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Enseignement de l’histoire - Assez des querelles

7 mars 2013 | Josée Boileau | Éducation
Dans la plateforme électorale du Parti québécois, l’engagement est clair et succinct : «Renforcer l’enseignement et la recherche de l’histoire à tous les niveaux, de l’école primaire à l’université, en privilégiant la connaissance de l’histoire nationale du Québec et de ses institutions. »

En entrevue au Soleil l’automne dernier, Marie Malavoy, alors fraîchement nommée ministre de l’Éducation, avait été tout aussi claire et succincte : il fallait, disait-elle, redonner « du relief » au débat national, plutôt que de le lier « à une succession de thèmes moins en lien avec notre propre identité ». La ministre souhaitait agir vite : « Si on est capables de faire des choses dès l’année prochaine, on le fera. »


La démarche, légitime, est donc en cours, comme l’a appris Le Devoir. Hélas, le groupe de travail hétérogène mis en place le mois dernier par le ministère de l’Éducation pour revoir l’enseignement de l’histoire est court-circuité par un petit groupe qui veut s’approprier cette révision, sous la seule supervision de la ministre elle-même.


C’est l’officialisation d’une guerre des clans qui a cours depuis des années et dont la page Idées du Devoir a souvent fait écho. Pas de nuance, pas de quartier. Les tenants de l’histoire nationale d’un côté, subdivisés entre fédéralistes et nationalistes, ceux de l’histoire sociale de l’autre. Si des ponts existent, et forcément il y en a, on ne s’en vante pas. Plutôt, chacun prête à l’autre les pires intentions : l’histoire nationale se dit ignorée, l’histoire sociale se sent dénigrée. Et l’histoire du Québec tout court s’en trouve perdante.


La ministre Malavoy devrait prendre garde de ne pas être avalée par un camp dans ce débat traversé d’antagonismes personnels, de jugements ex cathedra et d’arrière-fond partisan. Il lui faut insister pour que soient réunis autour de la table un aréopage d’intervenants, comme telle était au départ son intention. Si ceux-ci ne peuvent pas se parler, qu’on les chasse tous et qu’on en trouve d’autres !


Il apparaît quand même invraisemblable que, dans la richesse de l’historiographie actuelle, il ne soit pas possible de bâtir pour les jeunes une trame narrative du Québec où se jouxteraient événements politiques, sans les édulcorer, et avancées sociales, sans les minimiser. On peut lire Éric Bédard ET Denyse Baillargeon raconter 1837 comme l’Expo 67.


Mais cela irait encore mieux si on avait plus d’heures de cours pour ce faire (ah ! six mois intensifs d’histoire du Québec à la fin du primaire !), et des profs moins didacticiens, plus… historiens, mieux à même de faire des liens. Vaste programme pour la ministre : raison de plus pour s’éviter les querelles.

 
 
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