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Réseau universitaire québécois - Pour que l’offre réponde à des besoins réels

Le réseau compte près de 22 000 professeurs et quelque 275 000 étudiants inscrits

2 février 2013 | Pierre Vallée | Éducation
Après un séjour sur le marché du travail, de nombreux diplomés retournent aux études pour faire des études supérieures.
Photo : La Presse canadienne (photo) Darryl Dyck Après un séjour sur le marché du travail, de nombreux diplomés retournent aux études pour faire des études supérieures.

Le réseau universitaire québécois sera sous les feux des projecteurs lors du prochain Sommet sur l’éducation supérieure qui se tiendra fin février. Mais avant d’aborder les thèmes qui y seront discutés, il serait peut-être utile de mieux connaître le réseau universitaire québécois. Survol du réseau en compagnie de Luce Samoisette, présidente de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).


Commençons par quelques chiffres. Ce sont environ 275 000 étudiants, inscrits à temps plein ou à temps partiel, qui fréquentent présentement le réseau universitaire québécois. Celui-ci est composé de 18 établissements d’enseignement supérieur, dont 3 de langue anglaise. Le réseau compte environ 9800 professeurs et 12 000 chargés de cours.

 

Effet de la grève étudiante


La grève étudiante du printemps dernier a évidemment bouleversé le fonctionnement habituel du réseau universitaire. « Mais l’effet n’a pas été le même partout, souligne Luce Samoisette. Certains établissements ont été touchés plus que d’autres. Il a fallu une certaine gymnastique afin d’aménager les sessions pour permettre aux étudiants en grève de reprendre et compléter la session ainsi que pour accueillir la nouvelle cohorte en provenance des collèges, elle aussi inégale selon les cégeps. En septembre prochain, nous aurons repris notre fonctionnement normal. »


La grève étudiante touchera-t-elle le nombre de nouvelles admissions en mars prochain ? « Il est trop tôt pour le dire avec certitude, car nous n’avons pas encore les chiffres en main. Mais je ne crois pas qu’il y aura une diminution des demandes d’admission. Tout au plus, il pourrait y avoir une légère baisse dans l’augmentation des effectifs étudiants. »

 

Augmentation des effectifs étudiants


Car les effectifs étudiants ont augmenté depuis une dizaine d’années, en grande partie grâce au retour en classe de diplômés universitaires sur le marché du travail qui s’inscrivent à des programmes de deuxième ou troisième cycle. « Depuis 2000, les effectifs étudiants ont augmenté de 30 % et toutes les universités ont profité de cette augmentation. Il est donc faux de prétendre que les universités se font une course à la clientèle. Une université n’augmente pas le nombre de ses étudiants en les volant aux autres universités, elle les augmente en répondant à cette nouvelle demande des diplômés universitaires déjà sur le marché du travail. »


Les universités ont du même coup bonifié leur offre de services. « On nous reproche d’avoir multiplié les programmes, mais les choses ont évolué. Il y a 20 ans, un bac en environnement était impensable, aujourd’hui, on commence à en mettre sur pied. Les programmes universitaires que l’on offre doivent répondre à des besoins réels, sinon, il n’y aurait pas d’inscriptions et le programme n’aurait pas de succès. »


Luce Samoisette estime que l’augmentation des effectifs étudiants sera d’environ 1,5 % par an pendant les prochaines années. « C’est une estimation prudente et qui tient compte de la baisse démographique. Ces nouveaux étudiants proviendront principalement de diplômés universitaires déjà sur le marché du travail, comme c’est le cas présentement. Mais si l’on veut augmenter ce pourcentage, il faudra faire davantage d’efforts pour accroître le pourcentage de cégépiens qui choisissent de poursuivre des études universitaires. »

 

Le cas des professeurs


L’augmentation des effectifs étudiants a forcément entraîné une augmentation du nombre de professeurs universitaires. Depuis dix ans, le réseau universitaire s’est enrichi de 1600 professeurs. « Mais l’augmentation du nombre de professeurs n’a pas suivi la même courbe que celle du nombre d’étudiants. En 2000, le ratio était d’un professeur pour 20 étudiants. En 2013, malgré un nombre supérieur de professeurs, le ratio est d’un professeur pour 22,4 étudiants. Si l’on voulait revenir au ratio de 2000, il faudrait embaucher 1000 nouveaux professeurs. »


Il ne semble pas y avoir de problème particulier en matière de relève du corps professoral. « Les professeurs s’occupent eux-mêmes de préparer leur relève parmi leurs étudiants. Ce qui a évolué, par contre, c’est que les universités aujourd’hui doivent être en mesure de recruter leurs professeurs un peu partout dans le monde. Et pour y arriver, les universités doivent être capables de leur offrir d’excellentes conditions de travail, et pas seulement sur le plan salarial. La qualité des laboratoires et des équipements de recherche ainsi que la présence de chaires de recherche font partie de ces conditions de travail. »

 

Vers le Sommet sur l’enseignement supérieur


Au-delà des thèmes précis qui seront abordés lors du Sommet sur l’enseignement supérieur, Luce Samoisette croit que ce dernier est une occasion unique pour se poser collectivement une question fondamentale sur l’enseignement supérieur. « Quel est notre objectif ? Que voulons-nous au juste ? Veut-on faire un constat à court terme, ou bien se donner une vision à plus long terme ? Veut-on se contenter d’un réseau plus petit dont le financement serait moindre ? Ça me paraît le mauvais enjeu. Je crois qu’il faut plutôt faire de l’éducation une priorité nationale, et si tel est le cas, alors le réseau universitaire a un rôle fondamental à jouer. »


Cela doit aussi dépasser les voeux pieux. « Il faut se donner un objectif clair et des cibles précises. Combien de diplômés universitaires voulons-nous avoir au Québec ? Quel est le pourcentage de diplomation universitaire des citoyens québécois que l’on estime nécessaire à notre épanouissement et à la création de la richesse ? Ce n’est qu’une fois cette cible établie que l’on pourra ensuite parler des moyens à mettre en place pour y arriver. Et ces moyens ne seront pas exclusivement à l’usage du réseau universitaire, car pour atteindre notre cible, il faudra aussi travailler dès le niveau primaire. »



Collaborateur

Après un séjour sur le marché du travail, de nombreux diplomés retournent aux études pour faire des études supérieures. La grève étudiante pourrait avoir affecté le nombre de nouvelles admissions en mars prochain.
 
 
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