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PME: apprendre à survivre dans un environnement fragilisé

4 mai 2013 | Caroline Rodgers | Éducation
La survie de l’économie québécoise passe par l’internationalisation des entreprises, selon Claire V. de la Durantaye.
Photo : Agence France-Presse Kazuhiro Nogi La survie de l’économie québécoise passe par l’internationalisation des entreprises, selon Claire V. de la Durantaye.
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Bien que cinq années se soient écoulées depuis la crise de 2008, les entreprises continuent d’évoluer dans un environnement d’affaires difficile et plus complexe que jamais. Quels sont leurs défis actuels ? Comment survivre, croître et innover ? Les chercheurs et les entrepreneurs se penchent sur la question à l’occasion d’un colloque sur la PME au XXIe siècle au congrès de l’Acfas.


«La notion d’environnement d’affaires a beaucoup évolué au cours des dernières décennies, dit Claire V. de la Durantaye, chercheuse associée au Centre de recherche interdisciplinaire sur les PME et l’entrepreneuriat de l’UQTR. On le définissait autrefois essentiellement comme les rapports entre les gens d’affaires et leurs clients et fournisseurs. Aujourd’hui, l’environnement d’affaires est plus large. Il tient notamment compte des gouvernements, des politiques fiscales et du système financier mondial. »


Concrètement, cet élargissement du contexte d’affaires pose des défis à l’entrepreneur et exige de lui des connaissances et une compréhension accrues du monde dans lequel il évolue. « L’entrepreneur d’aujourd’hui doit avoir une excellente compréhension de son environnement pour survivre. Dans les années 1960, on lui demandait simplement de répondre à la demande autour de lui, dans sa région, son pays. Dans les années 1980 et 1990, on lui a dit d’être plus efficace, de comprendre et d’implanter de nouvelles technologies. Mais aujourd’hui, il doit penser globalement et savoir que son marché sera peut-être l’Inde ou la Chine », ajoute Mme de la Durantaye.


Ce faisant, l’entrepreneur doit notamment aller chercher des partenaires à l’étranger, qu’ils soient fournisseurs ou clients. Il lui faut agir vite et occuper des niches pour tirer son épingle du jeu.

 

Nécessaires gouvernements


Dans ce contexte, le rôle des gouvernements pour soutenir les entreprises devrait être de leur fournir l’information stratégique dont elles ont besoin pour comprendre les marchés et de faciliter leur internationalisation, notamment en organisant des missions à l’étranger, croit la chercheuse. « Il faut que les entreprises puissent trouver facilement l’information qui leur permet de combattre la concurrence étrangère et de se positionner sur le marché mondial. »


De plus, les gouvernements doivent mieux soutenir l’innovation. « Les recherches démontrent qu’en général, les PME qui innovent davantage, qui s’internationalisent et qui sont plus ouvertes à l’environnement actuel ont la plus forte croissance. Les entreprises conservatrices éprouvent plus de difficultés. »


Or, les gouvernements actuels ont de la difficulté à remplir leur rôle de soutien stratégique auprès des entreprises. « La crise de 2008 a heurté le coeur de la machine capitaliste. L’Occident, qui est devenu la puissance économique la plus importante après la Révolution industrielle, est touché, aujourd’hui, au coeur même de sa structure sociale et économique. Que ce soit au Québec, en Amérique du Nord ou en Europe, on constate une grande faiblesse des gouvernements à l’heure actuelle. Ils sont dans l’incapacité d’agir, notamment parce qu’ils ont mis l’accent sur la gestion de la crise et de ses conséquences au lieu d’essayer de relancer l’embauche dans les entreprises, ce qui devrait être la réponse à toute crise. D’autre part, ils sont surendettés parce qu’ils ont mis au point un État-providence qu’ils ne sont plus capables de soutenir. Or, leurs économies ont besoin de mesures pour permettre aux entreprises de traverser cette période difficile. Les mesures d’aide actuelles sont inefficaces. »

 

Méfiance


À cela s’ajoute un climat de morosité, de corruption et de méfiance vis-à-vis du monde des affaires. « Parmi les conséquences de la crise, on a vu depuis 2008 se développer un climat antientrepreneurs et antiriches. C’est un phénomène qu’il faut contrer rapidement. »


Pour Claire V. de la Durantaye, la survie de notre économie passe inévitablement par l’internationalisation des entreprises et une ouverture sur les marchés d’avenir. « Si on ne se soucie pas d’avoir des entreprises qui vendent en Asie comme elles ont vendu pendant des années aux États-Unis, on ne ranimera pas l’économie », conclut-elle.


 

Subir ou défier l’environnement : état de la question, le jeudi 9 mai à 8 h 30 au local 1447 du pavillon Charles-de-Koninck.



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