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    Sommet des universités - On va se parler!

    Josée Boileau
    23 février 2013 |Josée Boileau | Éducation | Éditoriaux
    On y arrive enfin, à ce Sommet sur l’enseignement supérieur dont Pauline Marois avait lancé l’idée dès avril dernier, en plein coeur du printemps érable, bien avant que les casseroles ne se mettent de la partie. Et en dépit des apparences, le gouvernement s’y engage sous les meilleurs auspices.

    Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur, le répète comme un mantra qui finit par agacer, mais sur le fond il a raison: l’un des traits de caractère des Québécois, c’est de préférer le dialogue autour d’une table aux affrontements dans la rue. En dépit du scepticisme et des critiques des derniers mois, la tenue du Sommet est en soi une victoire


    Le ministre néophyte ne fut pas sans maladresses, et il en a encore (le chipotage autour de la prise de parole des recteurs au Sommet en est un exemple), mais il commence à trouver ses marques. Ainsi, certaines idées émises lors des rencontres préparatoires ont fait leur chemin et sont reprises avec habileté en vue du Sommet. Illustrons.


    Le ministre veut une meilleure reddition de comptes de la part des universités, comme le souhaitent les étudiants, mais sous l’égide d’un Conseil national des universités, qui ne serait toutefois pas l’organisme coercitif que craignaient les recteurs. Les conseils d’administration, eux, devront être en mesure de poser des questions, comme s’y attend la population.


    De la même manière, même si le ministre annonce clairement des scénarios d’indexation des droits de scolarité qui seront précisés lundi, le Cahier du participant au Sommet entoure cette proposition gouvernementale d’une mise en contexte où les scénarios d’abolition ou de gel des droits ont droit de cité, alors que la hausse importante est nommément écartée. Comprendre: dans les idéaux comme dans la pratique, les universités québécoises resteront distinctes du reste de l’Amérique du Nord. C’est là un acquis, «un bien commun», comme le dit le Cahier. Et c’est tant mieux.


    Le ministre Duchesne dit aussi que des décisions lui appartiennent (non, les droits de scolarité ne feront pas l’objet d’un «chantier»), mais que des sujets complexes (les formules de financement des universités ou leur gouvernance) relèveront de chantiers. Face à la crainte de la fuite en avant, il répond fermement qu’il ne s’agira pas de parler pour parler: «On va mettre des échéanciers.» Le Sommet aura donc des suites qui se veulent concrètes, ce qui est des plus heureux.


    Pierre Duchesne profite par ailleurs d’un contexte qui, en partie de son fait, en partie en raison des circonstances, a brisé les fronts communs, ce qui le sert grandement. Avec son idée de renforcer le financement des universités sur la base de leur fréquentation par des étudiants de première génération, il a amené une fracture chez les recteurs. «Les enjeux commencent à nous distinguer», disait vendredi dans Le Devoir la présidente du réseau des universités du Québec, Sylvie Beauchamp. Normal, car l’union était factice: l’heure est à la nuance.


    Les étudiants, eux, ont aussi envie de s’asseoir. La révolution est enivrante mais le retour sur terre fut exigeant pour eux. Une effervescence comme celle du printemps dernier ne se vit pas à répétition, et l’envie de manifester s’est essoufflée, ce que l’ASSE n’a pas su voir. Il y a tout de même eu victoire pour les étudiants: l’idéal de la gratuité à l’université est maintenant sorti de la marginalité. On sait maintenant que le Québec des années 60 l’avait pour objectif et qu’elle est viable ailleurs. Donc acte.


    Les débordements étudiants maintenant exclus, le ministre a le champ libre pour la négociation classique et pragmatique. De tous ses interlocuteurs, on n’en voit aucun qui claquera la porte du Sommet. C’est là que la vraie discussion commence.













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