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    Sommet sur l’enseignement supérieur - «C’est une farce», dit la rectrice de McGill

    6 février 2013 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
    La rectrice sortante de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum, déplore notamment le « faux débat » public sur le sous-financement, rappelant que personne, ni la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), pas même le gouvernement, n’avait remis en question.
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir La rectrice sortante de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum, déplore notamment le « faux débat » public sur le sous-financement, rappelant que personne, ni la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), pas même le gouvernement, n’avait remis en question.
    La rectrice sortante de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum, ne croit pas au Sommet sur l’enseignement supérieur, qu’elle qualifie de vraie « farce ». « Les débats des rencontres pré-sommet ne sont pas ouverts. Ils sont chorégraphiés à la minute près », a-t-elle déclaré, dans un entretien au Devoir.

    Dans ce qu’elle qualifie de « théâtre », il manquait selon elle plusieurs acteurs de la société, dont les gens d’affaires. « Il y a une personne du Conseil du patronat, mais elle n’a pas de voix formelle. Et les recteurs sont dans la salle et écoutent quelqu’un qui nous dit comment gérer nos universités. C’est une farce », a-t-elle laissé tomber. « À Sherbrooke, on a eu un universitaire sénégalais qui a comparé notre système d’enseignement avec le système sénégalais d’il y a vingt ans. Que penser de ça ? »


    Sur un ton pourtant affable, Mme Munroe-Blum n’hésitera pas, tout au long de l’entrevue, à s’attaquer à certains tabous qui étaient au coeur de la grève étudiante du printemps dernier. Sur l’épineux sujet des droits de scolarité, contrairement à certains libéraux, elle ne croit pas que la hausse proposée par le gouvernement Charest était exagérée. « À mon avis, ce n’était pas assez fort », a-t-elle indiqué.


    Son scénario idéal comprendrait des droits de scolarité différenciés selon les programmes et les disciplines, accompagné d’un bon programme d’aide financière, incluant des bourses pour les étudiants de première génération (1 sur 4 à McGill). Les étudiants étrangers doivent aussi payer des droits de scolarité plus élevés, même si elle refuse de les voir comme des « vaches à lait ».


    Elle plaide aussi pour que ces sommes supplémentaires demeurent aux universités, au lieu d’aller dans les coffres de Québec pour être redistribuées. Pour elle, c’est aussi « le moment » de revoir la grille de financement des universités, mais pas n’importe comment.


    Mme Munroe-Blum déplore le « faux débat » public sur le sous-financement, rappelant que personne, ni la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), pas même le gouvernement, n’avait remis en question. « Les vraies questions sont : quelle est la qualité de nos universités en matière de recherche et d’enseignement ? Quelles sont les chances de réussite d’un jeune d’une famille à faible revenu ? Est-ce possible, en 2013, d’avoir des professeurs de haut calibre dans des domaines importants de la société ? […] Nous avons beaucoup de problèmes », souligne-t-elle en faisant notamment allusion au piètre état des infrastructures.


    La principale de McGill reconnaît que les universités sont responsables en partie de ne pas avoir su faire comprendre l’ampleur du problème. Mais elle rejette le reste du blâme sur les médias, « qui n’ont pas d’intérêts là-dedans ». « Si vous voyiez tout l’argent investi dans le soi-disant mouvement étudiant, c’est beaucoup. Et les médias sont comme des aimants [qui collent] aux étudiants ou leaders syndicaux qui veulent donner leur avis. »

     

    McGill « very Quebec »


    Toutefois, elle refuse que l’on considère McGill comme une université à part des autres universités québécoises. « We are very Quebec », a-t-elle lancé, dans cet entretien mi-français, mi-anglais. « Nous ne voulons pas avoir les frais américains. C’est le seul pays au monde qui a des frais de 50 000 $ et plus et ça ne fonctionne pas ici », a-t-elle assuré.


    Les étudiants doivent apporter leur contribution. « Tous les acteurs investissent à un niveau élevé, le gouvernement, le secteur privé et les universités elles-mêmes, mais les étudiants, non », a dit Mme Munroe-Blum, qui est née à Montréal, mais a grandi en Ontario. « La voix de la rue n’est pas la voix des étudiants. »


    Aimerait-elle avoir un financement différencié des universités, qu’on pourrait classer dans deux clubs ? « Absolument », souligne-t-elle, en reconnaissant que son université et les autres universités qui ont une mission de recherche semblable, comme l’Université de Montréal, devraient recevoir plus d’argent. Elle fait toutefois remarquer que c’est elle qui a invité à la table de la CREPUQ les universités du réseau UQ qui, sauf l’UQAM, n’y avaient pas de voix.


    Épidémiologiste de formation, Mme Munroe-Blum critique sévèrement les coupes en recherche et s’inquiète du retard qu’accuse le Québec en la matière, lui qui était pourtant un pionnier, avec l’Alberta, en créant ses trois conseils de recherche. Elle craint que le Québec ne perde ses expertises, notamment en aérospatiale et en pharmacie, qu’il avait réussi à arracher aux autres provinces il y a plusieurs années.


    En poste depuis 2003, la rectrice quittera ses fonctions cet été. Une personne francophone pourrait lui succéder.

     
     
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