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    Financement des universités - Les entreprises rejettent l’idée d’une taxe

    5 février 2013 |Marie-Andrée Chouinard | Éducation
    Huit recteurs - et une principale ! - d’universités montréalaises étaient présents lundi, au forum Montréal, métropole universitaire : dans l’ordre habituel, Alan Shepard (Concordia), Michel Patry (HEC Montréal), Christophe Guy (Polytechnique), Heather Munroe-Blum (McGill), Robert Proulx (UQAM), Daniel Coderre (INRS), Guy Breton (UdeM), Yves Beauchamp (ETS) et Nelson Michaud (ENAP).
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Huit recteurs - et une principale ! - d’universités montréalaises étaient présents lundi, au forum Montréal, métropole universitaire : dans l’ordre habituel, Alan Shepard (Concordia), Michel Patry (HEC Montréal), Christophe Guy (Polytechnique), Heather Munroe-Blum (McGill), Robert Proulx (UQAM), Daniel Coderre (INRS), Guy Breton (UdeM), Yves Beauchamp (ETS) et Nelson Michaud (ENAP).
    La communauté d’affaires est bien disposée à se rapprocher des universités pour que Montréal redore son statut de métropole universitaire, mais son soutien ne passera pas par le prélèvement d’une taxe sur la masse salariale destinée à nourrir un Fonds de l’enseignement supérieur, à la manière ontarienne.

    Interrogés sur une contribution accrue du privé au soutien financier des universités, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et le Conseil du patronat du Québec ont opposé lundi une fin de non-recevoir à cette mesure fiscale, invoquant la taxation déjà importante imposée aux entreprises et la nécessité de demeurer compétitifs.


    « Il n’y a absolument aucune information qui dit que les entreprises ne paient pas assez de taxes », a répondu le président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc. « La question à ce moment-ci n’est pas est-ce que les entreprises financent adéquatement - elles peuvent financer davantage, probablement pas par un mécanisme de taxe, mais par une meilleure collaboration -, mais la question c’est, collectivement, est-ce que les principaux bénéficiaires participent suffisamment ? Ce n’était pas l’objet de la rencontre de [lundi] matin. »


    Son organisation avait convié au forum Montréal, métropole universitaire quelque 500 acteurs de tous horizons, y compris du milieu des affaires, pour discuter, sous le regard attentif de neuf dirigeants d’universités montréalaises, de l’apport important des universités à l’essor de Montréal, comme pôle d’attraction universitaire.


    Norma Kozhaya, directrice de la recherche et économiste en chef au Conseil du patronat du Québec (CPQ), y était. « Les entreprises sont déjà sollicitées ici plus qu’ailleurs encore », a-t-elle expliqué. « Oui, elles peuvent en faire plus, mais pas par le biais d’une taxe, car cela se ferait au détriment de leur compétitivité. »


    Le modèle ontarien, où par le truchement d’une taxe sur la masse salariale (moins de 2 %) on nourrit un fonds destiné à l’enseignement supérieur, ne sourit pas au milieu des affaires. Celui-ci cotise déjà de manière obligatoire au Fonds des services de santé, à raison d’un versement de 2 à 4 % de la masse salariale de l’entreprise, dépendant de son volume.


    « Il faut demeurer concurrentiel, et cela serait tout à fait impossible si on nous imposait une nouvelle taxe, note Mme Kozhaya. Nous savons que c’est un débat difficile, mais les seuls qui peuvent rehausser leur contribution sont les étudiants. »


    Lors de la rencontre thématique orchestrée par le gouvernement du Québec sur le financement des universités, à Sherbrooke, la TaCEQ (Table de concertation étudiante du Québec) avait proposé la création d’un Fonds des services de santé et d’éducation postsecondaire, mais l’idée n’avait soulevé aucun enthousiasme. Même le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, l’avait noté publiquement.


    La TaCEQ a calculé qu’en augmentant le prélèvement obligatoire de 0,1 à 0,46 % de point de taxation, le Fonds des services de santé pourrait être rehaussé de 215 à 630 millions de dollars. Cette mesure obligatoire, notait la table, présenterait l’avantage de générer des « revenus qui ne créent pas de distorsion entre les disciplines du savoir représentées à l’Université, contrairement à la philanthropie et aux partenariats ».


    L’affaire de tout le monde


    Lors du Forum, la chef de direction de Rio Tinto Alcan, Jacynthe Côté, a insisté sur le fait que le financement des universités est « l’affaire de tous ». « Le gouvernement ne peut pas y arriver tout seul. Les parents ne peuvent pas y arriver tout seuls. Il va falloir qu’on fasse tous un pas, et qu’on mette tous un dollar dans le plat. »


    Lors des échanges, il fut question de concertation, de manières de tisser des liens plus serrés entre communauté d’affaires et universités, de collaborations de recherche et de philanthropie.


    « Quand je pense que le maire Bloomberg [de New York] a donné un milliard à son université [John Hopkins], et qu’au Québec nous avons le plus bas taux de dons de diplômés, je me demande si l’on y croit vraiment ? Que doit-on faire pour sortir de cette crise-là et changer le climat de morosité autour de nos universités ? », a demandé un entrepreneur membre de l’auditoire.

     
     
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