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    Université Concordia

    À la recherche d’un compromis pour harmoniser développement durable et croissance économique

    La SIPC offre une formation unique en investissement durable

    15 mars 2014 |Claude Lafleur | Éducation
    L’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia offre depuis septembre 2011 une certification en placement durable qui comporte six modules traitant des notions de base.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia offre depuis septembre 2011 une certification en placement durable qui comporte six modules traitant des notions de base.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Le monde de la finance évolue. Ainsi, il devient de plus en plus rentable, pour ne pas dire vital, d’investir dans l’économie de façon à favoriser le développement durable. Il ne faut donc pas se surprendre de constater que l’Université Concordia ait mis en place un programme d’agrément pour professionnels en placement durable. Une initiative de l’École de gestion John-Molson.


    « Nous voyons tous les jours les effets de nos activités sur l’environnement, déclare Julie Ricard, MBA. En même temps, la croissance économique est très importante pour nos communautés. Par conséquent, il nous faut trouver un compromis afin d’harmoniser développement durable et croissance économique. » Mme Ricard est chef de service au Centre de perfectionnement de l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia.

     

    Ce centre offre l’un des très rares programmes d’agrément pour professionnels en placement durable. Il s’agit de la Sustainable Investment Professional Certification, ou SIPC, une formation de 90 heures s’adressant aux professionnels de la finance.

     

    Bien saisir le développement durable

     

    La SIPC a été créée par un groupe de professionnels québécois en finance et en environnement qui se désole de voir que, lorsqu’on étudie dans ce domaine, il y a généralement peu ou pas de formation en investissement durable. Pour la plupart des professionnels en investissement, relate Julie Ricard, ce n’est qu’avec l’expérience, après des années de pratique, qu’on développe un savoir-faire en investissement durable.

     

    Or, l’École de gestion John-Molson offre depuis septembre 2011 une certification en placement durable qui comporte six modules traitant des notions de base touchant le développement durable, la gouvernance, l’éthique, les enjeux sociaux, les questions de l’environnement et, enfin, les placements durables.

     

    « Vous noterez que la plupart de ces modules ne traitent pas d’investissement, souligne Mme Ricard,mais portent sur des notions qu’on n’apprend justement pas normalement, à savoir les notions nécessaires pour comprendre comment analyser un investissement en fonction du développement durable. »

     

    La certification SIPC a été conçue par des professionnels spécialisés en finance et en développement durable qui ont fondé en 2011 l’Initiative pour la finance durable (IFD), soucieux qu’ils sont de la transformation du modèle d’affaires actuel. « Ces professionnels militent pour la transformation des pratiques traditionnelles en affaires, résume Julie Ricard,en faisant la promotion des investissements durables plutôt que de la finance au sens traditionnel. »

     

    L’IFD, comme organisme à but non lucratif, considère en effet que les entreprises qui investissent de façon durable diminuent d’autant leurs risques et qu’elles sont plus rentables à long terme. En outre, la finance socialement responsable étant peu développée — surtout en Amérique du Nord —, l’IFD souhaite faire de Montréal un véritable centre spécialisé en investissement durable.

     

    De la sorte, et de concert avec l’École de gestion John-Molson, l’IFD a mis sur pied le programme d’agrément pour professionnels en placements durables SIPC. Mme Ricard rapporte que lorsque cet organisme a voulu développer cette certification, elle a approché les universités québécoises, mais c’est Concordia qui a montré le plus d’intérêt.

     

    Outre les connaissances de base qu’elle procure, la certification SIPC atteste que le professionnel en investissement a acquis un bagage de connaissances crédibles et validées par l’industrie, souligne Mme Ricard, « puisque celles-ci ont justement été développées par les gens de l’industrie. Voilà qui intéressera toute organisation à la recherche de spécialistes véritablement qualifiés en investissement durable. »

     

    Québec, leader en investissement durable

     

    Cette formation, qui coûte 1650 $, s’adresse avant tout aux professionnels de la finance, des investissements ou des affaires. « Bien sûr, nous avons des critères de base,explique la chef de service chargée d’administrer la SIPC. Entre autres, on préfère que les candidats aient au moins un baccalauréat en administration des affaires afin de bien maîtriser la base des affaires. Toutefois, si quelqu’un a beaucoup d’expérience dans le domaine ou s’il a de bonnes raisons de vouloir suivre la formation, nous examinons ses intérêts… Nous voulons avant tout nous assurer que toute personne qui s’inscrit à notre certificat a ce qu’il faut pour le réussir. »

     

    La formation donnée comporte surtout des lectures, mais également plusieurs webinaires, des échanges entre le professeur et les étudiants par l’entremise d’Internet. Au terme de chacun des six modules, l’étudiant doit compléter un devoir qui démontre qu’il a bien saisi les concepts. Il n’y a toutefois ni examen final ni besoin d’assister à une réunion à Concordia, puisque tout se fait à distance.

     

    « On a mis au point une formule très flexible afin d’accommoder les gens d’affaires, indique Julie Ricard. Au départ, on avait estimé que notre programme demandait environ 90 heures d’études, mais nous constatons que certains ont besoin de 120 heures… »

     

    Selon elle, il s’agit de l’une des très rares, sinon même de la seule certification du genre offerte en formation à distance. « À notre connaissance, il n’y a pas d’autre programme aussi élaboré que le nôtre et se donnant en ligne », dit-elle.

     

    Par conséquent, ceux et celles qui l’ont suivi proviennent d’un peu partout sur la planète. Il y a bien sûr beaucoup de Québécois, relate la chef de service, mais également beaucoup d’Européens et d’Australiens — davantage même que d’étudiants en provenance du Canada et des États-Unis.

     

    Pourquoi ? Ça pourrait s’expliquer, estime Mme Ricard, par le fait que l’Europe, l’Australie et le Québec sont « beaucoup plus sensibles à l’idée de l’investissement durable et socialement responsable. Je pense que l’Europe et l’Australie sont plus avancées que les États-Unis en ce domaine et qu’on est plus sensibles au Québec que dans le reste du Canada. »

     

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