiments provenant des littoraux, « nous pouvons trouver des évidences géologiques des ouragans passés datant de milliers d’années. Nous essayons donc de voir si la variabilité des ouragans a changé avec le temps. Si oui, quelles en sont les causes ? », précise le titulaire de la chaire. Ce sujet d’actualité aborde des questions légitimes. Avec les modifications climatiques, les ouragans seront-ils plus fréquents ? M. Peros espère que ce projet apportera des éclaircissements.

     

    Encore à ses débuts, la Chaire de recherche du Canada sur les changements climatiques et environnementaux est somme toute utile par les contributions qu’elle pourra apporter dans le domaine des changements climatiques. Matthew Peros a bon espoir que les résultats des projets de la chaire qu’il dirige aillent dans le sens des résultats du second volet du cinquième rapport du GIEC paru à la fin mars. Ceux-ci, rappelons-le, prévoient d’importantes conséquences environnementales, dont une augmentation des empératures et des phénomènes climatiques extrêmes, une baisse des niveaux d’eau douce et l’extinction de nombreuses espèces. Le rapport prévoit également des conséquences sociales comme une hausse de la pauvreté, des conflits et des problèmes sanitaires, ainsi qu’une intensification de l’insécurité alimentaire, principalement pour les pays du Sud.













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