«La philo comme il faut» - Travail d'équipe
Pour les adolescents passant du secondaire au collégial, la philosophie, matière obligatoire, apparaît souvent comme rebutante, sinon inutile. C'est particulièrement vrai pour ceux et celles qui s'inscrivent dans le secteur technique et professionnel. Pour changer cette vision négative, au Cégep du Vieux-Montréal, le département de philosophie a mis sur pied une stratégie pédagogique appelée «La philo comme il faut». Et ça fonctionne!
René Dansereau est coordonnateur du département de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal. «Les étudiants du secteur technique et professionnel constituent les deux tiers de la clientèle de notre cégep, précise-t-il. Or, on y trouve un faible niveau de "diplômation", parce qu'ils échouent les cours de formation générale. C'est pourquoi, dans le cadre des "Projets d'aide à la réussite" du ministère de l'Éducation, nous avons créé "La philo comme il faut", un projet éducatif, mais aussi humaniste, dans le sens où il est axé sur le développement du plein potentiel de la personne sur les plans politique, culturel et affectif. Nous voulons réaffirmer la dignité de la personne plutôt que son instrumentalité, même si les savoirs théoriques peuvent servir à la vie professionnelle.»
Des cours adaptés
«La philo comme il faut» vise des programmes déjà ciblés par le ministère de l'Éducation: informatique, soins infirmiers, génie électrique, techniques d'éducation à l'enfance, techniques administratives, etc. «Pour les cours de philosophie, explique M. Dansereau, nous avons placé les étudiants de ces programmes en groupes homogènes et réduits, ce qui atténue le choc de la transition du secondaire au collégial et facilite l'encadrement. Les professeurs savent davantage à qui ils ont affaire et peuvent se concerter plus facilement avec les professeurs de concentration. Ils deviennent en quelque sorte spécialistes de leur clientèle. Cela demande un engagement certain de leur part puisqu'ils doivent développer des approches psychologiques spécifiques et qu'ils peuvent être confrontés à un esprit de clan qui n'existait pas dans les groupes atomisés.»
«La philo comme il faut», c'est aussi un «work in progress» qui donne lieu à un processus d'adaptation pédagogique considérable, sans pourtant diluer le contenu. Par rapport au secteur pré-universitaire, la formation mise davantage sur le travail en équipe. En «Histoire de la rationalité», les étudiants lisent d'abord des textes qui ne sont pas d'emblée philosophiques, une lettre d'opinion sur la peine de mort par exemple. Ils développent le sens de la rigueur dans leur argumentation. On les amène graduellement au corpus plus strictement philosophique.
Depuis 2001, la stratégie s'applique également au second cours, «Les conceptions de l'être humain». Les mêmes groupes d'étudiants retrouvent les mêmes professeurs. Au troisième et dernier cours, les étudiants retournent à l'enseignement standard, où leurs résultats sont similaires à ceux obtenus dans le secteur pré-universitaire.
Le programme, en bonne partie élaboré par Raymond-Robert Tremblay, aujourd'hui coordonnateur de l'enseignement pré-universitaire au Cégep du Vieux-Montréal, a fait ses preuves. «En 1999, avant le début de l'expérience, de dire M. Dansereau, le taux de réussite des étudiants de génie électrique ne dépassait pas 50 %. À l'hiver 2003, il était de 85 % et on s'en va aujourd'hui vers les 90 %. Notre projet pédagogique a amélioré l'image de la philosophie chez les étudiants, mais aussi chez les professeurs des concentrations techniques et professionnelles, qui ignorent souvent ce qu'on fait. Notre expérience est consultée et sollicitée par les comités d'enseignants de philosophie.»
René Dansereau est coordonnateur du département de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal. «Les étudiants du secteur technique et professionnel constituent les deux tiers de la clientèle de notre cégep, précise-t-il. Or, on y trouve un faible niveau de "diplômation", parce qu'ils échouent les cours de formation générale. C'est pourquoi, dans le cadre des "Projets d'aide à la réussite" du ministère de l'Éducation, nous avons créé "La philo comme il faut", un projet éducatif, mais aussi humaniste, dans le sens où il est axé sur le développement du plein potentiel de la personne sur les plans politique, culturel et affectif. Nous voulons réaffirmer la dignité de la personne plutôt que son instrumentalité, même si les savoirs théoriques peuvent servir à la vie professionnelle.»
Des cours adaptés
«La philo comme il faut» vise des programmes déjà ciblés par le ministère de l'Éducation: informatique, soins infirmiers, génie électrique, techniques d'éducation à l'enfance, techniques administratives, etc. «Pour les cours de philosophie, explique M. Dansereau, nous avons placé les étudiants de ces programmes en groupes homogènes et réduits, ce qui atténue le choc de la transition du secondaire au collégial et facilite l'encadrement. Les professeurs savent davantage à qui ils ont affaire et peuvent se concerter plus facilement avec les professeurs de concentration. Ils deviennent en quelque sorte spécialistes de leur clientèle. Cela demande un engagement certain de leur part puisqu'ils doivent développer des approches psychologiques spécifiques et qu'ils peuvent être confrontés à un esprit de clan qui n'existait pas dans les groupes atomisés.»
«La philo comme il faut», c'est aussi un «work in progress» qui donne lieu à un processus d'adaptation pédagogique considérable, sans pourtant diluer le contenu. Par rapport au secteur pré-universitaire, la formation mise davantage sur le travail en équipe. En «Histoire de la rationalité», les étudiants lisent d'abord des textes qui ne sont pas d'emblée philosophiques, une lettre d'opinion sur la peine de mort par exemple. Ils développent le sens de la rigueur dans leur argumentation. On les amène graduellement au corpus plus strictement philosophique.
Depuis 2001, la stratégie s'applique également au second cours, «Les conceptions de l'être humain». Les mêmes groupes d'étudiants retrouvent les mêmes professeurs. Au troisième et dernier cours, les étudiants retournent à l'enseignement standard, où leurs résultats sont similaires à ceux obtenus dans le secteur pré-universitaire.
Le programme, en bonne partie élaboré par Raymond-Robert Tremblay, aujourd'hui coordonnateur de l'enseignement pré-universitaire au Cégep du Vieux-Montréal, a fait ses preuves. «En 1999, avant le début de l'expérience, de dire M. Dansereau, le taux de réussite des étudiants de génie électrique ne dépassait pas 50 %. À l'hiver 2003, il était de 85 % et on s'en va aujourd'hui vers les 90 %. Notre projet pédagogique a amélioré l'image de la philosophie chez les étudiants, mais aussi chez les professeurs des concentrations techniques et professionnelles, qui ignorent souvent ce qu'on fait. Notre expérience est consultée et sollicitée par les comités d'enseignants de philosophie.»
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