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Relations de travail - La CSDM protégera ses cadres contre l'Alliance des professeurs

Dans un geste sans équivoque, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) travaille actuellement à la rédaction d'un cadre de référence visant principalement à mieux soutenir ses directions d'école face aux charges parfois mordantes de son syndicat, l'Alliance des professeurs de Montréal.

Le directeur général de la CSDM, Pierre Bergevin, a présenté la semaine dernière aux représentants des directions d'école et de regroupement un cadre de référence dont le but est de mieux encadrer les relations de travail patronales-syndicales, a appris Le Devoir.

«Nous voulons apporter un meilleur soutien à nos directions d'école qui affirment subir beaucoup de pression de la part de l'Alliance [des professeurs de Montréal]», explique Pierre Bergevin, dont la commission scolaire regroupe près de 200 écoles primaires et secondaires, centres d'éducation aux adultes et centres d'éducation professionnelle.

S'il refuse de divulguer le détail de ce cadre de référence avant que les dirigeants de l'Alliance eux-mêmes n'aient été consultés et que les directions d'école n'aient donné leur première évaluation de cet outil qu'on leur propose (ce qui doit être fait demain), M. Bergevin explique que le cadre de référence permettra simplement de mieux baliser les procédures en cas de litige.

«Ce n'est pas un hasard si on a demandé à la CSDM de se pencher sur cet aspect des relations patronales-syndicales», explique Jacques Delfosse, président de l'Association montréalaise des directeurs d'établissement scolaire (AMDES), qui se réjouit d'une telle initiative. «Plusieurs membres se plaignent de l'agressivité du syndicat.»

Multiplication des griefs

Cette combativité s'est traduite notamment par une augmentation du nombre de griefs formulés à l'endroit des directeurs d'école, affirme M. Bergevin, qui lie les tensions des derniers temps à des changements dans les pouvoirs dévolus aux écoles et au rajeunissement des directions d'école.

Depuis qu'on a doté les établissements d'une plus grande autonomie, les interlocuteurs se multiplient lorsque les écueils surgissent dans les écoles, poursuit le directeur général. Les représentants syndicaux ne peuvent désormais plus compter sur l'uniformité dans les écoles et régler un seul dossier en passant par l'autorité de la commission scolaire. «Il y a maintenant autant d'interlocuteurs qu'il y a d'écoles», explique le directeur général de la CSDM, Pierre Bergevin.

Pressions syndicales

Des directions d'école jugées un peu trop «dérangeantes», notamment dans l'articulation du projet éducatif, ont subi les foudres de l'Alliance des professeurs de Montréal. «Qu'est-ce qui doit prévaloir?», se demande M. Delfosse, qui affirme que deux de ses membres ont quitté leur école cette année, excédés par les pressions syndicales. «Le projet éducatif ou la quiétude, le statu quo dans les tâches?»

S'ajoute à cela un contexte bouillonnant de relève des directions d'école, où on parachute à la tête des établissements des directeurs qui ont peu d'expérience et donc peut-être un peu moins d'étoffe, notamment pour pouvoir subir les pressions syndicales sans chanceler.

Le cadre de référence, qui pourrait être approuvé à la fin du mois d'août, doit par exemple mieux définir les règles d'entrée à l'école des membres du conseil d'administration de l'APPM, que certaines directions d'école ont «vu entrer à l'école comme dans un moulin» au cours de l'année précédente, raconte Jacques Delfosse. «Nous voulions que tout ceci soit écrit, réglementé», poursuit le président de l'AMDES.

L'Alliance des professeurs de Montréal a souvent été sur la sellette, particulièrement au cours de la dernière année scolaire, où elle a vigoureusement défendu ses positions dans le dossier de l'équité salariale. Les mouvements de boycottage étendus à l'échelle nationale ont connu une intensité supérieure à Montréal, où une grève illégale de trois jours lui a valu une réprimande du Conseil des services essentiels.

Plus récemment, en raison d'interprétations différentes de l'entente sur l'équité salariale, l'APPM a même connu un petit différend avec la Fédération des syndicats de l'enseignement et la Centrale des syndicats du Québec, de laquelle elle relève. Les deux parties tentent d'ailleurs toujours de trouver un terrain d'entente.






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