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    Université de Montréal - Le «marché du savoir» a ses partenaires

    Les besoins du milieu orientent souvent la formation

    2 mars 2013 |Assïa Kettani | Éducation
    Les guides bénévoles du Musée des beaux-arts de Montréal sont formés à l’Université de Montréal.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Les guides bénévoles du Musée des beaux-arts de Montréal sont formés à l’Université de Montréal.

    Comptant parmi les sources de revenus des universités, les services de formation continue conçoivent, avec leurs partenaires, des formations étroitement calibrées selon les besoins du marché du travail.


    Au sein de la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, sept partenaires sont derrière l’offre de formation continue, dont le Musée des beaux-arts de Montréal et Relais Expert-Conseil, spécialisé dans la formation professionnelle. « Notre mandat est de développer ensemble des formations. Plusieurs formules sont possibles et tout est toujours négocié au cas par cas », explique Florence Bordage, directrice de la Formation continue. « Il peut s’agir de simplement valider les formations que nos partenaires ont élaborées, de codévelopper les formations ou même de les concevoir de A à Z. »


    En marge de la société du savoir, on met à profit l’expertise pédagogique dans un véritable partenariat d’affaires. « Le département de formation continue est un service », poursuit-elle. « Lorsqu’une entreprise nous approche, nous commençons par analyser s’il y a matière à tisser un partenariat. Nous ne sommes pas un OSBL ! Nous privilégions par exemple les créneaux que nos concurrents n’ont pas encore exploités. »


    De son côté, l’Université de Montréal apporte une expertise dont fait foi son cachet universitaire. « En s’associant avec nous, nos partenaires ont l’avantage de la crédibilité de l’Université de Montréal, qui entoure les projets dans lesquels ils s’impliquent. Même si nos formations ne sont pas approuvées par différents comités, il faut que la qualité universitaire soit au rendez-vous. Elles sont mises au point ou validées par des membres du personnel de l’Université. »


    Du côté des partenaires, c’est bien cette expertise didactique qui fait la différence, comme le confirme Luc Chabot, président de Relais Expert-Conseil : « Ce que nous cherchons, c’est leur connaissance des mécaniques pédagogiques et des processus interactifs, leur maîtrise du dosage entre le contenu diffusé et la gestion de l’horaire. Ils nous apportent de la crédibilité et une assurance de rigueur et de qualité. »


    Partenaire de l’Université de Montréal depuis deux ans, Relais Expert-Conseil a conçu avec elle des formations en gestion pour les entreprises, formations destinées aux gestionnaires de premier niveau hiérarchique. « Il s’agit par exemple de contremaîtres ou de chefs de chantier, soit de très bons ouvriers à qui on confie des mandats de gestion, mais qui n’ont aucune formation en gestion. Comme il n’existait pas de formation complète sur ce sujet, nous y avons vu l’occasion de nous adresser à l’Université de Montréal », poursuit Luc Chabot.


    Partenaires


    Mais la relation entre l’Université et ses partenaires se construit dans les deux sens. Si, d’un côté, l’Université apporte un gage d’excellence, le partenaire doit, de son côté, proposer des pistes de formation intéressantes. Ainsi, l’Université se réserve le droit de refuser tout mandat jugé peu porteur ou novateur, qui n’exige pas l’expertise d’une université. « Nous évaluons la qualité de ce qui nous est proposé. Nous refusons, par exemple, de concevoir des formations sur des logiciels déjà connus et utilisés de tous. Ce n’est pas le mandat d’une université. Nous développons des formations pour des ordres professionnels sur des sujets précis. » Les critères de sélection des partenaires retiennent également « s’ils sont experts dans leur domaine et si leur profil rentre bien dans un cadre universitaire ».


    De plus, si l’université fournit ses spécialistes, les critères de la formation sont cernés par le client. En ce qui concerne le partenariat entre l’UdeM et Relais Expert-Conseil, la définition des critères de formation s’est révélée un travail de longue haleine, justement pour aboutir à une formation répondant très précisément aux besoins sur le terrain. « Ce travail a duré un an. Nous avons créé un comité de pilotage et mené une étude préliminaire pour cerner les compétences recherchées. Pour définir les enjeux de formation, nous avons réuni des spécialistes des ressources humaines dans tous les secteurs d’activité pour leur demander ce qu’ils attendaient de leurs gestionnaires et quels étaient leurs enjeux prioritaires. Nous avons ensuite validé le tout avec l’Université », explique Luc Chabot.


    Les partenaires apportent ainsi à l’Université leur connaissance précise du milieu, permettant aux universités de rester au fait des besoins de formation professionnelle qui ne cessent d’évoluer. « Pour savoir ce qui est pertinent dans le monde du travail en 2013, il faut des praticiens connectés aux réalités et aux enjeux professionnels. Ces formations ont l’avantage d’être beaucoup moins rigides que les formations universitaires créditées, puisqu’elles sont élaborées de concert avec des gens de tous les secteurs d’activité », poursuit-il. Elles combinent la rigueur universitaire et la qualité pédagogique à un côté très pratique, axé sur les réalités vivantes du milieu. Cela correspond exactement à ce que je veux comme entrepreneur. »


    Au final, le partenariat débouche sur un produit hybride entre les mondes universitaire et pratique. Luc Chabot loue « la richesse de ce va-et-vient entre le pratique et le théorique », ainsi que la possibilité de créer des ponts entre les deux milieux.


    Le même son de cloche se fait entendre du côté du MBAM, où ce sont les besoins du milieu qui dictent la formation. Le musée est le plus ancien partenaire de la Formation continue de l’Université de Montréal, puisque cela fait 15 ans que ses guides bénévoles y sont formés. Contrairement à la majorité des formations continues, présentées en 3 jours maximum, la formation pour devenir guide s’étale sur deux trimestres. « La clientèle des musées évolue », explique Florence Bordage. « Les visiteurs de musée ne sont plus les mêmes qu’il y a 20 ans. On ne veut pas un professeur en face de nous dans un musée. Le Musée recherche donc un profil très particulier pour ses guides : il faut qu’ils soient très connaisseurs en art, tout en étant de bons animateurs capables d’intéresser le public. »


    À l’avenir, tout porte à croire que ce type de partenariat ne fera que prendre de l’ampleur. En effet, non seulement la formation continue répond aux besoins des milieux professionnels pour du personnel de mieux en mieux formé, mais elle représente également une solution privilégiée pour renflouer les caisses des universités.



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