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    Selwyn House - Gens de paroles

    14 septembre 2013 |Marie-Hélène Alarie | Éducation
    Karl Valentini, un élève de Selwyn House, a fait partie de l’équipe canadienne qui a remporté l’été dernier le Pan American Championship de débats oratoires aux Bermudes.
    Photo: Source Selwyn House School Karl Valentini, un élève de Selwyn House, a fait partie de l’équipe canadienne qui a remporté l’été dernier le Pan American Championship de débats oratoires aux Bermudes.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
    À l’école Selwyn House de Westmount, le débat oratoire est un art qui se cultive tant en activités parascolaires qu’en cours optionnels, et ce, dès la deuxième secondaire. Certains élèves font même partie de l’équipe nationale et participent à des tournois internationaux.

    C’est en 1908 que le capitaine Algermon Lucas débarque à Montréal avec en poche un diplôme d’enseignant du Selwyn College de l’Université de Cambridge. Dès son arrivée, la communauté anglophone montréalaise lui confie les rênes d’une école préparatoire et l’éducation de sept jeunes garçons. L’école attire de plus en plus d’élèves et, deux ans plus tard, elle déménage dans une vaste maison privée de la rue Mackay. En 1912, M. Lucas quitte l’enseignement pour s’orienter vers le monde des affaires, et la direction de l’école est alors transférée à M. Colin Macaulay, un camarade de promotion d’Algermon Lucas au Selwyn College, qui rebaptise l’école « Selwyn House », en l’honneur de leur alma mater.

    Aujourd’hui, l’école offre aux garçons un enseignement primaire et secondaire allant de la maternelle jusqu’à la 4e secondaire. Le campus, qui compte trois édifices, se trouve à l’intersection de l’avenue Argyle et du chemin de la Côte-Saint-Antoine, un peu au nord de la rue Sherbrooke Ouest. On y compte 240 élèves au niveau primaire et 300 au secondaire.

    Les tournois de débats oratoires ont toujours fait partie de la tradition de Selwyn House. Depuis des années, l’école produit des concurrents redoutables qui obtiennent un beau succès aux niveaux provincial, national et même international. 

    Ces tournois suivent les règles strictes du débat, tel que pratiqué par nos politiciens : deux équipes d’élèves aux opinions opposées discutent d’une question controversée. Si le concept est simple, l’exercice, quant à lui, exige une pensée structurée, le sens de l’éloquence et de vastes connaissances générales. 

    Du côté francophone, les joutes oratoires avaient pratiquement disparu des écoles depuis les années 1970. On assiste aujourd’hui à une recrudescence, et de plus en plus de ces débats oratoires ont lieu dans les écoles secondaires du Québec.

    Formation

    Jonathan Bracewell enseigne à Selwyn House aux niveaux allant de la 2e à la 4e secondaires. Depuis son arrivée à la faculté d’anglais du collège, il est responsable de l’enseignement des débats. Dans ses classes de 2e secondaire, il rencontre des élèves novices qui auront à débattre pour la première fois. « Avant même de débattre, nous commençons par aborder certains thèmes en classe », commente Jon Bracewell. 

    C’est que l’exercice est assez complet et fait appel à toute une gamme de facultés chez l’élève. Au commencement, on familiarise les élèves avec des sujets d’actualité et, à force de discussions, peu à peu les jeunes finissent par se faire une tête et sont alors capables d’apporter des arguments qui feront naître le débat.

    Les règles qui régissent les débats sont assez strictes et Jon Bracewell explique le déroulement d’un tournoi : « Deux équipes de deux personnes (formées du premier et du second intervenants) se font face, les “ pour ” et les “ contre ” (en anglais, proposition-opposition). Le premier intervenant des “ pour ” prend d’abord la parole pendant huit minutes, c’est ensuite au tour du premier intervenant des “ contre ” de prendre la parole pendant huit minutes. Tous deux présenteront leurs arguments. Toujours pendant huit minutes, ce sera ensuite au tour des seconds intervenants de faire valoir leur point de vue. Durant les quatre minutes suivantes, le premier intervenant des “ pour ” servira sa conclusion et ses réfutations et laissera sa place au premier intervenant des “ contre ”, qui fera la même chose. C’est maintenant au tour des juges d’évaluer les discours selon des critères tels que le contenu, l’argumentation, le raisonnement, l’organisation, la présentation, l’élocution, la réfutation et la conclusion. Les points accumulés pour chacun des critères détermineront l’équipe gagnante. »

    Rappelons que, pour corser un peu l’exercice, les élèves qui s’affrontent le font sur deux terrains : avec des sujets connus d’avance, mais aussi avec des sujets improvisés.

    Sport extrême

    Karl Valentini est un élève de 4e secondaire à Selwyn House et, cette année, il sera fort occupé : non seulement fait-il partie de l’équipe de débat de son école, mais il est aussi membre de l’équipe canadienne. C’est depuis la 2e secondaire que Karl pratique le sport extrême des débats oratoires. « Plus jeune, j’avais déjà fait des compétitions oratoires, mais je voulais tenter ma chance avec les débats, parce que je m’intéresse au monde des affaires, au commerce et au droit, que je lis beaucoup à propos des événements internationaux et que le débat est un assemblage de tous ces sujets. En débattant, je peux mettre en scène mes connaissances du monde », nous raconte avec passion Karl Valentini.

    C’est en 3e secondaire que Karl décide de consacrer plus de temps aux débats. Il participe alors à plusieurs tournois provinciaux à Toronto et à Winnipeg. « Encore cette année, lors de tournois provinciaux, mon partenaire et moi avons très bien performé et nous avons participé aux tournois nationaux de Calgary. Nous avons ensuite participé aux essais pour nous joindre à l’équipe nationale », se souvient Karl. 

    Seulement trois élèves de chaque province ont été choisis pour accéder aux essais. De ces 30 personnes, 12 ont été retenues pour former l’équipe nationale du Canada. Karl n’est pas peu fier de faire partie de cette équipe, qui s’est envolée l’été dernier pour les Bermudes afin de participer au Pan American Championship, où s’affrontaient des pays comme les États-Unis, le Mexique, le Pérou, les Bermudes, le Chili et le Canada. Devinez qui a gagné ces compétitions aux Bermudes? C’est l’équipe de Karl, bien sûr ! Cette année, on le retrouvera en Allemagne, et qui sait vers où s’envolera notre orateur dans le futur ?

    Si les voyages forment la jeunesse, les débats, eux, structurent les esprits. Dans un monde où le superficiel gruge chaque jour une part du rationnel, il est plus facile pour les esprits bien formés de faire des choix éclairés.


    Collaboratrice












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