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    Persévérance scolaire - Décrochage: traiter garçons et filles sur un pied d’égalité

    5 novembre 2013 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Le genre n’explique pas tout. « Quand on met le sexe comme variable explicative dans les mode?les, il disparai?t au profit des autres variables, comme le manque d’engagement dans les e?tudes et la motivation. Ce n’est pas le fait d’e?tre un garc?on ou une fille qui importe», a dit M. Perron.
    Photo: Illustration Isabelle Arsenault Le genre n’explique pas tout. « Quand on met le sexe comme variable explicative dans les mode?les, il disparai?t au profit des autres variables, comme le manque d’engagement dans les e?tudes et la motivation. Ce n’est pas le fait d’e?tre un garc?on ou une fille qui importe», a dit M. Perron.
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    Taux de diplomation chez les moins de 20 ans

    2006-2007 

    Garçons: 63,0 %
    Filles: 74,5 % 
    Sexes réunis: 68,6 %

    2010-2011

    Garçons: 69,5%
    Filles: 80,3%
    Sexes réunis: 74,8%


    Source : Ministère de l’Éducation, du Loisir, et du Sport

    Le Québec ferait complètement fausse route s’il se dotait d’une politique ciblant les garçons dans la lutte contre le décrochage. C’est la conclusion unanime à laquelle sont arrivés des experts du milieu de l’éducation dans un avis rendu au gouvernement, a appris Le Devoir. La ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, doit pour sa part annoncer ce mardi comment elle élaborera sa politique en matière de persévérance scolaire, dans le cadre des Grandes Rencontres sur le sujet.

     

    Certes, on n’aurait pas tout faux à regarder les garçons d’un oeil différent. Mais les traiter différemment des filles aurait pour effet de les stigmatiser et pourrait même nuire à la cause. « Avoir un regard spécifique et adapter des approches pédagogiques n’est peut-être pas mauvais en soi, mais se donner une stratégie officielle, ce serait aller trop loin », a dit Michel Perron, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, qui a consulté de nombreux experts sur la question. « On ne veut pas de plan pour les garçons, ils sont déjà trop stigmatisés. Ça donnerait quoi de leur taper sur la tête ? »

     

    Le genre n’explique pas tout. « Quand on met le sexe comme variable explicative dans les modèles, il disparaît au profit des autres variables, comme le manque d’engagement dans les études et la motivation. Ce n’est pas le fait d’être un garçon ou une fille qui importe », a dit M. Perron.

     

    Modèle masculin

     

    Pourtant, de plus en plus d’écoles mettent sur pied des approches différenciées pour favoriser la réussite des garçons : Classes non mixtes, boys’ clubs de lecture, activités sportives et scientifiques, etc. Égide Royer, professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, est l’un de ceux qui croient que les garçons réussissent moins bien parce que le milieu scolaire manque de modèle masculin.

     

    En mars 2011, coïncidant avec le congrès de l’Association québécoise des troubles d’apprentissage (AQETA), il avait proposé d’augmenter le nombre d’hommes en enseignement, en instaurant des mesures de discrimination positive comme des bourses ou une priorité à l’embauche.

     

    Réagissant à ses propos qui avaient fait grand bruit, la ministre de l’Éducation d’alors, Line Beauchamp, avait annoncé qu’elle « réactivait » un comité de travail sur l’attraction des hommes dans la profession d’enseignant, mis sur pied par sa prédécesseure, Michelle Courchesne dans le cadre du plan d’action contre le décrochage, L’École J’y tiens.

     

    Une position unanime

     

    Le comité de vigie de ce plan d’action, mis en veilleuse depuis le nouveau gouvernement, a donné ce mandat à Michel Perron et à Laurier Fortin, professeur retraité du Département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke. Tant les intervenants du milieu que les chercheurs qu’ils ont rencontrés ont rejeté l’idée d’une stratégie spécifique aux garçons. « C’est unanime, la réponse est non. On n’a pas besoin de ça au Québec, d’autant que le décrochage baisse un peu plus vite chez les garçons que chez les filles », a souligné M. Perron.

     

    En effet, selon les plus récentes statistiques, l’écart entre les garçons et les filles diminue en ce qui a trait à la diplomation en sept ans, surtout à Montréal. Mais les écarts restent majeurs, souligne le chercheur. En moyenne, 10-12 points de pourcentage séparent toujours les filles des garçons. Dans la région de Lanaudière, l’écart est énorme : le taux de diplomation après sept ans (cohorte 2005-2012) était de 56 % chez les garçons, contre 71 % chez les filles, soit 15 points d’écart.

     

    Selon lui, le Québec gagnerait davantage à mieux former ses enseignants à travailler en classe mixte. « On pourrait faire des ajustements dans les façons de faire, mais certainement pas à revenir aux classes non mixtes, à ce que moi j’ai vécu comme étudiant », a-t-il conclu.

    ***

     





















     

    Ce texte a été publié dans le cadre du projet «Le Devoir spécial BD›, une édition papier mettant en vedette 14 dessinateurs du Québec.













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