Dérive vers l’anglais à l’UdeM?

De l'avis de Vincent Blais-Fortin, de plus en plus d’enseignants qui avaient à coeur le français ont abandonné la lutte, d’autres militent carrément pour le libre-choix.
Photo: François Pesant - Le Devoir De l'avis de Vincent Blais-Fortin, de plus en plus d’enseignants qui avaient à coeur le français ont abandonné la lutte, d’autres militent carrément pour le libre-choix.

Des étudiants dénoncent l’anglicisation galopante à l’Université de Montréal et le laxisme dans l’application de la Politique linguistique qui consacre pourtant la prédominance du français. Selon eux, les règles encadrant la langue d’enseignement, la diffusion du matériel pédagogique et la remise des travaux sont trop librement interprétées par les professeurs.

 

« Au début de mon baccalauréat, dans un de mes cours, une de mes profs avait dit que le travail qu’on devait faire pouvait être remis en anglais ou en français, au choix », raconte Vincent Blais-Fortin, étudiant à l’Université de Montréal, qui signe une lettre déplorant ce « laisser-aller » dans le mensuel étudiant Le Pigeon dissident, reprise dans notre page éditoriale. « Depuis le début, j’ai l’impression que c’est laissé au libre arbitre de l’enseignant d’appliquer ou non la politique linguistique ».

 

M. Blais-Fortin, qui est étudiant en 3e année au baccalauréat en droit et vice-président de l’Association des jeunes péquistes de l’UdeM, ne peut toutefois confirmer combien d’étudiants ont effectivement remis des travaux dans une autre langue que le français. Mais à son avis, de plus en plus d’enseignants qui avaient pourtant à coeur le français ont abandonné la lutte, d’autres militent carrément pour le libre-choix. Adoptée en 2001, la Politique linguistique de l’UdeM statue que « sous réserve des dispositions particulières applicables », les examens sont passés en français et les travaux, mémoires et thèses sont rédigés dans cette même langue.

 

Étudiante au baccalauréat sciences politiques et en droit, Catherine Fournier a aussi remarqué que certains enseignants laissaient le choix à l’étudiant de la langue de rédaction des travaux. « L’enseignant a dit à toute la classe “ faites ce que vous voulez. ” Comme si l’université était bilingue. » Selon l’étudiante de 2e année, cette banalisation livre un mauvais message aux étudiants étrangers qui ont fait le choix d’une université francophone. « Ils vont penser que le français n’est pas si important que ça. »

 

Mme Fournier, qui est à la tête du Mouvement des étudiants souverainistes, dénonce aussi la place grandissante qu’occupe l’anglais dans les bibliographies des plans de cours des professeurs. À sa dernière session, sur cinq cours, trois présentaient des ouvrages exclusivement en anglais. La Politique linguistique stipule pourtant que le matériel pédagogique doit être en français « dans la mesure du possible », à moins qu’il n’existe aucun équivalent de qualité dans cette langue. « Tout particulièrement au premier cycle », l’usage du français doit être favorisé. « J’ai de la difficulté à croire qu’il n’y avait pas un seul livre en français pour parler des systèmes électoraux », note Mme Fournier.


Politique à géométrie variable

 

Le doyen de la Faculté de droit de l’Université de Montréal, Guy Lefebvre, reconnaît que l’application de la politique peut être à géométrie variable. C’est pourquoi les membres de sa faculté ont décidé de se doter d’un guide d’application de la Politique linguistique, une tâche sur laquelle planche actuellement le vice-doyen. « Dans un bureau de doyen, on ne voit pas tous les documents qui sont remis aux étudiants, on ne sait pas tout ce que font les profs. Ils peuvent de bonne foi accorder une permission, mais maintenant on aura des règles claires et précises, connues de tous », a-t-il insisté. « On veut déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Est-ce qu’un prof dans son bureau a le pouvoir de dire qu’il accepte telle ou telle chose ? Le règlement dit qu’on peut faire des mesures d’accommodements pour les étudiants, mais ça va jusqu’où ? »

 

Environ 50 % des étudiants à la maîtrise et au doctorat en droit viennent de l’étranger, a-t-il ajouté. Et 5 % d’entre eux rédigent leur thèse ou mémoire en anglais. Au premier cycle, toutefois, le français prédomine, assure-t-il. Et il revient au doyen de chaque faculté de décider des arrangements qu’il fait avec ses étudiants qui ne maîtrisent pas le français de prime abord.

 

En haut lieu, c’est le vice-rectorat aux relations internationales, à la Francophonie et aux partenariats institutionnels qui est chargé de veiller à l’application de la Politique linguistique. Jusqu’ici, il n’a reçu aucune plainte, a indiqué un porte-parole. Selon, Tiago Silva, secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM (FAECUM), les étudiants se découragent souvent de formuler des plaintes, car le fardeau de la preuve leur incombe. « Mais on travaille à publiciser le formulaire de plainte et on va lancer une campagne de sensibilisation avec un site Web », a-t-il précisé.

 

Vincent Blais-Fortin veut un engagement ferme pour régler le problème, allant même jusqu’à interpeller le ministre de l’Enseignement supérieur. « J’invite le ministre Pierre Duchesne à exercer son pouvoir discrétionnaire, prévu dans la Charte de la langue française, qui lui permet de demander aux universités de produire un rapport faisant état de l’application de leur politique linguistique»,écrit-il dans sa lettre ouverte.

75 commentaires
  • Diane Veilleux - Inscrite 29 janvier 2014 00 h 50

    Ce qui me trouble le plus c'est que l'anglicisation est déjà galopante au CEGEP, les jeunes en ressortent et à les voir s'exprimer sur facebook et les réseaux sociaux, on constate que l'anglais prédomine et ce même chez ceux dont la maitrise de l'anglais est plus approximatif. À quoi est-ce dû? Peut-être parce qu'il a pas de quoi être fier d'être francophone, les seules images qu'on nous renvoie de nous mêmes sont misérabilistes. On est les plus pauvres, on est des pleutres, faut surtout pas avoir d'identité, ça contreviendrait à la charte, on est multiculturel et faut être tolérant, de s'affirmer c'est raciste, xénophobes, etc, etc.

    • Pierre Gabriel Dumoulin - Abonné 29 janvier 2014 08 h 41

      Je ne crois pas que cela soit lié à une quelconque fierté. Je dirai plutôt que l'anglicisation de nos jeunes est motivée par une multiplication d'objets culturels anglophones (musique, films, pléthore de sites Internet exlusivement anglophones, car accessibles pour un public mondial) On manque peut-être de valorisation, mais il faudrait pas ranger ça sous le couvert d'une défaite identitaire : c'est plutôt un métissage culturel.

      Quand aux références en anglais, si le texte est pertinent et qu'il ne possède pas de traduction, je trouve cela tout à fait convenable. Dans une province où l'on apprend l'anglais dès la première année du primaire, c'est logique - voire louable - d'évoluer dans ce bilinguisme favorisant le déploiement des connaissances (d'autant plus à l'Université!). Et d'un point de vue pûrement traductologique, de nombreux textes ne sont pas traduits, par contraintes socioculturelles, et l'étude de ces textes mènera à une traduction et à une amélioration de notre système (ou du moins il faut l'espérer). Si on se contente de s'enfermer dans des textes strictement français, on s'enferme dans une structure sans profondeur, sans regard extérieur. Ça prend des traductions - ou des originaux -, et des traductions de textes universitaires, il n'en pleut pas tant que ça.

      Nous avons l'opportunité d'avoir un système d'éducation nous assurant une certaine maîtrise de l'anglais, pourquoi ne pas l'exploiter?

    • Bernard Morin - Abonné 29 janvier 2014 09 h 06

      Comme dit Philippe Couillard:"...il ne faut pas nous distinguer, c'est dangeureux pour l'économie".

    • Christian Fleitz - Inscrit 29 janvier 2014 09 h 15

      Il est clair que les atermoiements à répétition, au nom d'une soi-disant démocratie qui mélange commérages, absence de réelles connaissances, par esprit partisan et compromission populiste, en particulier au sujet de la ''charte'' ou encore des scandales politico-financiers que défrichent la commission Charbonneau, il est difficile pour un jeune québécois à l'âge de l'engagement de puiser dans sa francité d'origine les raisons d'une fierté. Cette jeunesse a souvent du mal à trouver dans son patrimoine et dans son actualité des motifs porteurs de fierté. Plus encore, une propagande, pas forcément mensongère, pour un bilinguisme favorable à l'anglais s'étale de plus en plus souvent. L'individualisme générait par le néolibéralisme pénalise les valeurs morales et communautaires pour privilégier une insertion dans un système de dépersonnalisation indispensable à une économie qui ne vise plus que les profits des actionnaires.
      Il serait temps que ''les politiques'', tout comme les ''faiseurs d'opinion'' que sont les intellectuels, les média et les décideurs, prennent conscience de cette réalité et s'emploient à restaurer les mérites d'une culture et des mérites de la tradition. Une fierté retrouvée ne doit se complaire dans le nombrilisme que l'on constate trop souvent, mais au contraire permettre une ouverture des horizons à partir de là où nous sommes.
      ''On ne va pas loin quand on ne sait pas d'où l'on vient''
      Valoriser le fait québécois francophone ne doit pas être une régression intellectuelle mais une ouverture ''pour faire souffler l'esprit'', tout en préservant la fierté de ses origines.
      L'Europe, à ce sujet, a choisi la valorisation des valeurs ‘‘régionales’’, langues et cultures, tout en conservant l'importance des exigences ‘’nationales’’, voire supranationales des logiques de l'Union. Peut-être que cette recherche d'une personnalité nouvelle et dynamique mériterait plus ample réflexion.

    • Brian Monast - Abonné 29 janvier 2014 10 h 22

      Re. C. Fleitz : Le mot « fierté » semble toujours un peu teinté. On persiste dans son être, dans sa culture, parce qu’elle est la nôtre, et non parce qu’elle est meilleure que d’autres. Nous avons à être ce que nous sommes, et ceux que nous sommes, et je n’ai pas à en être fier avant de vouloir l’être. Je peux m’en réjouir, humblement, un point c’est tout. Le fond du message demeure : il faut bien « valoriser » ce que nous sommes, et vouloir l’être, sinon...

  • Cyr Guillaume - Inscrit 29 janvier 2014 01 h 46

    C'est scandaleux! Je suis 100% en accord avec ce monsieur Blais! J'ai fais mon bacc à l'UQAM en sciences-politiques, et on nous fessait lire constamment des textes en anglais, et ce de manière de plus en plus fréquente. On nous chante toujours la même chanson! Il faut être ouvert sur le monde et blablabla. C'est drôle mais l'anglosphère ne représente que 30% de la population mondiale, ah tiens ça personne ne le dit! Pour être vraiment ouvert sur le monde, et s'assurer d'un minimum de capital dans le futur, il faudrait être bilingue français-chinois, français-allemand, français-arabe, français-espagnol. CA, ce serait la véritable ouverture.

    Je suis également en accord avec Mme Veilleux, plus-haut, on nous reproche toujours d'être en retard sur les autres provinces, d'avoir les plus hautes statistiques négatives(style plus haut taux de suicide, plus grosse dette), or on oublie bien souvent qu'avec des chiffres on peut faire dire bien des choses. Un art dans lequel est passé maitre certaines institutions pour bien nous culpabiliser, comme l'institut économique de Montréal, La Presse, la droite en général, la CAQ, le PLQ bien évidement, et tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l'Empire Desmarais. Si on parlait de nos gagnants par exemple pour faire changement? Tel Maurice Richard, Pierre Bourgault, Michel Chartrand, Pierre Falardeau, Jean Lesage, Jacques Parizeau, Bernard Landry, Lucien Bouchard, Émilie Gamelin, Samuel de Champlain, Jean Talon, Lise Payette, Pauline Marois, on verrait qu'on est très loin d'être si petit et misérable, tout les Québécois francophones, en fait c'est tout le contraire! Il faut s'affirmer, et cesser de s'applaventrir devant tout le monde, pour être si faussement tolérant dans le sens unidirectionnel de la chose une bonne foie pour toute!

    • François Dugal - Inscrit 29 janvier 2014 08 h 31

      "On nous fessait lire" ; sciences-po à l'UQUAM ...

    • Danielle Houle - Abonnée 29 janvier 2014 08 h 36

      Votre commentaire vient confirmer qu'en effet la langue française est en perdition et de toute évidence on ne l'enseigne plus dans les écoles, surtout quand vous écrivez: "et on nous fessait lire". Avec un bon cours de français à l'école, on vous aurait appris que le mot "faire" conjugué à l'imparfait s'écrit "faisait" et non pas "fessait". Incroyable d'octroyer un bac à des étudiants qui ont une si pauvre maîtrise de la langue française.

    • Jean Richard - Abonné 29 janvier 2014 09 h 08

      « Il faut être ouvert sur le monde et blablabla. C'est drôle mais l'anglosphère ne représente que 30% de la population mondiale »

      30 % ? Je crois qu'il y a un zéro de trop dans votre nombre. Il y a plusieurs façons de calculer l'importance des langues. Si on considère simplement le nombre de locuteurs parlant telle langue comme langue maternelle, l'anglais s'incline devant le mandarin dans un rapport de 2/1. Et vu ainsi, l'anglais occuperait entre 6 et 7 % de la sphère linguistique (on est loin de 30 %). Si on met ensemble l'espagnol et le portugais, l'anglais s'incline également.

      D'autres classements ont été faits en ajoutant les langues secondes à la langue maternelle des locuteurs et le poids économique des états ayant telle ou telle langue officielle. Dans ce cas, l'anglais se hisse en première place, mais n'atteint pas ces 30 %.

      Bref, il est probable que nous soyons d'accord sur un point : l'importance de l'angloshpère est exagérée et l'ouverture sur le monde par l'anglicisation est un leurre. C'est plutôt le contraire : en s'anglicisant, nous risquons fort de sombrer dans l'unilinguisme individuel (ne pas confondre avec l'unilinguisme national), ce qui va nous fermer des portes plutôt que de nous en ouvrir. Les pays anglo-saxons sont ceux ayant le plus haut taux de population incapable de parler une deuxième ou troisième langue.

      Comme francophones et locuteurs d'une langue latine, nous avons un autre avantage : celui d'apprendre assez facilement (pour peu qu'on s'y mette) d'autres langues latines, ne serait-ce qu'au niveau de la lecture (l'étape la plus facile à moins d'être analphabète). Apprendre à lire l'espagnol et le portugais (le plus facile des deux au niveau lecture), c'est se donner accès dès le départ à plus de la moitié des Amériques, c'est se donner accès à plus d'une vingtaine de pays dont la culture est souvent d'une richesse insoupçonnée.

      Alors, l'ouverture sur le monde...

    • Christian Fleitz - Inscrit 29 janvier 2014 09 h 32

      Pour abonder dans votre sens, la langue anglaise n'est pas celle la plus répandue dans le monde, celle-ci étant l'espagnol qui d'ailleurs envahit certaines villes des États-Unis où des mesures ''ségrégationnistes'' d'arrière-garde ont été prises par certains états. Le chinois vient ensuite et tant qu'à privilégier une langue d'échange, ce serait celle-ci à privilégier compte tenu de l'actualité. Ne parlons pas de la langue russe dont la structure permet un usage dans une aire qui dépasse largement les limites de l'êta russe. Mais là, il est vrai que l'on est confronté à la ségrégation dépassée d'un antimarxisme désormais sans objet.
      Enfin, on oublie trop souvent les 220 millions de francophones qui se répartissent dans le monde entier et, en particulier, en Afrique, continent de l'avenir.
      L'étonnant est de constater l'ignorance de bon nombre de québécois, en particulier des jeunes, de leur ignorance de leur propre histoire et de sa grandeur, des luttes pour la sauvegarde des valeurs qui ont permis de sauver cette personnalité exceptionnelle de francophones dans une Amérique du Nord anglo-saxonne. ''Ne pas subir'' aurait pu être la devise de ces ''anciens'' de ce qu'est l'originalité actuelle du Québec
      .

    • Cyr Guillaume - Inscrit 29 janvier 2014 13 h 58

      Oh pardons messieurs Dugal et Hone, il ne vous arrive jamais de faire des fautes de frape? C'est ce genre d'élitisme stupide qui s'en prend à la première faute de de français qui éloigne les gens de notre belle langue justement! La prétention et la mesquinité de certains ici déborde parfois.

    • Cyr Guillaume - Inscrit 29 janvier 2014 14 h 02

      À monsieur Richard, tant mieux si je me trompe, et que c'est bien 3%! N'empêche, l'anglais prend de plus en plus terrain, et ce de plus en plus rapidement. M.Fleitz, je les comprends, je ferais la même chose à leur place (Les Américains). Je ne vois pas par contre, ce que viens faire un ''antimarxisme'' la dedans. Pour ce qui est des ÉU, je dirais plus un anticommunisme primaire.

      Enfin en ce qui concerne notre histoire, je ne saurais être plus en accord avec vous, à ce sujet l'introductions de nouvelles mesures aux secondaires et collèges en terme d'histoire me semble être une bonne chose.

    • Nick Therrien - Inscrit 29 janvier 2014 16 h 02

      J'aime bien les chiffres lancés un peu partout!
      Allons-y:
      Au mondial il y a 365 millions de personnes qui ont l'anglais comme langue maternelle (5.52%) comparativement a 74 millions de français (1.12%).
      Comme langue seconde il y aurait au dessus de 430 millions qui ont opté pour l'anglais et 50 millions pour le français.
      Etre bilingue anglo permet de pouvoir échanger avec plus de 795 millions de personnes.

    • Jean Richard - Abonné 29 janvier 2014 20 h 24

      M. Therrien, il semble qu'en parlant du français, vous oubliez totalement l'Afrique. On estime qu'il y a en Afrique environ 120 millions de locuteurs francophones. Plusieurs pays ont le français comme langue officielle, même si en réalité le français est la langue seconde des gens qui les habitent.

      M. Cyr, un bémol sur la progression de l'anglais : parti avec une bonne longueur d'avance, la progression de l'anglais sur internet a considérablement ralenti au point que le mandarin pourrait à l'heure actuelle l'avoir dépassé. Les gens qui observent les tendances sur la toile évitent de fêter trop vite, mais la progression rapide de plusieurs langues, des langues d'importance surtout, laisse un espoir face à la crainte jadis exprimée que l'anglais vienne bloquer la route à la diversité linguistique.

      Il est loin déjà le temps où le code ASCII était taillé sur mesure pour l'anglais uniquement. Aujourd'hui, il y a des milliers de graphies disponibles – les Inuit peuvent même monter des pages web en utilisant le syllabique. C'est probablement un signe de l'internationalisation du web et non de son anglicisation.

  • Louis-Jacques Delacampagne - Inscrit 29 janvier 2014 01 h 49

    University of Mount Tray all


    University of Mount Tray all

    Dégoûtant.

    Un exemple parmi cent... un d'anglicisation systématique de l'Institution :
    www.hec.ca/en/programs_training/graduate_diplomas/

    (pas même une version "originale" française.
    No way. It's English. And English only !)

    Dégoûtant.

    • Lise Bélanger - Abonnée 30 janvier 2014 08 h 07

      Merci pour le lien,

  • Victor Raiche - Inscrit 29 janvier 2014 03 h 08

    La 'mère patrie' donne l'exemple !

    XIIIe sommet de la Francophonie - Le réseau francophone d'ingénieurs sera dirigé par une école qui enseigne... en anglais
    Christian Rioux , Le Devoir, 25 octobre 2010 Francophonie
    Le nouveau réseau francophone d'écoles polytechniques que vient de créer la Francophonie sera sous l'égide d'une école de Lausanne qui enseigne essentiellement en anglais!
    …………………………………….
    FRANCE • Malheureux comme un Français
    S'ils adoptaient le mode de vie et la langue des Britanniques, les Français se sentiraient bien mieux dans leur peau, rapporte le Daily Telegraph.
    • The Daily Telegraph |, Tim Stanley |, 27 mars 2013
    ………………………………….
    Grenoble Ecole de Management
    Manager des Systèmes d'Information
    Master of Business Administration (MBA)
    Master in International Business (MIB)
    MSc in Finance
    MSc in Marketing
    MSc in Innovation, Strategy and Entrepreneurship
    MSc in Management Consulting
    MSc in Business Development
    MSc in Strategic Marketing

    ………………………….

    • Jean Richard - Abonné 29 janvier 2014 09 h 34

      Selon l'information que l'on reçoit, la France semble vivre une déprime linguistique. Ayant fréquenté certains jeunes Français venus s'établir au Québec, je serais porté à croire à cette idée que pour eux, le passage à l'anglais les rendrait plus intelligents. J'hésite toutefois à généraliser.

      La France américanisée, ce n'est pas un phénomène récent. La France est peut-être le pays européen qui s'est le plus abreuvé de culture américaine, y compris en mode simple traduction. La France des autoroutes, des chaînes de commerce à grande surface, des Disneyworld, du culte de la star à l'américaine, ça n'a rien de nouveau. Bref, la France a plus que quiconque folklorisé sa langue et sa culture et n'était-ce sa difficulté à maîtriser l'anglais, elle serait déjà plus anglophone que sa voisine d'outre-Manche. Déjà on peut dire qu'elle est plus américaine (on se sentirait beaucoup plus proche des États-Unis à Paris qu'à Londres).

      Si on veut éviter la débâcle du français au Québec (s'il est encore temps), il y a une chose qu'il faudrait peut-être éviter de faire, c'est de parler de la Mère-Patrie ou du moins d'en faire une référence (ce qui ne veut pas dire fermer la porte). Parler de Mère-Patrie, c'est comme avouer que nous ne sommes pas encore adultes. C'est comme avouer que nous ne sommes que des adolescents linguistiques ou culturels et des ados, c'est vulnérable, surtout les plus jeunes. À qui est-il facile de vendre l'insignifiance démesurée d'un Justin Bieber ? À des jeunes ados...

      Certes, il y a un malaise. On voudrait bien parler français, mais on ne veut pas être les seuls au monde à le faire. Il y avait la France, mais on ne peut plus compter sur elle. Il y a l'Afrique, mais on n'en connaît pas grand chose et ce qu'on ne connaît pas fait souvent peur.

      Et il y a peut-être la peur de la différence...

    • Christian Fleitz - Inscrit 29 janvier 2014 09 h 44

      La situation de la langue française est bien différente dans ''la mère Patrie'' et au Québec, en effet, dans une France de 66 millions d'habitants et dans le rôle de celle-ci pour 220 millions de francophones, le français ne connait aucune menace. L'apprentissage de l'usage d'une langue commerciale autre, anglais certes, mais aussi chinois, allemand ou russe, ne constitue aucun danger pour une langue devenue nationale depuis l'ordonnance de Villers-Cotterets de 1539, en remplacement du latin.

  • Yves Côté - Abonné 29 janvier 2014 03 h 09

    L'institution universitaire...

    L'institution universitaire en question nous montre ainsi qu'elle n'est pas protégée de la médiocrité humaine, pour autant qu'elle délivre de la connaissance et des diplômes.
    Soit nous, les Québécois, nous nous déterminons courageusement à affirmer que nous croyons collectivement en nous-mêmes et qu'il n'est rien d'autre que normal de se donner un pays politique, soit nous choisissons de nous rabougriner jusqu'à ne plus rien être que le divertissement folklorique que le Canada nous autorise à être.
    Nous n'avons que les maisons d'enseignement que nous méritons à ce jour; c'est l'arbre qui porte la pomme. Pas l'inverse.
    Si nos politiques ne et nos élites intellectuelles ne nous entourloupent pas une nouvelle fois, du pouvoir qu'on leur donne, se contentant de servir leurs propres intérêts de confort, l'heure du choix ne peut que s'approcher de nous...
    Vive le Québec libre !

    • Marie Deslauriers - Inscrite 29 janvier 2014 10 h 05

      J'ai bien peur qu'il soit trop tard ou presque. La fierté doit être transmise
      par les parents et par l'école a un trÈs jeune äge et je ne pense pas que ce soit souvent le cas. Il faut ëtre international et multiculturel. On me
      parle toujours des pays scandinaves ou presque tout le monde parle
      anglais langue seconde sans problÈme. MAIS ils sont fiers avant toute chose de leur identité propre. L'anglais devient vraiment une langue seconde. En Islande petit pays entre tous il y a plus de bibliothèques
      par habitant que partout ailleurs. Ils ne veulent surtout pas que l'islandais disparaisse. Fierté et détermination.. ce sont des termes
      absents de notre vocabulaire.

      M-F Deslauriers

    • Yves Côté - Abonné 29 janvier 2014 12 h 52

      Merci Madame Deslauriers de m'avoir lu.
      Je l'avoue, vous lire à mon tour me donne un coup au ventre.
      Je partage votre tristesse : fierté et détermination ne font pas très à la mode chez nous.
      Mais qui sait si une autre mode ne viendra pas remplacer bientôt cette conviction que nous ne méritons pas collectivement d'exister ?
      Pour ma part, il me semble d'ailleurs qu'il ne nous manquerait pas grand chose pour reprendre le goût de nous tous.
      Après tout, nous sommes loin d'être des idiots ! De plus, notre petite société francophone ne peut-elle pas s'enorgueillir de plus d'une victoire ? Et qui plus est, alors que mille fois, notre mort fut annoncée. Et jusqu'en France !
      Nous ne sommes pas battus, tel on nous facilite les choses de croire.
      Vivons debout et ne baissons pas pavillon.
      Vivons debout malgré la force et l'argent de nos adversaires, ils viendront ainsi à nous respecter bien plus qu'ils ne nous méprisent aujourd'hui de nos insuccès face à eux. Vous verrez. Pour des raisons multiples et variées, dorénavant je les connais bien.
      Je crois qu'il ne nous manque qu'un ou qu'une chef(ffe) clairvoyant(e) pour nous rassembler tous.
      Et en attendant qu'un ou une de nous ne se montre de cette trampe , pour garder l'espoir, lisons Hessel et quelques autres ?
      La fierté, bien qu'elle puisse être oubliée d'une génération, ne part jamais très loin des jeunes et ne demande souvent pas mieux qu'être réactivée chez eux...
      Mes salutations les plus républicaines, Madame.