Près de la moitié des cégeps adopteraient un budget déficitaire - Le ministre de l'Éducation n'est guère impressionné
Pierre Reid trouve normal de piger dans le bas de laine pour payer l'épicerie
Le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, ne croit pas que les cégeps sont en difficultés financières.
Le cri d'alarme lancé hier par la Fédération des cégeps concernant 40 % de ses collèges aux prises avec des prévisions budgétaires déficitaires doit être «dédramatisé», affirme le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, qui n'a pas la même lecture de la réalité que les cégeps.
Le regroupement des cégeps dévoilait hier des données selon lesquelles 19 de ses 48 collèges publics sont aux prises avec des prévisions déficitaires pour l'année 2003-2004. Cette situation mène à un déficit prévu de quatre millions de dollars pour l'ensemble du réseau — sur un budget total de 1,3 milliard.
Le ministre Pïerre Reid réfute ces données. «Il y en a huit qui ont de la difficulté, les 11 autres utilisent leurs surplus, et je me sens pas légitime d'aller leur demander ce à quoi ils utilisent leurs surplus», a expliqué hier le ministre Reid, qui croit qu'«il faut dédramatiser tout cela un peu».
Le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, expliquait en effet hier que, pour arriver à boucler leur budget, plusieurs ont pigé dans leurs soldes de fonds, des réserves accumulées au fil des ans notamment par la formation continue. «Il vont prendre dans le bas de laine pour payer l'épicerie», dénonce M. Boucher, qui rappelle les compressions de 15 millions auxquelles font face les cégeps pour la présente année dans la foulée du budget Séguin, et martèle sa demande de 95 millions récurrents annuels pour permettre au réseau de se développer.
Si accumuler des surplus est le signe d'une «gestion efficace», le ministre Reid ne croit pas qu'on est en train de «vider les soldes de fonds, qui passeront de 29 à 25 millions cette année» et affirme que «tout le monde, on le fait un peu tous les jours [aller piger dans le bas de laine pour payer l'épicerie], on prend des risques. Dans aucun des ces 11 cas-là, je ne vois le résultat de difficultés financières».
Le directeur du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Roland Auger, tient une gestion déficitaire depuis 2000. Pour l'année 2003-2004, il prévoit un déficit de
285 000 $, qui viendrait s'ajouter à une dette accumulée de 675 000 $. «C'est extrêmement difficile à l'interne, nous avons atteint le seuil critique», explique celui qui présente des plans de redressement au ministère de l'Éducation depuis quelques années déjà.
Le dernier budget Séguin n'a pas été bien accueilli dans ce collège. Des compressions de 117 000 $ se sont ajoutées à l'écart déjà creusé. «Le problème est beaucoup plus profond que de ramener cela à l'équilibre budgétaire», déplore le directeur du collège. «Avec les défis qui nous attendent, on devrait redoubler d'ardeur, et avoir des sous uniquement pour le développement.»
Le Cégep de la Gaspésie et des Îles fait partie de ces huit autres collèges aux difficultés «réelles», pour qui le ministre Reid rappelle que son gouvernement a promis 80 millions en cinq ans destinés aux cégeps de région. Pour le reste, cap sur le Forum des cégeps, qui aura lieu au printemps, et qui pourrait donner lieu à d'importants changements dans ce réseau unique au Québec. «Ça pourrait donner lieu à une commission parlementaire si on décidait de changer les lois qui régissent les collèges, c'est possible», affirme Pierre Reid.
Le regroupement des cégeps dévoilait hier des données selon lesquelles 19 de ses 48 collèges publics sont aux prises avec des prévisions déficitaires pour l'année 2003-2004. Cette situation mène à un déficit prévu de quatre millions de dollars pour l'ensemble du réseau — sur un budget total de 1,3 milliard.
Le ministre Pïerre Reid réfute ces données. «Il y en a huit qui ont de la difficulté, les 11 autres utilisent leurs surplus, et je me sens pas légitime d'aller leur demander ce à quoi ils utilisent leurs surplus», a expliqué hier le ministre Reid, qui croit qu'«il faut dédramatiser tout cela un peu».
Le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, expliquait en effet hier que, pour arriver à boucler leur budget, plusieurs ont pigé dans leurs soldes de fonds, des réserves accumulées au fil des ans notamment par la formation continue. «Il vont prendre dans le bas de laine pour payer l'épicerie», dénonce M. Boucher, qui rappelle les compressions de 15 millions auxquelles font face les cégeps pour la présente année dans la foulée du budget Séguin, et martèle sa demande de 95 millions récurrents annuels pour permettre au réseau de se développer.
Si accumuler des surplus est le signe d'une «gestion efficace», le ministre Reid ne croit pas qu'on est en train de «vider les soldes de fonds, qui passeront de 29 à 25 millions cette année» et affirme que «tout le monde, on le fait un peu tous les jours [aller piger dans le bas de laine pour payer l'épicerie], on prend des risques. Dans aucun des ces 11 cas-là, je ne vois le résultat de difficultés financières».
Le directeur du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Roland Auger, tient une gestion déficitaire depuis 2000. Pour l'année 2003-2004, il prévoit un déficit de
285 000 $, qui viendrait s'ajouter à une dette accumulée de 675 000 $. «C'est extrêmement difficile à l'interne, nous avons atteint le seuil critique», explique celui qui présente des plans de redressement au ministère de l'Éducation depuis quelques années déjà.
Le dernier budget Séguin n'a pas été bien accueilli dans ce collège. Des compressions de 117 000 $ se sont ajoutées à l'écart déjà creusé. «Le problème est beaucoup plus profond que de ramener cela à l'équilibre budgétaire», déplore le directeur du collège. «Avec les défis qui nous attendent, on devrait redoubler d'ardeur, et avoir des sous uniquement pour le développement.»
Le Cégep de la Gaspésie et des Îles fait partie de ces huit autres collèges aux difficultés «réelles», pour qui le ministre Reid rappelle que son gouvernement a promis 80 millions en cinq ans destinés aux cégeps de région. Pour le reste, cap sur le Forum des cégeps, qui aura lieu au printemps, et qui pourrait donner lieu à d'importants changements dans ce réseau unique au Québec. «Ça pourrait donner lieu à une commission parlementaire si on décidait de changer les lois qui régissent les collèges, c'est possible», affirme Pierre Reid.
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