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    L’ASSE et la FEUQ rejettent l’appel de Khadir

    Pierre Duchesne réitère que la gratuité n’est pas envisageable à court terme

    7 février 2013 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    L'appel à l'unité lancé par le député Amir Khadir (notre photo) à l'ASSE et la FEUQ n'a pas eu les résultats escomptés, alors que les deux associations étudiantes ont des relations tendues. 
    Photo: Annik MH De Carufel - Archives Le Devoir L'appel à l'unité lancé par le député Amir Khadir (notre photo) à l'ASSE et la FEUQ n'a pas eu les résultats escomptés, alors que les deux associations étudiantes ont des relations tendues. 
    Duchesne évite la confrontation

    Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, ne s’est pas laissé ébranler par les attaques virulentes de la rectrice de l’Université McGill, rapportées dans Le Devoir de mercredi. Heather Munroe-Blum avait qualifié le sommet sur l’éducation de « farce ». « J’espère que la blague est drôle. Je ne commenterai pas beaucoup là-dessus, car il faudrait demander à tous ces gens qui ont participé à l’exercice depuis le début ce qu’ils en pensent. Les gens ont participé activement, et tous les partenaires étaient là. Le dialogue est installé et il avance », a dit le ministre Duchesne. « J’ai décidé qu’on n’allait pas être dans la confrontation et dans l’affrontement. On sait où ça nous a menés l’année dernière. Laissons aux gens l’espace nécessaire et on va voir. »
    Inquiet de voir le mouvement étudiant divisé, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a appelé l’ASSE et la FEUQ à s’unir pour mener le combat de la gratuité scolaire. Peine perdue devant ce cri du coeur : ni l’un ni l’autre des regroupements étudiants n’entend fléchir sa position pour faire front commun, ont-ils confirmé au Devoir.

    Dans un courriel envoyé à la Fédération étudiante universitaire du Québec et aux membres de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante, M. Khadir les a incités à s’allier pour contrer le « discours aiguisé » des adversaires du mouvement, en l’occurrence le patronat. « Le gouvernement semble s’accommoder admirablement bien de la situation où il est seul à vraiment occuper l’espace de la parole avec ses alliés patronaux. Nous n’avons rien de génial à vous proposer. […] Mais je le dis en toute franchise : il y a beaucoup de déception chez tous ces gens qui vous aiment et qui vous ont accompagnés, de voir le mouvement si divisé », a écrit M. Khadir. « Il faut que quelqu’un qui vous aime vous le dise. Nous serons à vos côtés pour les combats que vous devrez mener. Mais j’aimerais vous le rappeler en guise de supplication : ce combat, nous ne le remporterons pas en rangs dispersés et dans la désunion. »


    Devant cet appel, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, est pourtant claire : pas question de boycotter le Sommet ni de s’arrimer aux positions de l’ASSE. « La FEUQ ne changera pas sa vision pour être dans un front commun qui ne marchera pas », a-t-elle affirmé. La gratuité scolaire n’a jamais été une position de la FEUQ et ne l’est toujours pas, a rappelé Mme Desjardins. « On a une position de gel. Point. » Légèrement différente, la Fédération étudiante collégiale a quant à elle une position de gel « dans une perspective » de gratuité.


    L’ASSE ne semble pas non plus s’émouvoir de cet appel à la solidarité et rejette toute alliance avec la FEUQ sur la question des droits de scolarité. « Pour ce qui est de nos relations avec les autres associations nationales, inutile de dire que nos chemins divergent », a indiqué le porte-parole, Jérémie Bédard-Wien. « Quant à l’appel à l’unité de M. Khadir, il faut faire attention à ce qu’un appel à l’unité ne devienne pas un appel au nivellement par le bas », a-t-il ajouté.


    Amir Khadir se défend de vouloir dicter la stratégie à adopter. « Est-ce que Québec solidaire lance un message à l’ASSE pour qu’elle ne fasse pas le boycottage ? Non. C’est peut-être même à la FEUQ de sortir [du Sommet] », a-t-il précisé au Devoir. « Mais il me semble que d’agir en rangs dispersés, ça n’aide pas, alors que les adversaires, eux, agissent de manière assez unitaire. »


    L’effort de M. Khadir semble toutefois être un coup d’épée dans l’eau. Loin de vouloir se rapprocher, les tensions entre les deux regroupements étudiants semblent être, au contraire, plus exacerbées que jamais. « Inutile de vous dire que l’ASSE et les associations nationales ont une histoire qui n’est pas un long fleuve tranquille. Il est logique qu’à ce point-ci, nos chemins se séparent », a dit M. Bédard-Wien, rappelant que les alliances avec d’autres se font sur la base de mandats obtenus en congrès.


    « On n’a jamais arrimé nos positions sur celles de l’ASSE», se défend pour sa part Mme Desjardins. Elle déplore d’ailleurs le choix de « la chaise vide » que fait pour l’instant l’ASSE. « Les débats sont nécessaires, on doit les avoir », a-t-elle dit, reconnaissant que l’exercice du sommet n’est pas parfait.


    Ultimatum de l’ASSE


    Mercredi, l’ASSE a de nouveau lancé un ultimatum au ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, le sommant de véritablement remettre sur la table le scénario de la gratuité scolaire, sans quoi elle allait le boycotter. « M. Duchesne avait dit que tout serait sur la table, mais il revient sur ses engagements », a dit M. Bédard-Wien. « Nous souhaitons qu’il clarifie ses propos et qu’il dise clairement si le Sommet sera un exercice où on entendra la position de l’ASSE ou si elle sera ignorée. On veut savoir si la gratuité sera un scénario considéré. »


    L’ASSE réagissait aux propos du ministre qui, plus tôt mercredi, a réitéré que la gratuité n’était pas possible à court terme. « Si des gens voient la gratuité comme un idéal qu’on peut faire à moyen long terme, ils peuvent nous exprimer tout ça, mais convenez que dans les prochaines semaines, il faut aborder des chantiers où on sait qu’on est capables d’avoir une discussion », a déclaré le ministre.


    Le porte-parole libéral en matière d’enseignement supérieur, Gerry Sklavounos, observe que ça augure bien mal pour le Sommet. « Lorsque nous avons les recteurs d’un côté et l’ASSE de l’autre, qui semblent dire que les dés sont déjà pipés, moi, je vous dis que ça part vraiment mal pour le ministre », a-t-il noté. Devant les déclarations de l’ASSE « qui sont sur le pied de guerre », il demande par ailleurs au ministre s’il a toujours l’intention de « syndicaliser » le mouvement des étudiants, c’est-à-dire de leur conférer un droit de grève.


    Déjà, une grande manifestation est prévue le 26 février et quatre associations de l’ASSE, qui compte au total 70 000 membres, ont obtenu des mandats de grève. D’autres associations se prononceront au cours des prochains jours.


    ***
     

    Avec Jessica Nadeau et Robert Dutrisac

     
     
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