Étude française - Travailler plus de 16h par semaine nuirait aux études universitaires

Paris — Comme au Québec, les associations étudiantes françaises sont parties en guerre contre le salariat étudiant. Même si le phénomène est moins répandu que chez nous, le travail en cours de session est considéré en France comme une des principales causes d’échec scolaire. L’Union nationale des étudiants de France (UNEF), l’un des principaux syndicats étudiants de France, vient de lancer une campagne sur le sujet dans laquelle elle dénonce l’extension du salariat étudiant qu’elle qualifie de nouveau « péril jeune ».

L’UNEF s’appuie sur une étude réalisée en 2009 qui démontre que, au-delà de 16 h de travail par semaine, le travail des étudiants nuit à leur réussite scolaire. L’étude ne concerne que les étudiants de l’université, le travail à temps partiel étant pratiquement inexistant chez les élèves du secondaire et du lycée (cégep). Selon l’étude du Centre de recherche en économie et statistiques, il n’y aurait aucune corrélation entre l’échec scolaire et le fait qu’un étudiant à l’université travaille moins de 16 h par semaine. Par contre, au-delà de 16 h, « l’occupation d’un emploi régulier réduit significativement la probabilité de réussite à l’examen de fin d’année universitaire », disent les chercheurs.
 
Cette étude semble corroborée par le travail de Jean-François Giret, maître de conférences à l’Université de Bourgogne. Selon lui, au-delà d’un travail à mi-temps dans un emploi sans rapport avec son cursus universitaire, les chances de réussite d’un étudiant à l’université chutent à 68 %. Il note cependant que si l’étudiant travaille dans un domaine proche de son champ d’études, ses chances de réussite sont nettement plus élevées. « Dans tous les cas, plus l’investissement en temps est important, plus le travail en cours d’études a des chances d’être valorisé sur le marché du travail, mais plus le risque qu’il perturbe les études est élevé », écrit-il.

Étudier est un métier

L’UNEF soutient de son côté qu’étudier est un métier à plein temps. D’ailleurs, les grandes écoles françaises, généralement gratuites et qui décernent les diplômes les plus prestigieux, avertissent les candidats que les études y sont incompatibles avec un emploi, même à temps partiel. On estime néanmoins qu’environ la moitié des étudiants français qui fréquentent l’université travaillent. 
 
Une proportion en hausse, mais qui demeure moins élevée qu’au Québec. Selon une récente étude de l’Institut de la statistique du Québec, les étudiants québécois travaillent de plus en plus durant leurs études. Depuis les années 2000, 59,4 % des étudiants québécois à temps plein entre 20 et 24 ans travaillaient plus de 15 h par semaine durant l’année scolaire. Dans ce groupe, ils étaient même 17,3 % à dépasser 25 heures.
6 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 26 février 2013 08 h 58

    D'accord

    Je suis sans doute vieux jeu mais je n'aurais jamais pu faire des études de science physique sans me conssacrer à plein temps de septembre à mai à mes ėtudes qui exigeaient des heures de travail le soir à la maison.

  • André Michaud - Inscrit 26 février 2013 09 h 00

    La Suède

    En Suède l'éducation est gratuite et les étudiants travaillent peu durant leurs études.

    Résultat, ils sortent aussi endetté que les étudianst d'ici...même si l'éducation est gratuite.

    Par contre ceux qui continuent de demeurer avec leurs parents pendant leurs études évitent cet endettement. Quand on a pas à aller étudier dans une autre ville, et qu'il est possible d'étudier à la maison, il faut évidemment faire ce choix logique.

  • Claude Smith - Abonné 26 février 2013 09 h 13

    Pourquoi ?

    Pourquoi 60 % des étudiants de 20 à 24 ans travaillent plus de 15 h par semaine ?
    La réponse est sans doute à raisons multiples. Toutefois, il faut reconnaître que nous vivons dans une société de consommation excessive à laquelle les étudiants n'échappent pas surtout quand ils peuvent avoir accès avec une facilité déconcertante à une ou des cartes de crédit. Il y a une foule de produits, notamment technologiques, qui sont désormais considérés comme essentiels. (?)

    Claude Smith

  • Michel Lebel - Abonné 26 février 2013 10 h 13

    Pourquoi?

    Pas nécessaire d'avoir un doctorat pour arriver à cette conclusion! La question est plutôt: pourquoi certains étudiants travaillent plus de 15h par semaine? Est-ce vraiment nécessaire? À approfondir!

  • Benoît Landry - Abonné 26 février 2013 10 h 40

    Soyons logiques

    On condamne l'endettement, on condamne le travail pendant les études, mais on continue à considérer que les étudiants doivent augmenter leurs charges pendant la période qu'ils sont aux études.....

    Les étudiants qui proviennnent des milieux plus aisés, n'ont pas à s'endetter tandis que les autres reçoivent de l'aide de l'État en premier sous forme de prêts.

    Dpoit-on se surprendre que le fossé s'élargisse entre les riches et les pauvres car de plus en plus les mesures prises par nos gouvernants va dans le sens d'appauvrir les plus pauvres et d'enrichir les plus riches