Point chaud - Cours en ligne à accès libre : «Le Québec est en train de manquer le bateau»

Claude Coulombe
Photo: Archives personnelles Claude Coulombe

Dématérialiser pour sortir de la crise. Alors que s’ouvre aujourd’hui à Montréal le Sommet sur l’enseignement supérieur, un spécialiste en technologie de l’apprentissage et de l’éducation s’étonne de l’absence, dans le débat en cours sur le financement des universités, du concept de Cours en ligne à accès libre, une idée provenant de grandes universités américaines qui risque de changer radicalement la face de l’enseignement offert aux générations montantes. Tout en réduisant considérablement les coûts de fonctionnement des maisons d’enseignement.

Claude Coulombe, spécialiste en architecture logicielle et doctorant à la TELUQ, estime même que l’indifférence actuelle envers cette nouvelle forme de transmission du savoir est désolante, vu sa pertinence, et risque également, à moyen terme, de faire manquer au Québec un rendez-vous avec une mutation majeure, et ce, en laissant ce nouveau monde de l’éducation dans les mains d’universités principalement anglophones et étrangères, ou encore dans celles du secteur privé.


« Nous sommes en train d’assister au début d’une révolution majeure dans le domaine de l’éducation, nous sommes face à un changement technologique, une innovation qui va nous conduire vers un point de rupture, et le manque d’intérêt au Québec pour la question des cours en ligne à accès libre en ce moment est tout simplement navrant », dit l’observateur du présent numérique, qui poursuit actuellement des études doctorales, dans une forme très classique, sur le sujet.


Le premier Cours en ligne à accès libre de grande envergure - les anglophones parlent de Massive Online Open Courses (MOOC) - a fait son apparition à l’automne 2011 sous la houlette de la prestigieuse université Stanford, en Californie. Il portait sur l’intelligence artificielle. Offert gratuitement, il a été suivi par… 160 000 étudiants provenant de 190 pays dans le monde et qui n’avaient besoin que d’un ordinateur et d’une connexion à Internet pour y assister. Hasard, ou coïncidence ? Le président des lieux, John L. Hennessy, annonce depuis des mois la mort des salles de cours.


Version contemporaine de l’enseignement à distance, qui se faisait autrefois par correspondance postale et par l’entremise de cassettes VHS, ces cours en ligne pour diffusion massive ont le vent dans les voiles, principalement aux États-Unis où l’on en recense à ce jour pas moins de 300. Outre Stanford, avec son espace d’enseignement dématérialisé baptisé Coursera, le Massachusetts Institute of Technologies, Harvard et Berkeley ont emboîté le pas au printemps dernier en lançant EDx, un consortium de cours en ligne auquel s’est jointe la semaine dernière l’Université McGill, sous l’appellation McGillX. En marge des grandes institutions, Udacity, un service privé de cours en ligne, avance également dans la même direction. Il a été fondé par un ancien professeur de Stanford, Sebastian Thurn, qui a également travaillé sur le concept de voiture sans chauffeur que la multinationale du tout numérique, Google, développe en ce moment.

 

Logique de diffusion massive


Au total, 2,6 millions de personnes aux quatre coins du globe ont fréquenté à ce jour ces salles de classe dématérialisées qui offrent pour le moment des cours puisant principalement dans le champ des sciences dites exactes, l’informatique ou les sciences comptables et le marketing. « Le modèle n’est pas encore très bien adapté aux sciences humaines, dit M. Coulombe. Mais cela n’est qu’une question de temps. » De ce nombre, estime-t-il, 10 000 l’auraient fait depuis le Québec.


Le succès des cours en ligne à accès libre et à diffusion massive est facile à comprendre, selon lui, puisqu’ils répondent aux besoins des générations montantes, ces natifs du numérique, comme on dit, nés en même temps que les technologies de l’information, mais également très habiles avec les outils et les codes que ces technologies ont induits. « Ce sont des cours adaptés pour eux qui vivent au temps de l’ubiquité, sont en permanence dans des communautés dématérialisées et ont des horaires morcelés », poursuit ce fervent militant pour l’implantation immédiate de ce genre de cours au Québec.


Mieux, la logique de diffusion massive liée à ces cours permet de réaliser des économies d’échelle importantes pour les universités tout en leur assurant un rayonnement important partout sur la planète à des coûts très bas. M. Coulombe en veut d’ailleurs pour preuve le cours sur la « modélisation de la pensée » offert récemment par Coursera et dont la création et le partage du contenu est évalué à… 25 cents par étudiant.


« C’est paradoxal, dit-il. Il existe en ce moment une technologie, un concept qui permet d’amener la transmission du savoir à des coûts ridiculement bas. Or, dans le contexte actuel de discussion sur le financement et l’avenir des universités, ce que l’on fait, c’est arriver encore avec des solutions qui viennent d’un autre âge, on ergote sur les colonnes de chiffres, on tient des débats de comptables et on est en train de manquer le bateau .»


Une timidité coûteuse


Une grande timidité est perceptible au Québec en ce qui a trait aux cours en ligne à accès libre, dont l’offre reste encore majoritairement anglophone et surtout en provenance d’autres pays. À une exception près : l’automne dernier, HEC Montréal s’est lancé dans l’aventure avec EDUlib qui a proposé un cours d’introduction au marketing, suivi par 4500 francophones dans le monde. En mars, l’institution compte offrir un cours sur la compréhension des états financiers. Autour, les autres universités observent le phénomène, et ce, alors que la CREPUQ vient discrètement, dans une analyse portant sur l’avenir des universités, de leur recommander de « mettre à profit les environnements numériques » pour la suite des choses. Les cours en ligne ouverts et à diffusion massive sont, entre autres exemples, cités dans le document.


« Les cours en français ne sont pas nombreux, dit M. Coulombe, mais cela ne va pas être long avant que ces cours soient offerts, sans doute par d’autres universités que les nôtres. » La semaine dernière, le très américain Coursera a annoncé le lancement de son premier cours dans la langue de Molière : Analyse numérique, traduction d’un cours monté en anglais. L’école Polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse passe d’ailleurs par ce même outil de diffusion pour son cours d’introduction à la programmation, en français.


« Les cours en ligne à accès libre représentent bien plus qu’un enjeu technique, poursuit-il. Si l’on ne fait rien aujourd’hui, il y a un risque de voir une poignée d’universités desservir le monde entier, y compris le Québec, le tout avec une forte hégémonie des universités américaines » qui débarquent en ligne avec des professeurs prestigieux et des formations en prise directe avec le présent livrées dans une forme adaptée à la nouvelle réalité numérique et surtout sur le point d’être reconnues par les employeurs.


Et cette mutation profonde, à elle seule, gagnerait d’ailleurs, croit M. Coulombe, à se retrouver au coeur d’un nouveau cours en ligne à accès libre, mais obligatoire pour les associations étudiantes, les gestionnaires d’universités et les politiciens : un cours de philosophie sur toutes ces innovations dont on ne sait pas ce qu’elles pourraient bien apporter tout en exposant facilement tout ce qu’elles risquent de faire perdre.

  • Jean Lapointe - Abonné 25 février 2013 08 h 11

    Minute


    Ne nous emballons pas trop monsieur Coulombe.

    Ce n'est parce que des universités américaines expérimentent de nouvelles façons de faire qu'il faille les suivre aveuglément.

    Ne précipitons pas les choses.

    Il y a bien des facteurs à prendre en compte.

    Il faut réfléchir davantage avant de tout chambarder.

    Ce n'est sûrement pas aussi simple que vous semblez le penser.

    Et ce n'est surtout pas parce que des universités américaines le font que c'est nécessairement bon. Surtout pas, quand on sait que les Américains ils sont forts sur les moyens mais très pauvres quand il s'agit des finalités, des «pourquoi».

    • Georges Washington - Inscrit 25 février 2013 12 h 08

      J'ai suivi une douzaine de cours chez: Coursera, Udacity, MITx et edX. Ils ne sont pas tous d'excellente qualité, mais la majorité le sont et sont à mon avis de beaucoup supérieurs à bien des cours offerts dans nos universités.

      Il y a énomément d'avantages à l'éducation en ligne. L'étudiant peut revoir un cours, faire une pause pour consulter la documentation en plein milieu du cours, etc. Ce qui n'est évidemment pas possible avec un cours traditionnel.

      Les cours en ligne sont aussi un grand avantage pour les handicapés puisqu'ils peuvent bénéficier des technologies informatiques développées pour eux.

      Ces cours coûtent jusqu'à 80x moins cher à dispenser que les cours traditionnels.

      Et sachez que plusieurs universités canadiennes et aussi étrangères ont emboîté le pas. McGill est avec edx (http://www.edx.org), l'université de Toronto est avec edX et a aussi offert des cours à Coursera (http://www.coursera.org), UBC est avec Coursera. L'École Polytechnique Fédérale de Lausanne dispense des cours en français et en anglais chez Coursera et edX.

      Consultez la liste des universités qui offrent des cours ou prévoient le faire à court terme avec Coursera et vous verrez que c'est loin d'être un truc d'Américains: http://www.coursera.org/universities

      Nos universités auraient intérêt à se réveiller avant que l'offre complète de cours couvrant une série de programmes ait atteint la maturité d'ici 3 ou 4 ans. Oui, bien sûr, aujourd'hui cela ne mène pas à une diplomation formelle, mais ce n'est qu'un début.

      Et la nécessité de la diplomation formelle pourrait tout aussi bien perdre de sa pertinence avec ce genre d'offre de formation continue pour plusieurs domaines.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 25 février 2013 12 h 14

      Votre commentaire pourrait s'appliquer à tout sujet nouveau. Quel est votre opinion sur le sujet, à part le fait de réfléchir?

    • Claude Coulombe - Abonné 25 février 2013 12 h 24

      Vous avez raison Monsieur Lapointe, mais encore faut-il amorcer la réflexion?

      Sans vouloir tout chambarder, je suis étonné de voir « évacuée » la dimension technologique dans le contexte d'un Sommet sur l'avenir de l'enseignement supérieur au Québec.

      Vous avez également raison de vous interroger sur les finalités des États-Uniens... On assiste présentement au positionnement des grandes universités, des entreprises et des marques. C’est le corollaire de la mondialisation des savoirs par l’usage d’internet.

      Cela dit la première génération de CLOM (Cours en ligne ouverts aux masses) constitue déjà une réponse « pragmatique » et à « faible coût » (la gratuité est un prix difficile à battre! ) apte à satisfaire une partie des besoins d’enseignement en ligne. Juste ce qu’il faut, pas moins, pas plus.

      C’est le fameux pragmatisme des entrepreneurs de la Silicon Valley, le même qui a donné naissance au iPhone qu’on s’arrache aujourd’hui mais qui descend du premier ordinateur Apple avec son boîtier de contreplaqué et construit dans le garage des parents de Steve Jobs.

      Comme on ne peut pas créer quelque chose de parfait du premier coup, il faut rapidement prendre de l’expérience en s’emparant de ce qui existe, en y ajoutant du contenu en français et en l'adaptant à nos besoins.

      Pour en savoir plus, je vous invite à consulter mon petit blogue e recherche (http://hommedejava.blogspot.ca/).

      Au plaisir de vous y lire et de débattre de l'avenir de l'université québécoise à l'äge du numérique.

  • José Igartua - Abonné 25 février 2013 08 h 29

    Plusieurs aspects négligés

    L'article néglige de mentionner plusieurs éléments relatis aux MOOCS. Tout d'abord, ils ne mènent à aucun crédit. C'est la principale différence avec les cours dispensés par les universités dans leur mode traditionnel. Ensuite, les cours offerts sont surtour des versions "ouvertes" de cours déjà disponibles en format électronique (comme dans Moodle, etc.), ce qui veut dire d'une part que leurs coûts de production est déjà amortie, et de l'autre que l'offre de cours est tres aléatoire.

    L'article néglige aussi de mentionner le taux élevé d'abandons dans ces cours. L'enseignement à distance (peu importe la "plateforme" de diffusion) ne convient, jusqu'à preuve du contraire, qu'à une proportion minime de la population étudiante universitaire.

    La perspective pédagogique de M. Coulombe, telle qu'elle transparaît dans l'article, est un peu courte. Il parle de "transmission du savoir" alors que la fréquentation de l'université devrait mener d'abord à un développement de la pensée et des habiletés intellectuelles. L'internet est un merveilleux outil pour transmettre de l'information; cela n'en fait pas un pédagogue.

    "« Le modèle n’est pas encore très bien adapté aux sciences humaines, dit M. Coulombe. Mais cela n’est qu’une question de temps. »" Cela me laisse perplexe: s'agit-il de changer le modèle de connaissance des sciences humaines pour le rapprocher de celui des sciences dites "exactes"? Au fond, ces sciences sont-elles aussi "exactes" qu'on le prétend? Quel est le modèle de la connaissance scientifique et de l'apprentissage au niveau universitaire qui soustend les MOOCS? Cela appelle à une discussion plus critique que l'engouement démontré pour les soit-disant "nouvelles technologies"; ce n'est pas l'outil qui amène à l'apprentissage, mais l'ensemble des activités d'apprentissage élaboré par un enseignant pour atteindre des objectifs clairement établis.

    Je suis tout à fait prenant des nouveaux outils informatiques, mais ceux-ci doivent s'insérer dans une

    • Richard Laroche - Inscrit 25 février 2013 09 h 53

      "ils ne mènent à aucun crédit" : suffit alors d'organiser un service d'évaluation et d'examens qui puisse être dispensé indépendamment des cours. C'est absurde de contraindre quelqu'un à consommer un service d'enseignement qui n'est peut-être pas nécessaire avant de passer une évaluation et d'obtenir un diplôme. D'autant plus que de nombreux professeurs sont d'avantage des chercheurs que des pédagogues et il n'est pas rare (de ma propre expérience également) que les étudiants sèchent les cours et se présentent uniquement aux examens.

      "le taux élevé d'abandons dans ces cours" : je ne sais pas dans quel programme vous avez étudié, mais dans le mien le taux d'abandon était de plus de 60%. Le taux d'abandon des cours à distance était tout à fait similaire.

      " la fréquentation de l'université devrait mener d'abord à un développement de la pensée et des habiletés intellectuelles" : faux. C'est la fréquentation des universitaires (et non des universités) qui mène à la pensée critique. Le fait de discuter à l'intérieur d'un immeuble ou sur skype ne change rien dans le principe.

      Je comprends les réserves des membres des administrations universitaires et des syndicats face à cette avenue. Il n'est pas façile d'envisager la démolition du système duquel on dépend, même si ce système est manifestement sur le point d'être révolu.

    • Claude Coulombe - Abonné 25 février 2013 23 h 39

      Certains CLOM (Cours en ligne ouverts aux masses) l'équivalent français de MOOC (source:http://goo.gl/Pef98) offrent déjà des crédits à travers diverses ententes avec des institutions d'enseignement comme celle entre Coursera et Antioch University (http://goo.gl/3jPZ8).

      L'American Council on Education a annoncé son intention de recommander des cours de Coursera pour fin d'accréditation (http://goo.gl/jDf5S).

      D'ailleurs Udacity, un des trois principaux CLOM américains a signé une entente avec Pearson VUE qui opère quelques 4000 centres de ttests dans 170 pays (http://goo.gl/P7Nsn).

      Tout cela pour dire que l'accréditation est dans les objetifs futurs des CLOM.

      Passons rapidement sur la critique basée sur les taux de décrochage très élevés (entre 80 et 95 %) car il suffit de quelques clics pour s'inscrire à un cours. Les CLOM attirent donc un très grand nombre de curieux et beaucoup s'inscrivent à des cours pour lesquels ils n'ont pas les pré-requis. C'est dans la nature même des CLOM de donner la chance au plus grand nombre de personnes de s'inscrire et de tenter l'expérience.

      Pour ce qui est de ma « perspective pédagogique un peu courte », vous avez raison, je ne me considère pas « expert en pédagogie ». Cela dit, je suis impliqué activement dans des recherches sur l'apprentissage par compétences au sein d'une équipe multidisciplinaire qui maîtrise le sujet.

      Je comprends également que l'université doit aller au delà de la stricte acquisition de compétences (vision utilitaire) vers la formation d'une personne complète, un véritable intellectuel à l'esprit critique et capable d'introspection (vision humaniste).

      Dans ma vision simpliste, ce sont quand même des compétences mais de très haut niveau et même des méta-compétences qui ne s'acquièrent qu'au fil d'une longue fréquentation du travail intellectuel et le résultat est loin d'être garanti.

      Malheureusement, beaucoup de barbares fréquentent l'université et en sortent diplômés... mais cel

  • Jean Richard - Abonné 25 février 2013 08 h 36

    Le bateau, quel bateau ?

    Un air déjà entendu : le Québec est en train de manquer le bateau. Quel bateau ? Ah ! Cette question, on évite de la poser.

    Il n'y a pas si longtemps, on parlait du Québec qui allait manquer le bateau du commerce en ligne, comme si cette façon d'acheter des biens de consommation était un incontournable. On évitait bien sûr de parler des effets pervers de ce type de commerce, entre autre son bilan écologique.

    Puis il y a eu le bateau du paiement électronique. Or, à ce jour, ceux qui paient avec leur carte de débit ou de crédit à la caisse des épiceries ne font que ralentir la circulation à ces caisses.

    Et maintenant, voici venir le bateau de l'éducation en ligne. Le Québec risquerait de devenir un dinosaure sans futur si ses enfants vont encore à l'école dans une salle plutôt que derrière un écran d'ordinateur. Parole de vendeur de logiciel, qui n'a pas perdu de temps à réfléchir sur l'écologie sociale...

    • Claude Coulombe - Abonné 25 février 2013 12 h 07

      Vous déformez mes propos, je ne prône pas l'emploi des cours en ligne au primaire et au secondaire.

      Bizarrement, c'est le même « vendeur de logiciels » comme vous dites qui recommande l'emploi de logiciels libres.

      Le remplacement des logiciels propriétaires par des logiciels libres engendrerait des économies considérables, de l'ordre de centaines de millions de dollars juste en éducation, en plus de sortir le Québec d'une dépendance envers quelques gros fournisseurs et de favoriser le développement de notre industrie nationale.

      Je suis moi aussi préoccupé par les questions écologiques ce qui vous honore, mais je ne suis pas prêt pour autant à retourner à l'éclairage aux chandelles et au troc.

  • Richard Laroche - Inscrit 25 février 2013 08 h 41

    Trop peu d'attention sur le sujet

    Pourtant, dans toutes les conversations sur les enjeux de l'éducation, le sujet est effleuré. On dirait qu'il n'y a que les groupes impliqués au Sommêt qui n'abordent pas l'enseignement à distance.

    Pourtant, quand on examine les dépenses des étudiants au cours d'un cycle d'études, les frais de logement, de délocalisation et de transports occupent une place beaucoup plus importante que les frais de scolarité.

    Pour les universités, on dépense à entretenir des immeubles, on paye des professeurs à répéter le même cours magistral année après année.

    Définitivement, on passe à coté d'un sujet important.

  • Claude Bernard - Abonné 25 février 2013 08 h 57

    Quels sont les inconvénients des cours en ligne?

    Ces cours multiplient sans doute le nombre d'élèves et la charge des professeurs, sans parler de la facilité de tricher, plagier etc..., mais j'aimerais quant à moi m'inscrire à de tels cours pour mon plaisir personnel.
    C'est là qu'est l'avenir de l'enseignement, parait-il; peut-être que les salles de cours seront toujours nécessaires pour les contacts directs entre élève et professeur et l'effet d'entrainement et de motivation du groupe.

    • Georges Washington - Inscrit 25 février 2013 11 h 54

      Il n'y a pas plus de plagiat dans ces cours que dans les universités. Vous croyez sérieusement que le fait de donner des cours traditionnels dans une classe empêche le plagiat?

    • Jocelyne Choquette - Inscrit 25 février 2013 14 h 50

      Plusieurs de nos diplomés en maitrise et en doctorat soit des plagieurs professionnels ce qui expliquerait l'incompétemce de ses dits étudiants en études supérieures.

    • Claude Bernard - Abonné 25 février 2013 17 h 55

      À M. Savard et à Mme. Choquette,

      Je ne doute pas qu'il y ait des plagiats à l'université, mais on peut faire des travaux en classe pour les détecter ou avoir un doute suffisamment sérieux pour prendre action.
      Pour la fraude en ligne que pouvons-nous y faire?

    • Claude Coulombe - Abonné 25 février 2013 21 h 51

      À M. Bernard, en effet internet est le paradis des imposteurs et du plagiat. Pour le contrôler le meilleur moyen est l'éducation car l'étudiant qui triche n'apprend pas. Le tricheur se pénalise car tôt ou tard son incompétence se révélera. ;(

      Si malgré tous nos efforts d'éducation le plagiat persiste, le meilleur moyen est l'examen contrôlé. Il existe des centres de tests où après s'être dûment identifié, l'étudiant est évalué dans un environnement contrôlé (poste isolé, surveillance par caméra, aucun accès à internet, parfois même cage de Faraday empêchant de communiquer par les ondes).

      D'ailleurs Udacity, un des trois principaux CLOM américains a signé une entente avec Pearson VUE qui opère quelques 4000 centres de ttests dans 170 pays (http://blog.udacity.com/2012/06/udacity-in-partner

      Pour les travaux, il existe des technologies pour détecter la fraude basée sur l'analyse de texte, la lexicométrie, l'analyse statistique et la comparaison avec d'autres textes glanés sur internet et spécialement indexés pour cet usage. C'est un domaine de recherche et d'application en pleine expansion.