Universités - La gratuité est réaliste, dit Jacques Parizeau

Les étudiants « ne sont pas hors norme, ils ne sont pas hors d’ordre. C’est ridicule de les envoyer paître », estime l’ancien premier ministre Jacques Parizeau.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les étudiants « ne sont pas hors norme, ils ne sont pas hors d’ordre. C’est ridicule de les envoyer paître », estime l’ancien premier ministre Jacques Parizeau.
La gratuité scolaire est une option financièrement réaliste qui doit être discutée dans le cadre du Sommet sur l’enseignement supérieur. C’est ce que croit l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, qui s’explique mal que le gouvernement Marois n’ait pas manifesté une ouverture spontanée au discours des étudiants sur l’abolition des droits de scolarité, une des visées de la création des universités du Québec.


« Est-ce que [la gratuité scolaire] peut se financer ? Eh bien oui, il faut regarder cela », a-t-il affirmé au cours d’une rencontre avec Le Devoir. M. Parizeau, qui a notamment été ministre des Finances et ministre du Revenu du Québec, admet que la question est complexe et qu’elle mérite une analyse sérieuse. Mais selon lui, le sommet qui doit se tenir dans deux semaines est un lieu tout à fait approprié pour lancer cet important « débat de société ».
 

Il critique indirectement l’attitude du gouvernement Marois par rapport aux demandes des étudiants, lui qui a tergiversé pendant quelques semaines avant de finalement promettre que la question de la gratuité pourra être abordée lors des discussions. « Pendant plus de 20 ans, la société québécoise a fonctionné sur la base d’une gratuité scolaire qui, éventuellement, devait venir quand les frais de scolarité ne devaient plus représenter grand-chose, à cause de l’inflation. Que des jeunes d’aujourd’hui veuillent discuter de ça, eh bien, il y a toute une génération qui a pensé la même chose. Ils ne sont pas hors-norme, ils ne sont pas hors d’ordre. C’est ridicule de les envoyer paître. »

M. Parizeau a ainsi rappelé qu’à la fin des années 60, au moment d’implanter le réseau des universités du Québec, le gouvernement s’était clairement donné comme objectif de tendre, à long terme, vers la réduction à néant des droits de scolarité. Ainsi, au moment de la naissance des polyvalentes et des cégeps, Québec avait décidé que la gratuité serait évidemment la norme au secondaire, mais aussi au collégial. « Mais en arrivant aux universités, on a constaté qu’on n’avait pas assez d’argent pour rendre ça gratuit. C’est ce qu’on voulait, mais on n’avait pas les moyens, a expliqué M. Parizeau, qui était alors conseiller économique du premier ministre Daniel Johnson. On a pris la moyenne des frais de scolarité des universités du Québec à ce moment-là. On a établi le montant des frais à 567 $ partout, on a décidé de le geler et de laisser l’inflation gruger ça. Nous étions tous d’accord, et il y avait un consensus social évident. On voulait laisser l’inflation réduire le fardeau des étudiants. »

Ce gel a été en vigueur de 1968 à 1989. La facture a par la suite été multipliée par trois en quelques années. Depuis, le débat sur la hausse des droits de scolarité refait constamment surface. Le Parti québécois, qui privilégie la voie de l’indexation, juge que la gratuité scolaire n’est tout simplement pas possible, en raison de l’état actuel des finances du Québec. « La gratuité scolaire nous apparaît plus comme un idéal à long terme que comme une mesure concrète dans le contexte actuel », a dit le ministre de l’Enseignement supérieur - et auteur d’une biographie en trois tomes de Jacques Parizeau -, Pierre Duchesne, la semaine dernière.

Se donner les moyens

L’ancien ministre des Finances croit plutôt que le gouvernement devrait mettre de côté l’absolue nécessité de boucler chaque année financière sans le moindre déficit, sans quoi le débat sur le financement des études supérieures ne pourra se faire. « Le déficit zéro bousille tout. À partir du moment où vous fixez l’objectif zéro pour une date butoir et que ça devient une religion, vous cessez de réfléchir. On coupe partout, on ne se pose pas de questions », a-t-il laissé tomber.

Acteur important de la Révolution tranquille, Jacques Parizeau suggère en outre de réfléchir aux moyens que l’État pourrait se donner pour accroître ses revenus. « Pour le financement des universités, si on décide que la gratuité est un objectif à long terme, c’est certain que la contribution des entreprises doit être augmentée », a-t-il souligné. « Par exemple, voulez-vous bien me dire pourquoi on a enlevé la taxe sur le capital au Québec ? Qu’est-ce que ça a donné ? Enlever les taxes pour l’industrie manufacturière, je comprends ça. C’est important pour la maintenir. Mais pour les banques, ça ne crée pas une job. Tout ce que ça fait, c’est transférer de l’argent des contribuables aux actionnaires. »

« Réimposer la taxe sur le capital pour les banques, ça ne me dérangerait pas, a-t-il poursuivi. Et on parle de quelques centaines de millions de dollars. Ce n’est pas rien. C’est au moins deux fois ce que le gouvernement [de Jean Charest] attendait de ses propres hausses. » Pour les seules institutions financières, les revenus pour l’État québécois provenant de cette taxe abolie par les libéraux entre 2007 et 2011 ont déjà représenté plus de 600 millions de dollars. Ce montant représente à lui seul la majorité de la somme nécessaire pour financer la gratuité, selon les diverses évaluations disponibles.

Le rôle de l’université

Au-delà des questions financières, Jacques Parizeau se dit convaincu de la nécessité de réfléchir à la mission des universités. « C’est de ça qu’il faudrait discuter d’abord. On se fixe un objectif, et ensuite, on cherche de l’argent, pas le contraire. À l’heure actuelle, on fait toujours le contraire. » Selon lui, les institutions accordent trop de place à la recherche, au détriment de la mission d’enseignement, à laquelle il faudrait pourtant accorder la priorité. « Quand on dit qu’il faut avoir des professeurs d’excellence, de première qualité, pour rivaliser avec les autres universités, on ne pense pas à l’enseignement ou à la qualité de l’enseignement. On pense à la recherche. »

Il s’oppose par ailleurs à l’idée - défendue par le chef caquiste François Legault et la rectrice sortante de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum - d’instaurer un système universitaire qui distinguerait les grandes universités tournées vers la compétition mondiale de celles plus vouées au développement régional. « C’est proprement insensé, a lancé M. Parizeau. Les petites universités régionales jouent un rôle qui est sans aucune commune mesure avec leur taille. C’est habituellement le plus grand centre culturel de la région. Elles jouent souvent le rôle de levier économique que les grandes entreprises jouaient auparavant quand elles venaient ouvrir une usine ou une mine. »

194 commentaires
  • Sylvie Breault - Abonné 12 février 2013 00 h 23

    Enfin!

    Un bref rappel de l'histoire pour comprendre le présent. Que ça fait du bien...

    • Eric Allard - Inscrit 12 février 2013 10 h 09

      Entièrement d'accord... ça met en contexte la question du gel des frais universitaires tant décrié par les Libéraux.

      De plus, ce sont ces mêmes Libéraux (on devrait plutôt dire Conservateurs, vu la façon dont ils géraient et la provenance de M. Charest) qui ont parti la sacro-sainte religion du déficit zéro, et que tout devait être géré par les besoins économiques.

      C'est aussi une grande constatation de la façon conservatrice de gouverner. On commence par réduire les entrées d'argent de l'état, pour ensuite justifier la fin du financement des programmes qui sont contre leur idéologie.

    • Diane Labbé - Inscrit 12 février 2013 18 h 12

      Monsieur Parizeau oublie, semble-t-il, d'expliquer pourquoi, en son temps, il n'a pas réalisé la gratuité alors qu'il avait tous les pouvoirs pour le faire.

    • Solange Bolduc - Abonnée 13 février 2013 20 h 33

      Et il s'amène comme un prêchi-prêcha: "L’obsession du déficit zéro empêche de réfléchir", comme s'il était le seul à réfléchir !!

      Pendant que une bonne majorité courbe l'échine, et même GND à RDI, applaudissent devant Sa splendeur détenant dans sa tiare éculée, même à l'apparence inébranlable, la vérité infaillible !

  • Gilbert Talbot - Abonné 12 février 2013 00 h 25

    M. Parizeau remt son carré rouge.

    Si le PQ a enlevé son carré rouge, M, Parizeau l'a remis lui. Il nous ramène aux sources de la Révolution tranquile, alors que l'accès à l'éducation e était l'un des moteurs principaux. Se redonner comme objectif d'atreindre la gratuité scolaire, c,est remetttre la révolution tranquille en marche, en y mettant le moteur, entre les mains de notre jeunesse. Bravo M. Parizeau. vous dîtes ce que je pense.

    • Patrick Asselin - Inscrit 12 février 2013 15 h 09

      Pauline Marois sait très bien que les carré rouge ne se porte pas dans le 450. Et Pauline Marois sait très bien que bon nombre de carrés rouges ont voté QS. L'indexation est une solution plus que raisonnable.

      D'ailleurs, l'épisode de la casserole lui a probablement fait perdre une majorité lors de la dernière élection.

    • Patrick Boulanger - Abonné 12 février 2013 19 h 05

      Réponse à M. Asselin

      Vous semblez avoir un penchant prononcé pour l'électoralisme M. Asselin. À cet égard, j'espère que ce ne sont pas les sondages qui vous amènent à soutenir l'indexation de Mme Marois.

    • Mario Gauthier - Inscrit 13 février 2013 11 h 03

      Le jour où l'économie cessera d'être une obsession pour les politiciens, on pourra enfin passer "aux vraies affaires", i.e. et entre autres, comme le dit fort lucidement M. Parizeau, "la nécessité de réfléchir à la mission des universités."

      M. Parizeau fait preuve d'une lucidite et d'une franchise qu'on perd de plus en plus. Car enfin, quand il dit " « (...) voulez-vous bien me dire pourquoi on a enlevé la taxe sur le capital au Québec ? Qu’est-ce que ça a donné ? Enlever les taxes pour l’industrie manufacturière, je comprends ça. C’est important pour la maintenir. Mais pour les banques, ça ne crée pas une job. Tout ce que ça fait, c’est transférer de l’argent des contribuables aux actionnaires. »

      Ne pointe-il pas très exactement du doigt ce qui est en train de se redevenir un fait indéniable: à savoir qu'on ré-instaure une société à "deux paliers"?

      La pensée et le savoir sont aussi des valeurs. Mais non monayables. C'est probablement ce qui ennuie les chantres du néo-libéralisme actuel.

    • Solange Bolduc - Abonnée 13 février 2013 16 h 12

      Facile d'être franc et lucide quand on n'est plus au pouvoir, et qu'on a qu'à parler pour que la maison soit complètement revirer en envers !

      Et je ne vois vraiment pas comment le gouvernement Marois est en train d'instaurer, comme vous le dites, une société à "deux paliers", quand il compresse les dépense dans tout?

      Quand on n'a qu'un seul dieu pour régler tous nos problèmes, sans qu'il n'ait aucun levier de pouvoir, bien réel, excepté la parole, il est facile de croire à l'esprit bien pensant, sinon assez pesant, merci !


      Il ne vous reste donc, à vous, qu'à compter sur le grand Manitou pour régler tous nos problèmes, vous y croyez tellement, et contre la foi on ne peut rien faire, surtout contre la Providence qui se fait à nouveau Verbe, et Parole d'Évangile, notre nouveau Pape, inspiré ici par la caricature de Garnotte !

      Il faut se rendre à l'évidence que la pensée et le savoir entre les mains de ce maître illusionnsite, ne créent que fausse espérance dans le seul but de détruire la capacité du gouvernement Marois de mener à bien les affaires de l'État du Québec. Il en meurt d'envie tellement il voudrait être à la place de Madame ! Monsieur s'ennuie, semble-t-il ?

  • Yves Claudé - Inscrit 12 février 2013 01 h 39

    La gratuité est «réaliste»… mais est-elle éthique dans le contexte social et économique actuel ?

    Dans la perspective d’une société idéale, la gratuité des études postsecondaires serait une option très valable.

    Mais on doit cependant s’interroger, d’une manière éthique, sur les priorités sociales et économiques dans notre société, dans un contexte d’inégalités et de rapports de classes qui sont aussi des rapports de forces, y compris celui établi par le groupe majoritairement petit-bourgeois du milieu étudiant postsecondaire.

    Bien que ce ne soit pas sa fonction officielle, dans son rapport avec les classes sociales des familles (et leur utilisation stratégique des capitaux des parents, tels que les capitaux économiques, culturels et scolaires), le système scolaire constitue une puissante machine de sélection sociale, de reproduction de la structure de classes de la société.

    Les enfants de la classe ouvrière, des milieux défavorisés et marginalisés, peu dotés en capitaux économiques et culturels, sont déclassés dès le début de leur parcours scolaire, alors que les familles de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie choisissent pour leurs enfants le secteur des écoles privées ou celui des écoles alternatives. L’école secondaire poursuit ce processus de sélection, à la fois culturelle et socioéconomique. Au collégial, la division entre les programmes techniques et préuniversitaires poursuit ce processus de sélection de classes. Quant au monde universitaire, il opère la phase finale de ce tri de classes, à travers la hiérarchie des trois cycles, avec le résultat constitué par un milieu étudiant dans lequel la petite-bourgeoisie et la bourgeoisie sont majoritaires et surreprésentées.

    Voilà pourquoi, dans une perspective éthique, les priorités budgétaires devraient être orientées, dès le préscolaire, vers le soutien social et scolaire des enfants de la classe ouvrière et des milieux défavorisés, même si le corporatisme de classe de la petite-bourgeoisie s’exprime haut et fort à travers une pseudo radicalité de privilégiés actuels ou futurs.

    Yves Cla

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 février 2013 07 h 19

      Je vais poursuivre votre logique M.Claudé et la pousser à sa conclusion finale :
      Et pourquoi pas, dans cette logique éthique d’une société idéale éliminant ce processus de sélection de classes nous ne nivellerions pas les revenus des parents de tous les enfants afin que ceux-ci aient un point de départ égal devant l'avenir ?

      Tout le monde au même salaire ! Fini les jaloux ! Fini les privilégiés ! Tout le monde égal ! Ouais... sauf que ça marche pas de même. Ça a déjà été essayé dans un autre pays où il fait frette; pis y en a qui étaient plus égaux que d'autres; pis il sont pas encore sorti du marasme dans lequel ils se sont planté.

      Et devant cette pseudo radicalité de privilégiés actuels ou futurs, soyons plus radical. Je continue sur cette piste : Et quand, dans cette société égalitaire, nous aurons éliminé les classes sociales de la petite-bourgeoisie, de la grande-bourgeoisie, des intellectuels et des financiers, il ne nous restera plus qu'à éliminer les pauvres, les fainéant et les malades. Comment ? L'euthanasie ! Ensuite, tous ceux qui mesurent plus que 5'10'' pour les hommes et moins de 4'2'' pour les femmes et nous serons finalement pour la première fois au monde «tous égaux!»

      C'est là où ça mène cette logique égalitaire à tout crin. Comme dirait l'autre : «Pas ma tasse de thé !»

      J'exagère ? Dites-moi alors; une fois que la boule est lancée sur la pente peut-elle virer de bord et la remonter ?

      Des riches ? On fait avec. Des pauvres ? On fait avec. Des radicaux ? On fait avec aussi ! Elle est là la vrai égalité ! Merci de votre patience.

    • Solange Bolduc - Abonnée 12 février 2013 10 h 45

      Je vous remets en mémoire, M.Lefebvre, le discours que servait à Ploutos Pauvreté dans la pièce Ploutos d'Aristophane :

      -"mais qui voudra tisser s'il y a de l'or pour tout le monde?

      "Quel avantage y a-t-il à être riche quand on est privé de toutes ces choses ?

      "Grâce à moi, il y a en abondance tout ce dont vous avez besoin, car c'est moi qui force l'ouvrier à chercher des moyens de vivre...

      "Et si Ploutos y voyait de nouveau et y répartissait la richesse équitablement pour tous, ce qui se produirait :

      "Il n'y aurait plus personne parmi les hommes pour se consacrer à l'art et à la science, qui voudra être couturier, cordonnier, briquetiet?

      "Qui voudra cueillir les fruits de Déméter, puisqu'on pourra vivre oisifs, sans s'inquiéter de tout cela? Et, qui voudra être votre serviteur? "

      "Vous essayez , poursuit Pauvreté, de me bafouer comme à la comédie, sans (vous) préoccuper d'être sérieux, sans savoir que je rends les hommes meilleurs que ne l'ai Ploutos, et pour l'esprit et pour le corps. En sa compagnie ils sont podragues, ventrus, ont des jambes épaisses, et un embonpoint insolent, en la mienne au contraire ils sont sveltes, ont la taille fine, et sont assommants pour leurs ennemis.

      "Et bien, passant maintenant à la tempérance, je vous enseignerai au rebours de vos préjugés que l'honnêteté habite avec moi, et qu'avec Ploutos habite l'insolence.

      "Enfin, vous ménagez les uns qui vous achètent pour vous servir des autres qui vous méprisent! "

      Théâtre d'Aristophane : Ploutos

      N'est-elle pas extraordinaire, cette comédie, pourtant si vérédique ?

    • Daniel Lambert - Inscrit 12 février 2013 11 h 31

      Je ne vois pas du tout ce u'Aristophane vient faire dans la gratuité scolaire?

    • Yves Claudé - Inscrit 12 février 2013 11 h 38

      Vaine caricature de mes propos … !

      Monsieur Pierre Lefebvre,

      Votre caricature de mes propos, en pure perte, ne me paraît aucunement constituer une contribution significative au débat sur l’accessibilité scolaire, et encore moins une réponse appropriée aux questions sociologiques que je soulève dans mon texte.

      Il n’y a malheureusement rien à répondre, quant à ce vain exercice de style.

      Cordialement

      Yves Claudé

    • Christian Methot - Abonné 12 février 2013 12 h 12

      Merci à Pierre Bourdieu pour cet éclairant cours de sociologie 101. J'aimerais simplement souligner que les catégories sociales de bourgeois et de petit-bourgeois ne s'appliquent pas vraiment en contexte québécois. Il s'agit de catégories sociales forgées dans la France des années 60-70, pour la France des années 60-70.

      Même si les notions de capituax culturels, scolaires et économiques sont transférables au Québec contemporain et qu'ils influencent les probabilités objectives de se rendre à l'université, il ne faut pas oublier que beaucoup d'emplois dans le secteur professionnel et technique sont beaucoup mieux rémunérés que nombre d'emplois pouvant être décrochés avec un diplôme universitaire, ce qui n'était pas la cas dans la France des années 60-70.

    • Martin Maynard - Inscrit 12 février 2013 13 h 03

      Excellente réflexion M.Claudé. Je vous seconde complètement.

      Quand un jeune de 5 ans commence l'école avec 2 prises contre-lui à cause de la "malchance" de ses parents, ça ne débute pas très bien sa carrière scolaire.
      On est supposément un des pays les plus riches au monde, pourtant 1 enfants sur 7 au Canada vit sous le seuil de la pauvreté. Je pense que ça sonne une cloche sur ce que sera l'avenir des futurs generations du Canada.

      Parizeau a au moins raison sur un point: définissons d'abord ce que l'on veut après on pourra voir comment ça va coûter. J'ai l'impression que nous sautons, les yeux fermés, dans la tourmente des universités gonflables et que l'on ne se pose plus de questions pour savoir si c'est normal de payer ça ou non. On suit les autres universités comme des moutons. On a inventé une compétition internationale entre universités pour pomper de l'argent mais on se compare toujours aux memes universités les plus riches.

    • Solange Bolduc - Abonnée 12 février 2013 14 h 01

      M.Lambert, est-ce qu'une idée est toujours à sens unique ?

      Dommage que vous n'enayiez pas compris le sens !

    • Lydia Anfossi - Inscrite 12 février 2013 16 h 26

      Accéder aux études post-secondaires, c'est justement démocratiser le savoir et permettre à tous d'y avoir droit. S'il est une mesure éthique c'est bien celle-là. La gratuité permet à des jeunes de première génération d'accéder enfin aux études et par le fait même à des emplois auxquels n'ont pas pu accéder leurs parents. Cela est socialement souhaitable, économiquement rentable pour toute la société, et donne la chance à ceux qui sont nés moins nantis.

    • Martin Maynard - Inscrit 12 février 2013 21 h 04

      Mme Anfossi, je ne crois pas M. Claudé est contre la démocratisation du savoir au niveau post-secondaire, mais pour permettre cette démocratisation, il faudrait aussi permettre aux jeunes de terminer leur secondaire. Et c’est là l’essentiel de son message. Si on veut donner une chance à tous, il faut que cette chance débute à la petite école.
      Hors, actuellement nous faisons tellement tapage sur le financement universitaire et les énormes montants qu’on doit absolument injecter dans le système selon certains … que l’on oublie qu’il y a plusieurs problèmes au niveau primaire et secondaire. Et croyez-moi, parfois ça fait pitié de voir les jeunes au primaire qui pour une raison ou une autre n’ont même pas les moyens de se payer les effets scolaires de base …. Il me semble que la société devrait donner une chance égale dès ce niveau et appuyer d’avantages nos écoles publiques. Ça serait un minimum d’une société dite « riche ».

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 février 2013 06 h 31

      M.Claudé, je peux admettre que vous n'ayez pas apprécié mon exercice, ça peut arriver, j'en conviens. Contrairement à Mme. Bolduc, je n'ai pas lu les grands maîtres et je dois donc me servir que de mon petit «gros bon sens»; alors, essayez celle-ci.

      L'avocat plaide que son client ne peux être considéré comme coupable à cause de son enfance malheureuse. Son père s'est sauvé, sa mère faisait la rue pour survivre et ils demeuraient dans le cartier le plus pauvre de la ville. Donc vue qu'il a vécu l'enfer depuis sa plus tendre enfance, le tors finalement revient à la société qui ne lui a pas donné la chance de s'en sortir.

      Le juge donne un gros coup de maillet sur le comptoir et déclame :« Plaidoyer irrecevable !»

      «Pourquoi donc ?» demande tout surpris l'avocat.

      «Parce que son père s'est sauvé avec le mien et sa mère faisait la rue avec la mienne !» De répondre le juge.

      Et le rapport avec les frais de scolarité ? Autant que votre papier qui veut niveler toute la société à un seul chemin pour se rendre au succès aussitôt votre première phrase passée. Conclusion : C'est d'où tu part qui compte, c'est où tu te rends ! Merci de votre attention.

    • Solange Bolduc - Abonnée 13 février 2013 11 h 53

      M. Lefebvre, vous écrivez: "Contrairement à Mme. Bolduc, je n'ai pas lu les grands maîtres et je dois donc me servir que de mon petit «gros bon sens»; alors, essayez celle-ci." N'en demeure que votre exemple est intéressant.

      J'ajouterai une remarque àla vôtre : Il y a plusieurs années (une dizaine ou plus) La première fois que j'ai entendu parler de Ploutocratie, j'ai voulu savoir ce que cela voulait dire. C'est là que j'ai découverte le texte d'Aristphane et comme ma formation est littéraire : J'ai lu sa comédie Ploutos, dont je cite un extrait de l'allégorie de Pauvreté, et j'ai beaucoup aimé. La relation entre riches est pauvres est exposée de façon fort réaliste. En effet, que ferait les riches sans les pauvres qu'ils exploitent et dont ils ont tant besoin pour s'enrichir !

      Imaginez-vous que, du jour au lendemain, tout le monde deviendrait riche, ou même pauvre : beau sujet de roman encore inexploité, je crois !

      La fiction permet souvent d'enrichir la réalité et de la dépasser : Jules Verne, par exemple!

    • Denis Therrien - Inscrit 13 février 2013 12 h 03

      @Pierre Lefebvre

      Je ne suis pas égalitariste même si je crois en partie aux droits positifs des socio-libéraux (cf aux États-Unis).

      puis vous avez raison, il n'y a pas un seul chemin pour se rendre au succès ou à l'échec mais voulez-vous savoir ?

      C'est pas la réussite ou l'échec qui sont importants mais d'avoir emprunter les plus beaux chemins et d'avoir vu les plus beaux paysages. Le reste ? Ce sont des illusins et des mirages qu'on essaye de vous vendre. Que ce soit chez des capitalistes ou bien des socialistes tous essayent de vous emvarquer dans leur idéologie.

      Il faut tous les envoyer promener et suivre le chemin qui pour vous semble le plus approprié. Bon mais cela empêche pas les discussions de société et les débats publics.

      On ne trouvera jamais la solution qui va convenir à tous alors chacun doit par lui-même voir ce qui est le mieux. Il faut pas se servir de cela pour se défaire de nos responsabilités sociales.

      Il faut juste trouver l'équilibre entre l'unicité de chacun et les besoins de notre société, notre continent et notre planète entière.

    • Denis Therrien - Inscrit 13 février 2013 12 h 05

      Pour ce qui est de l'endroit de partir et se rendre...

      On pourrait citer la Bible : '' Tu es poussière et redeviendras poussière. ''

      Alors, on s'en va tous à la même place de toute manière.

      Carpe Diem.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 février 2013 08 h 21

      M. Therrien, on pourrait citer n'importe qui et n'importe quoi, mais les vôtres manquent d'unité dans un même argument. Entre deux poussières pourrait-on s'occuper des affaires qui nous entourent. Ce que semble vouloir dire «Carpe diem» (saisi le jour). Dans quelques mots vous englobez les deux positions les plus éloigné du spectre de la pensée humaine : le défaitisme et l'optimisme. Alors, on fait quoi ? Carpe diem ou pas ?

  • Gilles Théberge - Abonné 12 février 2013 02 h 56

    Et pourquoi donc?

    Oui, pourquoi Monsieur ne l'a-t-il pas instaurée la gratuité scolaire à tous les niveaux d'enseignement, quand il était premier ministre élu d'un gouvernement majoritaire?

    • Pierre Samuel - Inscrit 12 février 2013 06 h 05

      Parfaitement d'accord avec vous. Un «pape» dans sa grande sagesse vient d'annoncer son abdication. Espérons qu'il ne suive pas la trace des nôtres
      (Parizeau, Landry, Bouchard...) qui ont la nostalgie du pouvoir déchu des «ils devraient faire ce que je n'ai pas fait...»!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 février 2013 06 h 12

      Pourquoi ? Ben, il l'a dit :«parce qu'on avait pas l'argent pour le faire.» Pis si on regarde encore aujourd'hui, ben, on l'a pas encore c'est argent là ! Peu importe comment ça se fait qu'on l'a pas, on ne peut réécrire l'histoire et refaire les comptes, l'argent «bonsoir elle est parti !» À moins qu'on aille cogner aux portes des banques et leur dire «vous nous devez 1000millions en arriérage rétroactif» là peut-être. Mais je ne sais pas comment on va être reçu, je ne garanti rien.

    • Pierre Germain - Inscrit 12 février 2013 06 h 43

      C'est écrit noir sur blanc dans l'article: l'idée était d'instaurer graduellement la gratuité en gelant les frais de scolarité de sorte que l'inflation les grugerait inexorablement. Tout comme l'inflation gruge inexorablement le pouvoir d'achat des employés de l'État québécois qui doivent se contenter, année après année, d'augmentations en deçà du coût de la vie, quand ce n'est pas carrément 0 %..

    • François Ricard - Inscrit 12 février 2013 07 h 04

      Il n'en a pas eu le temps.
      Nous lui avons dit non.
      Il a nous a dit pourquoi le non avait gagné.
      Et, plutôt que de le soutenir, nous lui avons montré la porte.
      Toute vérité n'est pas bonne à dire.

    • Eric Allard - Inscrit 12 février 2013 10 h 14

      M. Lefevre, c'est évident qu'on ne l'a pas l'argent, quand le précédent Conservateur de Charest a tout fait pour couper dans les entrées d'argent de l'état.

      Ce gouvernement a contribué directement à l'apauvrissement du gouvernement du Québec (réduction de taxes, vente à prix ridicule des réserves gazières de l'Ile d'Anticosti, achats d'électricité à leurs tinamis des centrales privées à un prix exhorbitant...), et il vient ensuite couper dans les programmes et élever le coût dans les universités.

      C'est de l'idéologie, et la majorité n'y voit que du feu. Non, on n'avait pas d'argent au temps de Parizeau, et M. Charest s'est assuré qu'on ne l'aille pas plus aujourd'hui. Mais si on fait une bonne réflexion sur le sujet et qu'on prend les moyens, je suis certain qu'on va l'avoir.

    • Solange Bolduc - Abonnée 12 février 2013 10 h 47

      Je ne peux vous donner tort, M. Théberge, à bien y penser !

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 février 2013 06 h 43

      M.Allard, «réflexion» ces temps-ci est un mot qui doit se faire en 144 caractère ou moins, assez difficile ! Et trop souvent remplacé pas «réaction». C'est à se demander des fois si le monde est encore capable de «réfléchir» sur plus longtemps que le derniers clip de 30 sec. et comme je l'ai déjà écrit «additionner des évennements» au lieu que des chiffres.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 14 février 2013 16 h 15

      M. Théberge, la raison est très simple: tout ce qu'il voulait c'est être le premier ministre (ou le président) d'un pays et non pas d'une province. Cela explique aussi qu'il se soit débiné le soir même d'une quasi victoire en en faisant une terible défaite à mettre sur le dos des autres, scrappant le discours prévu rédigé par Jean-François Lisée.

      C'est toujours plus facile de mettre nos défaites annoncées (l'entourage de M. Parizeau trouvait que c'était trop tôt dans son mandat pour un référendum, mais il n'en a fait qu'à sa tête). Et puis il a dû subir l'ombrage fait par le résiliant Lucien Bouchard. Est-ce cet ombrage qui a fait qu'économiste, comme Aussant, il n'a jamais tenu de véritable discours économique face à celui des fédéralistes, le laissant à nos adveraires, et y allant à la pièce. Quand j'ai entendu Aussant sur Youtube je suis tomée en bas de ma chaise et j'ai repris espoir.

      L'attitude ce Parizeau alors, j'appellerais ça un problème d'égo qui est un problème majeur de la plus part denos chefs, de partis ou de mouvement. Peut-être qu'être colonisé n'est pas ce que l'on pense... Et ça nuit à la cause.

  • François Beaulne - Abonné 12 février 2013 03 h 13

    C'est l'expérience qui parle

    Monsieur Parizeau a raision. Avant de faire un débat budgétaire sur l'éducation il faut déterminer ce que l'on veut et où on veut aller. C'est la dessus que devrait porter, dans un premier temps, un sommet sur l'éducation. Il se peut que, dans un second temps, on en vienne à la conclusion que, pour des raisons cisconstancielles liées à la conjoncture économique et à la situation des finances publiques du Québec certaines options doivent être écartées. Mais tout simplement les rejeter à l'avance, sans débat, est une politique de l'autruche et un déni de l'histoire contemporaine du Québec depuis la Révolution Tranquille.
    Il se peut, également, que dans cette démarche il apparaisse qu'un Québec souverain disposerait de plus de ressources pour se donner les moyens de ses aspirations, entre autre en matière d'accès universel et non discriminatoire à l'éducation primaire, secondaire, colégiale et universitaire. Ça aussi ça fait partie de la pédagogie de la souveraineté.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 février 2013 06 h 54

      «Il se peut, également, que dans cette démarche il apparaisse qu'un Québec souverain disposerait de plus de ressources pour se donner les moyens de ses aspirations, entre autre en matière d'accès universel et non discriminatoire à l'éducation primaire, secondaire, colégiale et universitaire. Ça aussi ça fait partie de la pédagogie de la souveraineté.»

      Ça s'est pas bête ! Prendre tout ton salaire pour faire ton budjet au lieu d'en envoyer la moitié à une gang qui veut pas s'occuper de toi de toute façon. Ça se tiens !

    • Denis Therrien - Inscrit 13 février 2013 11 h 51

      @pierre lefebvre

      Excellente façon de voir les choses et réel argument en faveur de la souveraineté.

      Tu te gères toi-même, non pas pour des savants calculs mais parce que tu connais ce qui est bon pour toi. Aussi simple que ça. Tu t'associes avec quelqu'un pour tiens manger des pommes, mais avec lui ce sera des pommes vertes que toi tu détestes quand bien même tu en aurais beaucoup c'est encore pire à moins d'avoir du monde à qui les donner, toi ce sont des Empire et des Lobo, les tiennes, et même que tu pourrais avoir moins de pommes dans ton panier, ce seront celles qui te plaisent à toi.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 février 2013 08 h 34

      Question de pommes, depuis quand garder toutes ses pommes donne comme résultat «avoir moins de pommes» ? J'ai de la misère avec cette logique.

      Faisons le test : J'ai 10 pommes, j'en donne 5, on m'en retourne 2; il reste ... 7. En mathématique dûre, ça donne moins 3. À moins de les vendre, là on parle d'autre chose.