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    L’ASSE seule contre tous

    Mobilisation modeste pour l’appel à la grève

    22 février 2013 |Valérian Mazataud | Éducation
    Réunis en assemblée générale jeudi, les étudiants du cégep Ahuntsic ont choisi de ne pas se prononcer sur la grève tout en organisant transport et arrangements avec les enseignants pour faciliter la participation à la manifestation du 26 février.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Réunis en assemblée générale jeudi, les étudiants du cégep Ahuntsic ont choisi de ne pas se prononcer sur la grève tout en organisant transport et arrangements avec les enseignants pour faciliter la participation à la manifestation du 26 février.

    Le fossé entre la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), les syndicats, et l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) se creuse alors que cette dernière tente de rallier ses troupes en vue de l’appel à la grève des 25 et 26 février.


    « L’ASSE est de plus en plus isolée, la décision de boycotter le sommet ne fait pas le consensus. […] Il y en a plusieurs qui se sont sentis floués par cette décision-là », estime Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.


    Durant les derniers jours, une partie des 35 associations membres de l’ASSE, ainsi que plusieurs associations non membres, se sont livrées à des votes pour un mandat de grève qui coïnciderait avec les deux jours du sommet. Jeudi après-midi, 27 associations avaient répondu oui à l’appel, totalisant ainsi 28 000 étudiants, dont plus de 11 000 n’appartenaient cependant pas à l’ASSE.


    La surprise est venue dès le jeudi 14 février, alors que les membres de l’Association générale étudiante du cégep du Vieux-Montréal (AGECVM), non membre de l’ASSE, se sont prononcés, avec une courte majorité, contre la grève, et ce, malgré la tradition militante de l’établissement. D’autres cégeps, membres de l’ASSE et actifs durant le printemps dernier, à Valleyfield, Saint-Félicien ou Drummondville, n’ont pas répondu à l’appel.


    Pour Blandine Parchemal, secrétaire aux affaires académiques de l’ASSE, ces résultats « décevants » sont dus au « contrecoup de la mobilisation » et à « l’épuisement » de militants au « goût amer ». Cette dernière se dit cependant tout à fait satisfaite par les presque 30 000 étudiants en grève. « C’est correct, et 5000 manifestants mardi, ce serait un chiffre tout à fait satisfaisant. » Plusieurs bonnes surprises sont arrivées de la part de plusieurs d’établissements peu actifs durant le printemps érable, comme les cégeps Gérald-Godin ou Granby -Haute-Yamaska.


    Côté universitaire, l’appel à la grève n’aura pas non plus convaincu tout le monde. Les 3000 étudiants de l’Association générale des étudiants du campus de Rimouski de l’Université du Québec à Rimouski (AGECAR-UQAR) « ont choisi de ne pas entrer en grève pour donner une chance au coureur », résume Pierre-André Lalanne, président de l’AGECAR. « En ce moment, on sent qu’il y a une écoute de la part du gouvernement, même si on reste toujours méfiant par rapport aux annonces. » La plus grosse perte semble cependant venir du côté de l’Université Laval où les 11 000 membres de l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIES) ont rejeté la grève par un vote sans appel.


    Enfin, plusieurs cégeps, tels que François-Xavier Garneau à Québec, Ahuntsic, ou Marie-Victorin, ont choisi de ne pas se prononcer tout en organisant transport et arrangements avec les enseignants pour faciliter la participation à la manifestation du 26.

     

    Indexation


    Mardi après-midi, l’ASSE jetait un pavé dans la mare avec son compte-rendu de la dernière réunion préparatoire de la Table des partenaires universitaires (TPU) qui réunit associations étudiantes, fédérations d’enseignants et syndicats. Dans ce compte-rendu publié sur la page Facebook de l’Association facultaire étudiante de science politique et droit de l’Université du Québec à Montréal (AFESPED-UQAM), Mme Parchemal estime que le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), ainsi que la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) ne semblaient désormais plus opposés à l’indexation des frais de scolarité.


    « Ce document est faux du début à la fin », estime pour sa part Max Roy, président de la FQPPU, qui juge que l’ASSE cherche à monter les partenaires de la TPU les uns contre les autres par une manoeuvre « malhabile » et « malhonnête ». « S’ils avaient voulu se boycotter eux-mêmes, ils n’auraient pas fait mieux. »


    Jeudi, en fin d’après-midi pourtant, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) publiait un communiqué de presse dans lequel elle rappelait la résolution conjointe de tous les membres de la TPU : « La TPU s’oppose à l’indexation des droits de scolarité et réclame du gouvernement du Québec de tenir à court terme un chantier structurant et d’envergure sur les conditions de vie et la contribution financière des étudiantes et des étudiants. » L’ASSE estimait cependant avoir été marginalisée par le reste de la TPU qui se serait refusée à publier un communiqué conjoint contre l’indexation.


    Selon Mme Parchemal, les représentants de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) présents à la réunion auraient tenté de faire accepter l’indexation aux associations étudiantes, leur demandant de renoncer au gel. « C’est malheureux, car on a juste eu une discussion, mais notre position est claire, on est pour le gel et la gratuité », estime pour sa part Carole Neill, présidente du Conseil provincial du secteur universitaire (CPSU) de la SCFP-FTQ. « À part le gouvernement, personne n’est pour l’indexation », tranche Martine Desjardins. « Pour moi, l’ASSE cherche à justifier sa décision de boycotter le Sommet en se confortant dans sa position. »

     
     
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