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McGill nomme une première rectrice francophone

Suzanne Fortier entrera en fonction en septembre

6 mars 2013 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
Suzanne Fortier
Photo : McGill Suzanne Fortier
La nouvelle rectrice de l’Université McGill sera francophone, une première dans l’histoire de l’établissement. La scientifique Suzanne Fortier a été choisie à l’unanimité par le Conseil des gouverneurs, qui a rendu publique sa décision mardi. « Je suis très contente. Pour moi, c’est vraiment un honneur et une grande responsabilité », a-t-elle déclaré en entrevue au Devoir. Elle s’est dite particulièrement heureuse d’effectuer un retour à Montréal, au sein de son alma mater de surcroît.

Ancienne étudiante de McGill, Mme Fortier a passé les sept dernières années comme présidente du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG). Avant cela, elle avait été de loin la favorite dans la course au rectorat de l’Université de Montréal en 2005, finalement remportée par Luc Vinet. Très critiquée par les professeurs et les étudiants, cette préférence pour M. Vinet, alors que la candidature de Mme Fortier semblait plus largement plébiscitée, avait été perçue par plusieurs comme une manoeuvre déloyale du rectorat. Est-ce aujourd’hui une douce revanche que de devenir rectrice d’une université concurrente ?


« Quand on entre dans une course comme celle-là, il faut toujours être prêt à gagner ou perdre », a-t-elle dit, faisant allusion à cette occasion manquée à l’UdeM. N’empêche, elle admet avoir ressenti une certaine incompréhension à l’époque. « Mais j’ai rapidement tourné la page. Je suis une personne qui regarde en avant. »


Dans sa carrière, Mme Fortier a notamment occupé les fonctions de cadre en recherche et en administration au département de chimie de l’Université Queen’s, à Kingston. Originaire de Saint-Timothée, devenu Salaberry-de-Valleyfield, c’est à Montréal vers la fin des années soixante, qu’elle obtient un baccalauréat en… cristallographie. Pardon ? Elle rigole au bout du fil. « Oui, c’est bizarre. Je crois que je suis la première et la seule à avoir étudié dans ça », note-t-elle, avant d’entreprendre de résumer sa formation en deux phrases. « Ça étudie l’architecture de la matière. Ce qui est fantastique, c’est que la matière, comme beaucoup d’objets, suit le principe de la forme et de sa fonction. C’est la même chose avec les molécules. Notre meilleur exemple, c’est l’ADN. »

 

L’atout francophone


Succédant à Heather Munroe-Blum, Mme Fortier poursuit la tradition féminine du rectorat de McGill. Mais pour la première fois, c’est une francophone qui mènera le bal. Sur un Québec encore empreint de tensions linguistiques, est-ce un atout ? « Je pense que c’est important, non pas nécessairement le fait que je sois francophone, mais qu’on ait une personne avec une ouverture à plusieurs cultures, pas seulement aux deux cultures qui, principalement, fondent le Canada, mais à l’échelle mondiale aussi », a-t-elle indiqué.


Elle ne nie pas qu’il existe des tensions et que certains Québécois francophones déplorent notamment que McGill forme avec les ressources d’ici nombre d’étudiants qui iront travailler ailleurs. « Je pense qu’il y a une partie des Québécois, peut-être dans la population francophone, qui n’a pas jusqu’à maintenant vu McGill comme étant une université à eux. J’espère qu’on va avoir cette ouverture. »


Le monde a changé, les frontières sont tombées… Il faudra repenser le rôle et la mission de l’Université dans ce contexte, a-t-elle assuré. Évitant de se prononcer très précisément sur les combats qu’elle entend mener, Suzanne Fortier laisse entendre que pour bien « équiper » les générations futures, des ressources seront nécessaires. « On commencera par définir nos objectifs et après, on verra les coûts que ça va nécessiter et quelles sont nos priorités. On ne peut pas se payer tout. Ça va être un beau défi et un beau travail à faire avec la communauté. »


L’indexation imposée par le gouvernement péquiste est-elle un pas dans la bonne direction ? « C’est là un geste symbolique », s’est-elle contentée de dire. Suzanne Fortier entrera en fonction en septembre après le court intérim qui suivra le départ de Heather Munroe-Blum, fin juin.

 
 
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