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    Université Laval

    Faire rayonner le savoir-faire québécois en photonique

    «On doit toujours chercher à contribuer au PIB du pays où on est»

    22 février 2014 |Claude Lafleur | Éducation
    L’équipe de Younès Massaddeq met au point des types de fibres optiques faites de verres aux propriétés spécifiques.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Bertrand Langlois L’équipe de Younès Massaddeq met au point des types de fibres optiques faites de verres aux propriétés spécifiques.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Pour Younès Messaddeq, professeur à l’Université Laval et expert en photonique, la recherche universitaire de pointe doit servir non seulement à « enrichir l’économie d’un pays », mais également à favoriser l’essor des entreprises tout en stimulant la coopération internationale.


    Spécialiste de renommée mondiale qui a justement été recruté par l’Université Laval afin d’instituer une chaire d’excellence du Canada en recherche sur l’innovation en photonique dans le domaine de l’information et des communications, Younès Messaddeq sait de quoi il parle lorsqu’il est question du développement économique et de la coopération industrielle et internationale.

     

    D’origine marocaine, Younès Messaddeq a effectué ses études en France, où il a obtenu, en 1990, un doctorat en chimie de l’état solide. Puis, iI a parfait sa formation au Brésil et au Japon, avant de diriger un laboratoire de recherche brésilien sur les verres et les fibres optiques. « C’est là que j’ai entamé ma carrière de chercheur, dit-il. J’y ai établi de nombreux partenariats avec la France, l’Allemagne et les États-Unis et, chaque année, j’ai passé un ou deux mois à l’étranger afin de demeurer à la fine pointe de mon domaine. » Enfin, il y a quatre ans, l’Université Laval l’a convié à mettre sur pied la Chaire d’excellence en photonique.

     

    Le chercheur possède toujours son passeport brésilien — pays où il retourne régulièrement — et parle quatre langues (l’arabe, le français, le portugais et l’anglais). Et surtout, peut-être, il a sans cesse à l’esprit l’idée que ses travaux doivent servir au développement économique.

     

    « Au doctorat, mon titulaire de recherche m’a incité à faire en sorte que mes travaux soient toujours orientés vers les transferts technologiques, raconte-t-il. Je me dis donc qu’on doit toujours chercher à contribuer au PIB du pays où on est. »

     

    À la vitesse de la lumière

     

    Voilà d’ailleurs précisément l’esprit qui anime sa chaire d’excellence en photonique : faire du Québec un leader mondial dans ce domaine. « Tandis que l’électronique utilise l’électron pour transmettre et recevoir des informations, explique le chercheur, la photonique, elle, utilise le photon. La photonique peut ainsi accomplir les mêmes tâches que l’électronique, sauf qu’elle le fait à la vitesse de la lumière ! Et elle est capable de plus encore. »

     

    Il précise en outre que la base de tout système de communication photonique, ce sont les fibres optiques fabriquées à partir du verre. « Comment donc être un leader dans ce domaine si on n’a pas un laboratoire pour développer ces matériaux de base ?, demande-t-il. C’est donc l’idée à la base de la chaire. »

     

    Fibres optiques uniques

     

    C’est dire que, depuis 2010, Younès Messaddeq a constitué une structure unique au Canada dans la préparation de verres ayant des applications spécifiques. « On travaille sur des matériaux applicables à des domaines aussi variés que la santé, l’énergie, l’agriculture et l’environnement », dit-il.

     

    Il cite, entre autres, l’exemple d’un système capable d’analyser instantanément les sols. « En agriculture, si on veut connaître les nutriments présents dans le sol, il faut procéder à des prélèvements, puis les faire analyser, et on obtient les résultats 15 jours plus tard, dit-il. Nous, nous avons développé un système qui permettra de détecter sur place les nutriments dans le sol et qui affichera l’information sur un téléphone cellulaire ! »

     

    Concrètement, son équipe met au point des fibres optiques faites de verres aux propriétés spécifiques. « Imaginez qu’on puisse avoir des fibres optiques qui nous permettraient de recueillir beaucoup d’information sur les tissus humains ou sur les composés organiques, dit-il. Voilà qui offrirait une foule d’applications en santé, en agriculture, en environnement… On travaille donc sur des technologies de pointe qui ont un impact économique pour le pays. »

     

    Internationalisation

     

    L’équipe de Younès Messaddeq entretient des liens privilégiés avec le Brésil. Ainsi, le printemps dernier, il a établi un laboratoire conjoint Québec-Brésil. « C’est la première fois que le Brésil fait une telle chose, dit-il fièrement. Il s’agit d’une unité internationale mixte, située à l’Université Laval, dans laquelle collaboreront des chercheurs et des étudiants brésiliens et québécois pour réaliser des projets intéressant les deux pays. »

     

    Voilà qui ouvre des perspectives extraordinaires, relate le chercheur, puisque, « au Canada, nous ne sommes que 35 millions de personnes… alors qu’ils sont 215 millions au Brésil ! Il y a donc une quantité de transferts qu’on peut faire avec eux, dans des domaines comme la santé, l’énergie, l’agriculture, l’industrie minière, etc. »

     

    Comme il l’avait fait à l’époque au Brésil, M. Messaddeq tisse en outre de nombreux liens avec la France, l’Allemagne et les États-Unis. Entre autres, son équipe fait partie du prestigieux consortium international qui cherche à développer un verre flexible, fonctionnel et ultramince. « Il s’agit d’un programme international financé par les États-Unis qui rassemble les meilleurs chercheurs dans le domaine, et nous, nous faisons partie de ce projet ! », souligne-t-il fièrement.

     

    En moins de quatre années, M. Messaddeq constate que son équipe progresse avec une étonnante rapidité. « Tout le monde nous dit qu’on a été très rapide pour s’installer, très rapide pour tisser des collaborations et très rapide pour répondre à des problèmes que nous ont soumis certaines entreprises… »

     

    Cette rapidité, dit-il, il la doit au fait qu’il trouve au Québec toutes les compétences dont il peut rêver.
    « Les gens d’ici sont de très haut calibre, constate-t-il, ce qui me permet de faire les choses très rapidement. » Il observe aussi que « la formation est très bonne, puisque les profs ont à coeur la formation des étudiants — ce qui commence à se perdre dans d’autres pays ».

     

    « Et, disons-nous-le bien franchement, en matière d’optique photonique, ici à Québec c’est le top au monde ! On peut vraiment l’affirmer sans hésiter ! »

     

    Collaborateur













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