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    Conseil international des sciences sociales - Un «conseil des sages» depuis 1952

    «Nous visons à rendre accessible à tous la recherche en sciences sociales»

    5 octobre 2013 |Claude Lafleur | Éducation
    Le CISS a été fondé en 1952 par l’UNESCO. Le secrétariat du conseil, situé à Paris, compte maintenant une dizaine d’employés.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Loïc Venance Le CISS a été fondé en 1952 par l’UNESCO. Le secrétariat du conseil, situé à Paris, compte maintenant une dizaine d’employés.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Créé il y a 60 ans sous l’égide des Nations Unies, le Conseil international des sciences sociales s’assure que les sciences sociales participent activement aux débats sur les enjeux de l’heure, indique Heide Hackmann, directrice exécutive de l’organisme.

     

    Le Conseil international des sciences sociales (CISS) chapeaute les grandes organisations et associations nationales et internationales qui sont actives dans les diverses branches des sciences sociales, explique Heide Hackmann.

     

    « Nous, nous sommes la voix des sciences sociales sur la scène mondiale, afin de nous assurer que celles-ci contribuent à résoudre les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés », dit-elle.

     

    « Notre rôle, c’est de faire la promotion des sciences sociales au niveau mondial, enchaîne Mathieu Denis, responsable scientifique international du CISS. On s’assure également que les sciences sociales sont entendues dans les grands processus, que ce soit au sein des Nations Unies ou dans les grands projets de recherche. »

     

    Il cite l’exemple des nombreux projets de recherche mis sur pied afin d’évaluer les conséquences des changements climatiques. « Les responsables de ces grands projets se sont rendu compte qu’ils avaient besoin des chercheurs en sciences sociales, puisque les êtres humains font non seulement partie du problème… mais également de la solution ! On a par conséquent besoin de sociologues, d’anthropologues et d’autres chercheurs en sciences sociales. »

     

    « C’est pourquoi, poursuit Mme Hackmann, le Conseil s’assure que les sciences sociales sont entendues, qu’elles font dès le départ partie des grands projets de recherche, qu’on est là par exemple lors de la formulation des problèmes, afin que tout le monde travaille ensemble. »

     

    Le Conseil international des sciences sociales rassemble ainsi 70 associations disciplinaires (sociologie, science politique, anthropologie, etc.), des Conseils de recherche nationaux (qui financent la recherche), de même que des centres de recherche, des universités et des fondations qui s’intéressent au domaine.

     

    Une nouvelle mission

     

    Le CISS a été fondé en 1952 par l’UNESCO afin de servir de « conseil des sages » auprès des différentes instances de l’ONU, explique Heide Hackmann. Par conséquent, durant ces 50 premières années d’existence, il a joué un rôle peu visible. Toutefois, au milieu des années 2000, confronté à une sévère crise budgétaire, il a décidé de jouer un rôle plus actif sur la scène internationale, notamment en stimulant la recherche.

     

    C’est à ce moment-là, en 2006, que Mme Hackmann a pris ses fonctions de directrice exécutive. « Nous sommes une toute petite organisation, dit-elle avec satisfaction. À l’origine, notre secrétariat, situé à Paris, ne comptait que trois personnes. Nous sommes maintenant dix ! »

     

    Et c’est dans cette optique que Mathieu Denis, chargé de cours à l’Université de Montréal, a été recruté à titre de responsable scientifique. « C’est un superboulot, puisque l’organisation est à la fois petite et dynamique », dit-il.

     

    « Nous visons à rendre accessible à tous la recherche en sciences sociales », dit-il. Un bel exemple de cette préoccupation est la publication du Rapport mondial des sciences sociales. « L’édition 2013, qui traitera des changements climatiques, vise à montrer, dans un langage qu’on espère accessible à tous, l’apport particulier et important des sciences sociales à ces enjeux et pourquoi elles doivent être prises en compte », explique M. Denis.

     

    Mandats multiples

     

    Quatre autres grandes activités sont maintenant réalisées par le Conseil, dont de grands forums internationaux rassemblant une variété de chercheurs. « Jamais les chercheurs des différentes disciplines des sciences sociales ne se rencontrent en un même endroit, rapporte Heide Hackmann. Nous sommes les seuls à le faire. »

     

    Le CISS parraine également un programme de compagnonnage qui a pour but de stimuler la carrière de jeunes chercheurs provenant d’un peu partout. « Nous développons ainsi la future génération des leaders en sciences sociales », dit-elle.

     

    Le Conseil parraine en outre des recherches internationales d’envergure portant sur les grands enjeux de l’heure, notamment les changements globaux et le développement durable, les risques de désastre, la pauvreté et les distinctions homme-femme.

     

    Enfin, le Conseil décerne deux prix d’excellence, l’un destiné à récompenser les recherches sociales comparatives et l’autre, les travaux interdisciplinaires. « Le premier vise à encourager les recherches transfrontalières et le second encourage les travaux qui mettent en lien plusieurs disciplines sociales à la fois », précise Mme Hackmann. Ces deux prix seront d’ailleurs remis à l’occasion du Forum de Montréal.

     

    « Le thème Transformations sociales et ère numérique du Forum de Montréal nous semble important, puisque le numérique bouleverse nos façons de vivre à tout point de vue, de même que nos façons de faire de la recherche, poursuit Mathieu Denis. Et c’est, par définition, un thème interdisciplinaire et suffisamment large pour englober tout le monde. »

     

    Il rapporte en outre que, au cours des prochaines années, son organisation espère favoriser davantage les travaux combinant les différentes approches scientifiques. « Ce qui nous intéresse, c’est d’unir non seulement les sciences sociales et naturelles, mais également ce qui se fait en collaboration avec des représentants de la société civile, indique-t-il. Il s’agit d’intégrer les personnes qui seront touchées par la recherche en question. »

     

    « Et, comme nous sommes un organisme international, nous mettons de l’avant des travaux qui portent sur l’ensemble de la planète. Voilà notre mandat ! », de conclure Heide Hackmann.

     


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