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Coopération France-Québec - Mission: maintenir le niveau d’excellence

Les universitaires français et québécois coopèrent depuis 1965

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Presque cinquante ans de coopération plus tard, la France est le deuxième partenaire du Québec, après les États-Unis, en matière de recherche fondamentale. Près de 13 000 étudiants français fréquentent les universités québécoises, tous cycles confondus, et le Centre français de recherche scientifique, le fameux CNRS, a établi trois de ces quatre unités mixtes internationales canadiennes au Québec. Un bilan qui n’est pas sans défis… défis qui seront discutés mardi dans un colloque intitulé La collaboration universitaire France-Québec à l’heure des savoirs sans frontière.


«Sur les 28 000 étudiants étrangers dans les universités québécoises, 32 % sont Français, précise Gilles Savard, directeur recherche et innovation à l’École polytechnique et membre du Conseil franco-québécois de coopération universitaire (CFQCU). On en retrouve environ 10 000 au premier cycle, 2000 à la maîtrise et 800 au doctorat. Notre réalité est mondiale, globalisée, qu’on le veuille ou non. Et nos entreprises font affaire partout sur la planète. Elles cherchent donc du personnel hautement qualifié formé dans nos universités et qui soit en mesure de travailler partout dans le monde. La mobilité des étudiants est fondamentale. En France, c’est même devenu une obligation pour tous les étudiants en fin de cycle d’aller faire un stage à l’international. C’est aussi une vision que nous avons au Québec. Nous devons faire en sorte que nos étudiants soient confrontés à la réalité mondiale avant d’arriver sur le marché du travail. »


Dans ce contexte, la France est un partenaire naturel du fait de sa proximité culturelle. « Cette coopération universitaire s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large d’amitié et de liens entre le Québec et la France, explique M. Savard. Notre histoire commune joue un rôle, tout comme la langue française. Sur le plan de l’identité culturelle, des recherches en sciences sociales, nous avons des façons de faire et de réfléchir assez proches. Mais surtout, la recherche se fait avec du personnel, des hommes, des femmes, professeurs, associés de recherche, chercheurs, techniciens. Derrière toute activité de recherche, il y a, avant tout, des personnes, et souvent des amitiés se créent. Il y a une proximité, des affinités, ne serait-ce que culturelles, qui favorisent la formation de bonnes équipes de recherche. »

 

Arrive le CFQCU


Depuis 1965, cette coopération a eu ses hauts et ses bas. D’où la création, en 2008, du CFQCU, organisme léger, exclusivement composé de bénévoles appartenant au monde universitaire des deux côtés de l’Atlantique et relevant directement de la Commission permanente de coopération franco-québécoise. Ses missions : mettre en place un programme en vue d’apporter un soutien à la mobilité professorale et étudiante, administrer un programme de partenariat stratégique en matière d’enseignement et de recherche - 10 à 12 projets de recherche bilatéraux étant financés chaque année par l’organisme -, répondre aux besoins des établissements d’enseignement supérieur en déterminant les modalités des nouveaux programmes d’échange France-Québec et, enfin, conseiller et contribuer à l’identification des défis, à la définition et à la fixation des priorités en matière de développement de la coopération franco-québécoise.


Son principal fait d’armes durant ses cinq années d’existence : faire une veille et un relevé de tous les programmes de collaboration qui existent entre la France et le Québec. « Tant au niveau recherche que programmes de bourses et gouvernance, précise Gilles Savard. C’est un effort qui peut sembler anodin, mais cette cartographie de la coopération universitaire franco-québécoise va nous permettre de travailler de façon plus rationnelle, d’éliminer les doublons et d’évaluer les lacunes. Nous avons travaillé selon une règle que nous avons appelée “des quatre p” : panoplie des programmes d’échange pour nous assurer que la diversité est bien respectée, pertinence de ces programmes, potentialité et pérennité. »


Autres réalisations, l’attribution d’un financement de 30 000 dollars annuels à une soixantaine d’équipes de recherche et la finalisation d’une convention de stage pratique pour les étudiants québécois comme français. « Cette collaboration est là pour durer, estime M. Savard. Elle est fondamentale et en pleine croissance. Il suffit de voir le nombre d’entreprises françaises qui viennent s’installer au Québec. La question que l’on peut se poser, et c’est l’objet du colloque de l’ACFAS, c’est de savoir ce que, dans un monde aussi globalisé que le nôtre, dans un monde où la recherche est maintenant globale, notre collaboration peut apporter de plus. »

 

Innovation


Chacun pourra apporter sa réponse mardi, mais du point de vue de Gilles Savard, le défi se pose surtout en termes d’innovation. Historiquement, les universités fabriquaient du savoir et formaient du personnel hautement qualifié. « Aujourd’hui, explique-t-il, on inscrit les universités et les grandes écoles dans la chaîne d’innovation. Ce n’est pas tout de former. Nous devons aussi participer au développement de la société. Si des entreprises comme Air Liquide, L’Oréal, Ubisoft, Bombardier, Alcan, etc., s’installent ici, c’est parce qu’elles y trouvent un personnel hautement qualifié. Mais elles ont aussi besoin de gens qui soient créatifs, qui aient le sens de l’innovation, parce que c’est ça qui fait toute la différence vis-à-vis de la concurrence. Peut-être que l’innovation sociale, l’innovation technologique devraient être un axe de réflexion pour la collaboration universitaire franco-québécoise. »


Autre défi : le vieillissement de la population de chaque côté de l’Atlantique, qui ne doit pas amener les pays à fermer leurs frontières à la coopération universitaire de peur de faire fuir les cerveaux, mais qui doit, au contraire, les pousser à s’ouvrir afin de trouver des solutions ensemble. Ou encore le rôle que doit jouer cet organisme bilatéral au sein de l’organisation de la francophonie. Encore là, quelques pistes émergent, comme la mise en place de la formation à distance avec la diffusion en ligne, notamment à destination des étudiants du Sud, des cours enseignés dans les établissements universitaires francophones de renommée mondiale. « Les Américains le font déjà beaucoup en anglais, explique Gilles Savard. Nous devons nous lancer nous aussi sur ce marché afin de maintenir la diffusion de l’excellence de la science en français. »


 

La collaboration universitaire France-Québec à l’heure des savoirs sans frontière, le mardi 7 mai au local 2840 du pavillon Alexandre-Vachon.



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