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    EMBA - Pour maîtriser ses affaires

    9 novembre 2013 |Claude Lafleur | Éducation
    Le programme EMBA cible les gens d’affaires d’expérience et en plein emploi.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le programme EMBA cible les gens d’affaires d’expérience et en plein emploi.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Il y a 15 ans, Claude Turcotte a lancé son entreprise MaestroVision avec une bonne idée en tête : transformer la façon dont les stations de télé s’y prennent pour diffuser leur programmation. Mais, de l’idée à la réussite, il y avait une étape à franchir…

     

    Claude Turcotte est un entrepreneur type : quelqu’un qui a une bonne idée, un savoir-faire et des habiletés… mais qui ignore maintes facettes de la conduite des affaires. Mais, aujourd’hui, Claude Turcotte avoue sans peine : « Si je n’avais pas pris deux ans de ma vie pour obtenir mon MBA - une maîtrise en administration des affaires - mon entreprise n’existerait plus ! »

     

    Au départ, M. Turcotte est un vendeur talentueux qui oeuvre dans les équipements de studios de télé. « En 1998, je me suis lancé en affaires en me disant que j’étais capable de réussir, raconte-t-il. J’avais une bonne idée et les fonds nécessaires pour développer mon produit. Mais, ce dont je me suis rendu compte par la suite, c’est que je n’avais pas tous les outils qu’il me fallait pour réussir en affaires. Mon entreprise allait plus ou moins bien, puisque, entre la réussite et la faillite, la ligne est très mince ! »

     

    Pour gens d’affaires

     

    C’est là l’exemple d’un entrepreneur type, indique Stéphane Brutus, doyen associé de l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia. « Il s’agit souvent de quelqu’un qui a une bonne idée et qui est habile dans un ou deux domaines, dit-il, ce qui fait son succès. Par contre, plusieurs entrepreneurs se rendent compte, après quelques années, qu’ils ont certaines lacunes dans l’administration des affaires. »

     

    « J’étais un bon vendeur, confirme Claude Turcotte, mais je ne savais pas comment faire un plan d’affaires ni un plan de marketing, ni non plus comment gérer les finances, le personnel, etc. Je me suis donc retrouvé au bord de la faillite, mon projet ne décollait pas. » Un bon matin, il décide d’assister à une présentation de l’École John-Molson qui propose un MBA pour gens d’affaires.

     

    Il s’agit d’un EMBA, pour Executive Master in Business Administration. « Le programme de cours d’un MBA et d’un EMBA est le même, rapporte Stéphane Brutus. Il s’agit d’un programme général en administration des affaires, donc des cours en finances, en marketing, en gestion… La différence, c’est la clientèle visée, dans le cas d’un EMBA, on cible les gens d’affaires d’expérience et en plein emploi. »

     

    Cette formation est donc structurée de façon à permettre à ceux-ci de combiner leurs fonctions et leurs études. Cette formation s’obtient en 18 mois seulement, à raison d’une journée de cours par semaine, donnés le vendredi ou le samedi. C’est néanmoins « tout un investissement », poursuit Claude Turcotte, qui raconte qu’il se levait tous les matins dès 3 h 30 afin d’étudier, avant d’entamer sa journée de travail à 9 heures. Outre la journée de cours, il lui fallait consacrer de 20 à 25 heures par semaine aux études et aux travaux à faire, se rappelle-t-il. « Je travaillais tout le temps, tout le temps, poursuit-il, mais cela a été très payant. »

     

    Ainsi, face à un tel défi, il a dû apprendre à faire des choix entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas, dit-il. « On apprend aussi à fonctionner de façon très efficace et à ne pas perdre de temps nulle part !, insiste-t-il. Le cerveau fonctionne à plein régime et on devient extrêmement efficace dans tout ce qu’on fait. C’est comme cela qu’on réussira ! »

     

    Coup de chance

     

    En outre, Claude Turcotte a bénéficié d’un coup de pouce inespéré. L’un des avantages inattendus pour un entrepreneur inscrit à l’EMBA étant de côtoyer des cadres de grande entreprise, il a ainsi étudié aux côtés de vice-présidents de Merck Frost, de Pratt Whitney, de CIBC…, « tous des gens ayant énormément d’expérience ! », dit-il, admiratif.

     

    Stéphane Brutus confirme : « J’enseigne au programme EMBA depuis plusieurs années et, dans chaque cohorte (de 25 étudiants environ), on a un ou deux entrepreneurs. » Chaque cohorte est constituée de gens d’affaires qui possèdent une bonne dizaine d’années d’expérience. Comme le relate M. Turcotte, « pour être admis à l’EMBA, on doit passer une entrevue où sont évalués les connaissances et, surtout, l’apport qu’on pourra donner aux autres, car, disons-le franchement, on apprend davantage des collègues étudiants que des profs ! »

     

    En effet, la formation EMBA fait beaucoup appel aux travaux pratiques et en équipe. C’est ainsi qu’un jour, dans le cadre d’un travail d’équipe sur le lancement d’un nouveau produit, les collègues de M. Turcotte ont décidé d’utiliser l’exemple de son entreprise pour imaginer un concept. « C’est ainsi qu’on a travaillé sur l’idée d’un produit qui s’adresserait aux stations de télé de moyenne envergure, raconte l’entrepreneur. On a donc fait une étude de marché et j’ai appris à poser les bonnes questions aux clients potentiels afin de concevoir un produit répondant à leurs besoins. »

     

    Puis, de retour en entreprise, il a demandé à ses développeurs de concevoir un système… qu’il vend à présent à travers l’Amérique du Nord. « Mes collègues me disaient que je leur devais pas mal d’argent ! », lance-t-il en riant.

     

    C’est ainsi que MaestroVision, qui compte à présent 14 employés, conçoit des systèmes de gestion de clips vidéo destinés aux stations de télé, mais qui peuvent également servir à toute organisation qui gère des archives vidéo.

     

    « Nous avons d’abord inventé une technologie qui permet de numériser sur disque dur toutes les vidéos et qui permet ensuite de dresser des listes pour, par exemple, la diffusion de clips les uns à la suite des autres », explique Claude Turcotte. C’est ainsi que les archives vidéo de l’Assemblée nationale - 35 000 heures d’enregistrement - sont conservées à l’aide de la technologie de MaestroVision. « Au Québec, toutes les stations Cogeco, Vidéotron, Météomédia, etc., utilisent notre technologie », dit-il fièrement.

     

    « L’EMBA de Concordia a été pour moi un investissement extraordinaire, insiste Claude Turcotte. Sans cette formation, je ne serais plus en affaires aujourd’hui. Impossible ! »

     


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