CÉRIUM - Elles seront cinq, les écoles internationales en 2013
La démocratie, la sécurité, la paix et les ressources naturelles sont à l’étude
Le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM) prépare cinq écoles d’été sur de grands thèmes de l’actualité pour étudiants et citoyens. Occasion de mieux comprendre le monde en pleine transformation, les écoles internationales d’été du CÉRIUM se dérouleront cette année sous ces thèmes : « Le modèle scandinave : les outils du succès », « La démocratie à un point tournant », « Diplomatie, défense et sécurité internationale », « Opérations de paix ainsi que Ressources naturelles : une planète entre vos mains ». Elles se tiendront du 8 au 13 juillet.
« Cette année, en raison de restrictions budgétaires, nous proposons cinq écoles d’été alors que l’an dernier, par exemple, nous en avions huit », a indiqué Jocelyn Coulon qui a accepté de coordonner le CÉRIUM en attendant que l’Université de Montréal trouve un successeur à l’ex-directeur Jean-François Lisée, qui a fait le saut en politique provinciale.
Chercheur invité au CERIUM depuis ses balbutiements, en 2005, Jocelyn Coulon se réjouit de voir que les écoles d’été conservent leur popularité en pleine saison des barbecues et du farniente autour de la piscine. « Que ce soit auprès de la société civile ou des étudiants, le nombre d’inscriptions se maintient en général d’année en année. Pour aller passer six jours pendant les vacances à l’université de 9 h à 17 h : il faut vouloir ! De plus, souvent, nous réalisons que les gens reviennent d’année en année parce qu’ils veulent assister à des écoles d’été sur des thématiques différentes », a précisé M. Coulon, joint à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie, où le Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix qu’il dirige organisait un séminaire sur le concept de subsidiarité dans les opérations de paix, soit le fait de privilégier dans la mesure du possible les interventions d’organisations locales plutôt que d’organisations internationales.
Formule flexible
Les cinq écoles d’été se dérouleront simultanément, aussi les participants doivent-ils faire un choix. Différentes formules sont toutefois offertes pour l’inscription. « Par exemple, les gens de la société civile peuvent faire un choix de conférences dans plusieurs écoles. Ils paieront le prix d’une école, mais ils se promèneront d’une école à une autre. C’est intéressant d’offrir de la flexibilité pour ce type de clientèle qui comprend notamment des journalistes, des diplomates, des fonctionnaires, des retraités », explique Jocelyn Coulon.
Cette option n’est pas offerte aux étudiants inscrits qui obtiennent des crédits universitaires pour la maîtrise. « Eux doivent assister à toute une école qui répond à des critères en termes de nombre d’heures de cours théorique et faire des travaux », précise-t-il.
Chaque école d’été recevra une dizaine d’experts pour aborder différents angles de la thématique avec un équilibre entre les théoriciens et les praticiens. « Ce sont des écoles d’été, donc nous ne voulons pas alourdir la chose, explique Jocelyn Coulon. On est en train de bâtir la programmation de chaque école. »
Modèle scandinave
Après la grande popularité de l’école d’été sur le modèle scandinave l’an dernier, le CÉRIUM l’offre à nouveau cette année. « Habituellement, nous recevons entre 20 et 50 inscriptions par école, mais l’an dernier, on avait dépassé ça, raconte M. Coulon. On voyait dans notre public averti une soif de connaître le modèle scandinave. On entend souvent que l’État ne peut pas tout faire, qu’il doit se désengager. L’école a toutefois montré avec le modèle scandinave que l’État peut faire des choses et que ça fonctionne. »
Ce séminaire examinera les fondements de la nouvelle recette scandinave pour que les participants puissent mieux comprendre les politiques publiques qui permettent à la Suède, la Norvège et le Danemark, mais aussi la Finlande, de se maintenir en tête des classements en éducation, en emploi, en environnement et en croissance économique. Plusieurs thématiques seront abordées, comme la politique pétrolière norvégienne, les systèmes de santé scandinaves, les relations industrielles et le syndicalisme. « Il sera question dans une autre école d’été de l’état de nos démocraties, indique M. Coulon. On parlera des mouvements de contestation des gouvernements. »
Ce séminaire expliquera que partout, les systèmes démocratiques sont aux prises avec la défiance de la population à leur égard, principalement en raison de la corruption. Dans les pays occidentaux, cette crise de confiance se traduit souvent par une érosion importante de la participation au processus électoral et une désaffection des citoyens dans leur engagement au sein des institutions.
L’école se penchera sur les nouveaux modèles démocratiques et de gouvernance et analysera si certains pourraient inspirer le Québec. Il sera question notamment de l’Inde, où, récemment, un parti politique a vu le jour réunissant des journalistes, des universitaires et d’anciens fonctionnaires. Baptisé le « Parti des gens du peuple », son seul programme est la lutte contre la corruption.
Diplomatie, défense et sécurité
Avec des conflits de plus en plus protéiformes, comme en Afghanistan, au Mali ou en Syrie, les États reconnaissent l’importance de mieux articuler le travail des diplomates avec celui des militaires en matière de sécurité internationale. Une dizaine d’experts issus du Canada et de l’étranger viendront présenter et comparer l’expérience de différents pays sur le terrain pour prévenir ou résoudre les conflits. Il sera aussi question de la transformation du rôle des alliances militaires comme l’OTAN et des organisations régionales comme l’Union africaine.
Après une pause de quelques années, la thématique Opérations de paix revient cet été. « Il sera question principalement des interventions en Afrique », précise M. Coulon, qui était d’ailleurs à Dakar, avant de se rendre à Addis-Abeba, pour assister à un séminaire sur les interventions militaires en Afrique francophone.
Alors que les besoins en ressources naturelles croissent à un rythme effréné dans le monde, plusieurs enjeux se posent en matière d’exploitation. Le séminaire abordera ces défis, mais aussi des pistes de solutions innovantes pour que l’exploitation des ressources naturelles profite à différents acteurs de la société dans une perspective de développement juste et durable. Des experts de différents secteurs seront sur place : eau, énergie hydraulique, éoliennes, mines, gaz et pétrole.







