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    Enseignement supérieur - Le ministre prône la valorisation des institutions et du savoir

    17 août 2013 | Thierry Haroun | Éducation
    Le ministre Pierre Duchesne estime qu’il faut éviter de placer les collèges en concurrence.
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre Pierre Duchesne estime qu’il faut éviter de placer les collèges en concurrence.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    La «paix sociale» étant revenue au Québec, en particulier dans les établissements d’enseignement supérieur, l’heure a sonné de consacrer temps et énergie à la qualité de l’enseignement, à la transmission du savoir et à la valorisation du réseau scolaire. Tel est le message que lance le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, à l’aube de la rentrée scolaire.

     

    D’entrée de jeu, Pierre Duchesne tient à rappeler, en faisant référence à la crise étudiante qui a sévi pendant plusieurs mois l’an dernier, que la « paix sociale » et le calme sont revenus au Québec dans les « campus et les collèges » ainsi qu’au sein du réseau universitaire.

     

    En ce qui a trait à la filière collégiale, le ministre juge qu’il est « plus que jamais temps de reconnaître leur rôle stratégique » au Québec tant par la dispensation de la formation préuniversitaire que pour la formation technique : « Ça vaut de l’or [la formation technique], parce qu’on fait face à des pénuries d’emplois. La formation technique va jouer un rôle important afin de répondre aux besoins du marché du travail. Il s’agit donc de valoriser les collèges sur l’ensemble du territoire. »

     

    On rappellera qu’à l’issue du Sommet sur l’enseignement supérieur de février dernier, Québec a mis sur pied cinq chantiers de travail portant sur l’avenir de l’enseignement supérieur. Parmi ceux-ci, il y a celui qui porte sur l’offre de formation collégiale, dont le rapport est attendu au printemps prochain.

     

    À propos de l’offre de formation

     

    La situation démographique qui se profile dans certaines régions met en péril la viabilité de certains programmes et même de certains collèges, note-t-on dans la documentation officielle. C’est dans cette optique que les travaux de chantier formuleront des recommandations sur le déploiement de l’offre de formation régionale et la définition de créneaux régionaux.

     

    Par ailleurs, on compte se pencher sur la complémentarité de l’offre de formation. C’est-à-dire ? « Il faut éviter de placer inutilement le réseau des collèges en concurrence, avance le ministre. La complémentarité dans les régions s’exprime beaucoup par des programmes originaux qui y sont implantés depuis bien longtemps. »

     

    Peut-on pour autant aller jusqu’à accorder des exclusivités comme la formation dans le secteur des pêches en Gaspésie, comme le souhaitent les acteurs de cette région ? « Je suis très favorable à une approche dans laquelle on reconnaît une exclusivité », assure M. Duchesne.

     

    Revenant sur l’importance de l’arrimage des savoirs, par l’entremise des centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT) avec les besoins du marché, le ministre rappelle avoir fait une annonce en mai dernier d’un investissement de plus de 2,5 millions de dollars visant l’agrandissement du Centre de métallurgie du Québec (intégré au cégep de Trois-Rivières) et pour l’acquisition d’équipements spécialisés.

     

    Ce projet, d’une valeur totale de plus de quatre millions de dollars, va permettre à ce centre d’agrandir sa superficie de 8000 pieds carrés. De plus, l’achat des équipements spécialisés permettra, entre autres, de développer une technologie de moulage en moules de graphite et des pièces résistantes à l’usure et à la corrosion par l’application de revêtements de surface spéciaux.

     

    « Écoutez, le bâtiment de ce centre est installé au coeur du parc industriel de Trois-Rivières. C’est une caractéristique de nos collèges qui impressionnent des gens de France à qui j’en parlais récemment. Ils sont impressionnés par notre approche qui ressemble beaucoup à celle qu’on retrouve en Allemagne. La très grande majorité des collèges ont au sein de leur établissement un centre collégial de transfert technologique, et ce, dans un champ d’expertise particulier. Ces centres permettent de répondre, dans leur région respective, aux besoins particuliers d’une industrie », note-t-il.

     

    Le cégep dans la vie d’un jeune

     

    Au-delà du parcours pédagogique et du béton, il y a le cégep comme moment charnière dans la vie d’un jeune, admet le ministre, lançant au passage une flèche à ses adversaires politiques, car « à la différence de la Coalition avenir Québec et de son chef, François Legault, selon qui les cégeps sont des endroits où on fumait du pot, et à la différence du Parti libéral du Québec et de Pierre Moreau, qui lors de la course à la chefferie remettaient en question l’existence même des cégeps, mon gouvernement et moi considérons que les cégeps - une invention québécoise issue de la Révolution tranquille - sont des endroits qui permettent aux jeunes adultes de se définir dans la société pendant leur parcours scolaire. C’est un moment crucial pour un jeune adulte qui lui permet de développer son sens critique », estime le ministre.

     

    Le réseau universitaire

     

    Concernant le réseau universitaire, notre entretien avec M. Duchesne s’est principalement penché sur la recherche et le chantier consacré à la politique de financement des universités. « C’est le chantier qui s’étend sur la plus longue période parce que le rapport est attendu à l’été 2014. Vous savez, le financement est basé sur le nombre d’élèves. Donc, plus vous avez d’élèves, plus vous recevez du financement. Et on s’est aperçu qu’il y a un risque […] de dérive. On met ainsi inutilement en concurrence les universités les unes contre les autres parce qu’elles cherchent à augmenter leur clientèle. La grille de financement [à venir] va donc devoir tenir compte d’autres critères que juste le nombre d’élèves. Et ça, c’est compliqué », dit-il.

     

    Sur le plan de la recherche, celle-ci doit demeurer indépendante coûte que coûte, insiste Pierre Duchesne. « La recherche doit être libre et ne pas être [menée] à des fins économiques et autres. Il faut d’abord avoir une recherche fondamentale qui mène ensuite à une recherche appliquée. Et à la différence d’Ottawa, qui fait actuellement des choix qui opposent la recherche fondamentale à la recherche appliquée, nous croyons qu’il doit y avoir un équilibre entre ces types de recherche. Il est d’ailleurs ridicule d’opposer ces deux types de recherche dans une société du savoir. »

     
     
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